La Côte d’Ivoire face à son destin : Et si les Ivoiriens s’organisaient à l’unisson pour mettre un terme à la dictature ?

La Côte d’Ivoire face à son destin : Et si les Ivoiriens s’organisaient à l’unisson pour mettre un terme à la dictature ?

Une telle problématique commande que des questions de fond soient examinées. Commençons à cet effet d’abord par la saisine de la justice par le président sortant du FPI. Ensuite, il faudra aborder d’autres sujets essentiels qui concernent le pays tout entier.

Du trouble crée par Affi N’guessan

Dans un pays de droit, en moins que l’affaire visée soit délictueuse vis-à-vis de la société, il ne revient pas à la justice de valider ou d’invalider la candidature de prétendants à la présidence d’un parti politique. Par contre, puisque le ministère de l’intérieur a aussi la tâche d’enregistrer l’existence d’organisations privées comme les associations et les partis politiques…, la justice peut se prononcer à ce niveau. Ainsi, bien que l’on ne soit pas surpris par la décision de la justice d’invalider la candidature de Laurent Gbagbo – en suivant la logique des tenants du pouvoir –, nous pouvons constater que le pouvoir d’Abidjan a encore raté là une autre occasion d’illustrer un aspect de la praxis démocratique, que la Communauté internationale a voulue vendre à la  Côte d’Ivoire à travers Alassane Dramane Ouattara.

Par ailleurs, depuis son illustration à Marcoussis, Affi N’guessan a choisi la félonie et il en ressort un fervent adepte. A ce propos, on peut dire que les autres cadres du parti qui travaillaient avec lui ont vraiment manqué de vigilance. Car depuis la nomination opérée d’un représentant à la CEI de façon unilatérale, plusieurs autres actes ont été posés par Affi N’guessan notamment l’achat de voix au moment du vote du Comité central par rapport au retrait du FPI de la CEI ; c’étaient autant d’éléments pour le sanctionner.

Le président sortant du FPI est-il plus rusé que les autres cadres du parti ?

Le constat patent est qu’Affi N’guessan a réussi à tromper ceux des cadres qui avaient la compétence de le mettre en difficulté. La méprise qui conduit au résultat désastreux que nous connaissons aujourd’hui, devient malheureusement une faute collective. « L’évidence ne se démontre pas » Dit-on ! Mais il n’est pas normal que ceux qui ont le pouvoir de décision dans la gestion de la candidature de Laurent Gbagbo, présentent une posture timorée et se laissent surprendre par des attitudes de provocations voire d’agressions permanentes. Après la décision rendue sur la candidature de Laurent Gbagbo, il y aura interjection en appel. Il faudra attendre une autre décision. Et pendant ce temps, alors que nous savons tous que Ouattara et ses affidés sont dans une logique d’orchestration, de diversion ou de manipulation pour gagner du temps, ces opposants attendent, sans mener des offensives sur d’autres plans.

Dans un article que j’ai publié le 27 novembre dernier, pour ne pas compter d’autres antérieurs, j’avais décrit le scénario qui se déroule aujourd’hui. « Affi va saisir la justice ; il restera président et continuera d’être l’interlocuteur du pouvoir ». Ahmed Bakayoko évoque avec lui le financement des partis politiques et d’autres questions. Or, la réponse que des interlocuteurs m’avaient opposée était qu’ils «  … ont pris des dispositions et qu’ils sont au contrôle … ». Affi a dirigé le FPI treize ans (13 ans) durant. Le bilan au moins partiel – qui saute aux yeux – est que le FPI, un parti qui a été au pouvoir, n’a pas de siège. Dans cette gestion approximative, Affi tient-il des secrets sur des gens pour qu’on soit si indulgent avec lui, au point de le suivre dans la tentative de suicide de tout un parti ? A côté de cela, on en est parfois à penser que les tenants de « la thèse Affi » peuvent comploter pour fragiliser la résistance.

Nombre d’indicateurs montrent qu’il faut promouvoir de nouveaux acteurs dans la classe dirigeante à défaut de renouveler sensiblement l’élite du FPI

Si la Côte d’Ivoire doit aller de l’avant et c’est l’objectif vers lequel il faut absolument tendre, il est urgent que tous ceux qui interviennent dans la gestion des affaires collectives tiennent compte de l’évolution du monde. Malheureusement, plusieurs entreprises échouent en Afrique parce que la base de leurs conduites ne s’appuie pas sur des critères objectifs. En fait, l’émotionnel, le sentimental et l’affectif polluent les espaces de direction des affaires parce qu’instinctivement, une place importante leur est accordée. Et dès lors que l’on veut évoquer ces questions – ou qu’on dénonce les pratiques douteuses –, on passe pour celui qu’il faut diaboliser en vue d’une neutralisation. Or, nous ne réussirons pas, tant que nous refusons de tirer des leçons de ce qui n’a pas bien marché dans les expériences antérieures. Une inclination au sectarisme et à la frilosité sévit encore. Il faut corriger ces attitudes parce qu’il faudra nécessairement une « division du travail » pour réussir la construction de la démocratie dans la complémentarité.

Il faut dire qu’ils sont nombreux les militants et sympathisants du FPI qui appellent à revisiter les pratiques. Ces appels avaient été temporairement suspendus en vue de se consacrer pour l’instant à la seule question de la candidature de Laurent Gbagbo. Mais il est fondamental de « mettre sur la table » la question de la gouvernance au sein du FPI. Les pratiquants de l’angélisme ou de la méthode Coué doivent se raviser en faisant le bilan de cette culture. Si les choses ne marchent pas comme on le souhaite, il faut aussi regarder du côté de leur gestion. Il importe de noter que parmi les membres fondateurs, il y en a qui ont encore la légitimité d’être à des postes importants et/ou « visibles ». Mais il y en a aussi qui fonctionnent comme des acteurs qui sont dépassés par les évènements. Ceux-là doivent accepter de mettre en avant ceux des plus jeunes qui sont dotés d’une capacité de réactivité, d’anticipation et d’études prospectives. Il faut en finir avec cette ambiance où dès lors qu’on parle de renouvellement, certains cadres se braquent et pensent qu’il s’agit d’insulte ou de condamnation. Une légitimité ne peut uniquement s’adosser au statut de « membres fondateurs ». Elle doit se mériter dans le paysage socio-politique de la Côte d’Ivoire actuelle. Nous sommes d’accord que Laurent Gbagbo a une grande vision pour la Côte d’Ivoire. Et hier au pouvoir, ils sont nombreux à qui il a donné une parcelle de ses compétences. Et l’on a dévoyé la lutte avec des dérives qui sont restées rémanentes pour ne pas dire figées comme des réflexes.

Les cadres du FPI sont-ils devenus masochistes au point de faire à chaque fois le lit pour un suicide collectif ?

Certains cadres du FPI ont poussé nombre d’Ivoiriens à rompre le contrat social obtenu avec ce parti en 2000. On peut constater que le mythe de « cadre de parti » ou de « membre fondateur » est devenu un totem qu’il ne faut pas critiquer. Faute de quoi, l’initiateur est mis  en difficulté. Pourtant, il faut prendre chez d’autres ce qui est convenable pour la collectivité. En France, Alain Juppé est membre fondateur de l’UMP. Et quand sa situation personnelle pouvait fragiliser son parti, il a accepté de partir. Des indicateurs sont aujourd’hui favorables à son retour au devant de la scène politique. Si Sarkozy revient encore en tentant d’enfreindre à cette règle, c’est l’histoire qui écrira ce qui adviendra pour son compte. Nous convenons que Laurent Gbagbo est celui qui peut « huiler » de nouveau la machine FPI, aujourd’hui grippée à cause d’attitudes incompétentes. Mais il faut que chacun fasse une introspection pour comprendre qu’il est temps de laisser d’autres camarades faire leur preuve dans l’intérêt du parti et partant, de la Côte d’Ivoire. Il faudra à tous points de vue se battre pour que Laurent Gbagbo reprenne ce parti. Mais tous les « potentiels Affi » qui voudront voir en cela une opportunité pour « se recycler », doivent comprendre qu’il convient de changer de façon de faire et ce, dans l’intérêt de l’ensemble. Il faut absolument injecter des compétences de la Diaspora dans la gestion de la chose FPI parce que nombre d’entre elles sont au moins celles qui vivent dans l’environnement des pratiques démocratiques. La société (ivoirienne) ne supporte plus les passe-droits, les mélanges des genres, les complaisances, des négligences,  des méprises, des approximations et les mystifications gratuites. Trop c’est trop ! Après la décision du tribunal de rejeter la candidature de Laurent Gbagbo, une voix forte – à défaut d’une conférence de presse qu’il fallait prévoir en amont –, par une déclaration, devrait instamment rassurer les militants et les sympathisants en plus de celle de l’avocat qui n’est pas une autorité politique.

Il y a une nécessité de se rassembler pour mettre fin à la dictature

Enfin, dans un pays où la corruption est devenue la règle ; où les tueries sont devenues banales à cause d’une philosophie des dozos qui ont désacralisé la vie humaine, l’opposition n’a plus le droit de se montrer aussi timorée que nous le constatons. L’expérience du pouvoir et l’obligation de corriger ce qui n’a pas été réussi doivent être des raisons de ne pas opérer avec des approximations. Pour les élections futures, Alassane Dramane Ouattara a annoncé 8 millions d’électeurs. A moins d’un an des élections, alors que les populations connaissent une paupérisation sans précédent ; pendant que les soutiens de Ouattara nous abreuvent de chiffres de croissance fallacieux pour dompter l’opinion si ce n’est l’intoxiquer aux fins de la conditionner ; devant la terreur que vivent les Ivoiriens et le niveau on ne plus insupportable qu’atteint la dictature de Ouattara, les cadres de l’opposition se plaisent à assister aux actes de diversion du PDCI sous la complicité du RDR de Ouattara.

En vérité, l’heure est venue pour que « Ouattara dégage ». Ce monsieur a montré à tous ses soutiens que gouverner un pays – et surtout celui-là –, est trop lourd pour lui. Ainsi, chaque jour qui passe, les Ivoiriens doivent se mettre graduellement en condition pour réclamer la dignité. Nous devons ainsi aider Alassane Dramane Ouattara à partir ! La réalité étant que ceux qui laissent faire ou encensent encore ce pouvoir liberticide, ont raté leur « pari » d’installer Ouattara au pouvoir pour la promotion de la démocratie. Que le peuple demande justice.

Dr Claude KOUDOU

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