La CEDEAO sera-t-elle le réceptacle de la déliquescence de l’UMA?

La CEDEAO sera-t-elle le réceptacle de la déliquescence de l’UMA?

Le médiateur dans le conflit entre le Maroc et les Sahraouis, Christopher Ross, a jeté l’éponge par impossibilité depuis huit années de concilier les deux positions. Les choses sont claires : plus le Maroc doit avaler des couleuvres pour son retour au sein des instances de décisions de l’UA, plus il en fera voir à la RASD sur le terrain.

La compromission du roi à Addis-Abeba en fin janvier reste en travers de la gorge. Ce conflit de plus de 30 ans a miné L’Union du Maghreb Arabe (UMA) au point que cette organisation n’existe plus que comme un lointain souvenir dont on veut oublier jusqu’à son nom. La Libye et l’Egypte aussi n’arrivent pas à conjuguer les mêmes verbes. Les pays de l’Afrique du nord donnent le plus mauvais exemple de l’Union Africaine, et c’est peu dire.

Les voilà, les pays de l’UMA et l’Egypte qui font la course en direction des pays de la CEDEAO, à défaut d’y être acceptés comme membres à part entière, ceux qui le veulent peuvent être traités comme des amis privilégiés, Marcel de Souza, qui connait bien les textes, a été tranchant et sans équivoque. Ainsi, le Maroc, l’Egypte et l’Algérie viennent de signer à la queue leu-leu des accords bilatéraux de coopération avec la Guinée. Si les prévisions se confirment, on s’attend à voir la Tunisie, prochainement.

La concurrence sera rude. On a vu la visite du roi Mohammed VI au Mali annulée apparemment sans motif, mais on a vu par la suite les grabuges au nord et au sud du Mali pour expliquer tant soit peu cette annulation. Voilà le roi qui a élu domicile à Abidjan depuis qu’il a quitté Conakry, pour plus de 10 jours. On s’attend à entendre un super accord-cadre entre les deux pays. Si tel est le cas, le Maroc a pris une grande longueur d’avance sur l’Algérie et la Tunisie. Mais si tel n’est pas le cas, on doit se demander quelle délégation était attendue à Abidjan, que sa présence pouvait empêcher l’arrivée…

Mais que signifie l’attraction soudaine de la CEDEAO sur les pays de l’UMA ?

Le cas du Sahara occidental a fait éclater l’UMA, il a empoisonné l’OUA, il a mis l’UA dans de mauvaises postures et maintenant, ce conflit risque de se transporter à la CEDEAO, si les dirigeants de cet ensemble économique n’y prennent garde. Alpha Condé, président en exercice de l’UA n’a encore rien vu, le meilleur reste à venir.

L’Afrique entière doit s’atteler à résoudre le conflit entre le Maroc et la RASD et par ricochet la mésentente entre le Maroc et l’Algérie. Entre ces deux pays, le différend était superficiel, au départ, il est allé en profondeur au fur et à mesure que chacun est resté sur sa position vis-à-vis du Sahara occidental, une simple question de principe qui s’est gangrénée avec le temps et qui a affecté sérieusement les économies.

A l’intention du Maroc, il faut qu’il se rende à l’évidence que la RASD est reconnue par la grande majorité des 54 pays de l’Union Africaine, la plupart lui est solidaire, le roi a dû se rendre compte à Addis-Abeba. Ces pays ont parrainé son entrée à l’ONU, dont le Secrétaire général Antonio Guterez prendra prochainement en main ce conflit avec de nouvelles approches, vu que Christopher Ross n’a pas pu débloquer la situation. Le retour en arrière est impossible, tous ces pays ne vont pas se renier. Le Maroc doit tirer sagement la conclusion. La fuite en avant et courir en rond, c’est du pareil au même, puisque l’on se retrouve inévitablement à la case départ. Ça a duré 33 ans, un nouveau cycle sera loin d’être une partie de plaisir. Qui pourrait persuader le Maroc de ce bien fondé pour éviter que la CEDEAO ne devienne un marché de lutte d’influences de l’UMA ?

Source: guineenews.org

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