La déception gagne de plus en plus de pro-Ouattara: Voici ce que l’un d’eux écrit à Ouattara «J’ai mal de voir que la région du Nord en soit encore à quémander des aides substantielles à un gouvernement qu’elle a contribué à installer, pour pouvoir amorcer son développement»

La déception gagne de plus en plus de pro-Ouattara: Voici ce que l’un d’eux écrit à Ouattara «J’ai mal de voir que la région du Nord en soit encore à quémander des aides substantielles à un gouvernement qu’elle a contribué à installer, pour pouvoir amorcer son développement»

Permettez moi Monsieur le Président, avant tout propos, de vous adresser mes sincères félicitations pour votre parcours oh combien brillant au sein des hautes institutions financières du monde où vous avez occupé d’importantes fonctions. Ma satisfaction est d’autant plus grande que vous avez non seulement réussi à vous imposer par votre acharnement au travail, mais aussi par vos qualités morales et votre sens très prononcé de l’amour du prochain et du pardon,

En effet Monsieur le Président votre attitude avenante et pleine d’humilité, et ce, en dépit des hautes fonctions que vous occupez a fini par me convaincre que vous avez fait vôtres, les enseignements spirituels et religieux qui caractérisent un grand homme. Je reste par ailleurs convaincu que toutes ces qualités ont certainement milité en votre faveur quand le choix de feu le président Félix Houphouët Boigny s’est porté sur vous pour être le tout premier Premier ministre de la Cote d’Ivoire. C’est ainsi Mr le Président que vous avez fait une entrée historique et fracassante dans le microcosme politique ivoirien qui a vu son couronnement avec votre accession à la magistrature suprême de notre pays.

Ces nombreux militants qui ont cru en vous et en la justesse de votre combat ont bravé toutes sortes de répressions sanguinaires et criminelles dans le seul but de vous témoigner leur soutien indéfectible. Et comme pour corroborer leur ultime conviction que vous êtes l’homme de la situation, vous n’avez pas déçu depuis votre accession au pouvoir, et mieux vous avez donné un autre visage à notre pays à travers les grands chantiers qui ont cours actuellement. Cependant, Mr le président c’est le coeur meurtri que je viens attirer votre attention sur un certain nombre de faits qui risquent de mettre à mal tous les efforts que vous avez entrepris pour sortir le pays non seulement de sa léthargie, mais aussi pour le tirer vers l’émergence. Je voudrais, Mr le président, par respect pour leur mémoire, vous éviter le décompte macabre de tous les militants(illustres et anonymes) qui sont tombés sur le chemin de la liberté et du changement et ce, depuis maintenant 20 ans.

En effet, Mr le président, force est de constater que depuis plus de 3 ans après votre accession à la magistrature suprême, la désillusion, l’amertume et la colère semblent avoir pris le pas sur l’espoir et l’optimisme des périodes de lutte à cause de la méchanceté, l’égoïsme, l’égocentrisme et l’ affligeante arrogance et suffisance de certains cadres du parti. Ces cadres semblent être frappés d’amnésie chronique au point d’oublier que c’est la conjugaison des nombreux sacrifices et soutiens sans faille de ces militants à votre cause qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. Où étaient-ils, ces nombreux cadres quand nous, militants désintéressés et convaincus battions le pavé au risque de nous faire trucider par la soldatesque de l’ex président ? Où étaient ces cadres, lorsque les bombes de l’ex président arrachaient à l’affection des siens ces braves militants d’Abobo, d’Anyama, de Koumassi, de Yopougon etc. dont le seul péché a été de vous soutenir dans votre combat? Où étaient ces cadres qui étalent aujourd’hui au grand jour leur impéritie dans la gestion de la chose publique, lorsque les escadrons de la mort enlevaient nuitamment de pauvres militants qu’ils faisaient passer de vie à trépas pour la simple raison qu’ils étaient supposés proches de vous ? Où étaient ces cadres arrogants et suffisants, lorsque depuis le golf hôtel, les mots d’ordre de la direction du parti étaient suivis et exécutés à merveille par ces militants aux mains nues qui n’avaient pour seule arme que leur conviction et leur soif du changement ? Où étaient ces cadres lorsque les militants se faisaient faucher par dizaine, voire par centaine (la marche du 24 Mars 2004 ; la marche sur la RTI pour installer le DG le16 Décembre 2010) par la garde prétorienne de l’ex président tandis que ces mêmes cadres se mettaient à l’abri ?

Je crois Mr le président, que les militants ont payé déjà un lourd tribut et qu’il serait moralement indécent de continuer à les torturer davantage car ce serait un truisme de dire que les militants souffrent. Il nous est pratiquement impossible de nous faire recevoir par certains cadres du parti pour leur faire part de nos préoccupations et si par extraordinaire nous réussissons à nous procurer leurs contacts par des moyens détournés, obtenir un rendez- vous avec ces nouveaux princes plus royalistes que le roi, relève d’un véritable parcours du combattant. Et paradoxe des paradoxes, ce sont les cadres supposés de l’ex régime qui nous accordent une oreille attentive lorsqu’au détour d’une conversation, notre situation lamentable qui frise parfois le ridicule leur était exposée. C’est dire Mr le président que j’ai mal, très mal. J’ai mal de voir ces nombreux militants et sympathisants qui ont vu tous leurs biens détruits et leur vie brisée, souffrir le martyre et rasant les murs comme des pestiférés pour obtenir leur pitance quotidienne. J’ai mal de voir la commune d’Abobo, commune symbole de la lutte pour la liberté, livrée à elle-même sans aucune reconnaissance officielle de l’état. J’ai mal de voir le tapis rouge déroulé aux pieds de ces exilés qui ont plongé le pays dans une affreuse guerre avec son corollaire de tués et de mutilés et qui bénéficient des largesses du pouvoir tandis que les victimes, royalement ignorées, continuent de mourir en silence dans le dénuement total. J’ai mal de voir tous ces cadres, spécialistes des débats de salon, amorphes et aphones face aux publications mensongères et aux critiques acerbes dont vous êtes l’objet de la part d’une certaine opposition.

J’ai mal de voir nos hôpitaux transformés en de véritables mouroirs par des médecins dont la morale et l’éthique sont aux antipodes des valeurs régissant la déontologie médicale. J’ai mal de voir que toutes vos actions et réalisations faites depuis votre prise de fonction ne sont pas véritablement perçues et appréciées à leur juste valeur par la majorité de la population à cause d’un déficit de communication outrageant. J’ai mal de voir que la région du Nord qui a été abandonnée dans leur programme de développement par tous les pouvoirs qui se sont succédé, en soit encore là à quémander des aides substantielles à un gouvernement qu’elle a contribué à installer, pour pouvoir amorcer son développement. J’ai mal de voir toutes ces veuves et tous ces orphelins, victimes expiatoires de cette crise, errer comme des âmes en peine à la recherche d’un hypothétique mieux- être. J’ai mal de voir tous ces journalistes qui se sont donné corps et âme pour l’avènement d’un véritable état de droit, ronger leur frein, pour l’amélioration de leur condition de vie et de travail.

J’ai mal de voir toutes ces braves femmes emprunter chaque jour le chemin du marché et en revenir pratiquement bredouilles à cause de la cherté des denrées alimentaires de première nécessité. J’ai mal de voir toute cette jeunesse du parti qui a passé plus de 10 ans à lutter contre les différents régimes sui se sont succédé, et qui a été écartée de manière expresse de tous les concours d’alors à cause de leur appartenance ethnique ou leur accointance supposée avec votre parti, se poser des questions sur leur avenir existentiel eu égard au problème épineux de l’emploi. J’ai mal de voir ces braves commerçantes chassées sans ménagement par les pouvoirs publics alors qu’elles ont tout simplement choisi de gagner honnêtement leur vie à travers ces petits commerces pour pouvoir nourrir leur progéniture orpheline. J’ai mal de voir l’affligeant mépris de certains cadres à l’endroit de ces courageux soldats FRCI qui ont affronté avec brio les redoutables mercenaires durant la crise post électorale et qui sont pour les uns réduits à la mendicité et pour les autres de malheureux pensionnaires des différents centres de détention du pays du fait de certains délits qui leur sont imputés à l’issue de procès très souvent bâclés . J’ai mal de voir la flamme militante de tous ces militants, véritables combattants de la liberté, s’éteindre au fil des jours, préoccupés qu’ils sont à améliorer leur quotidien que de se soucier du parti. Parti pour lequel ils ont tout donné sans rien recevoir en retour. Jai mal de voir ces cadres du parti faire preuve de malveillance à l’égard des militants au mépris de certaines règles de courtoisie et de bienséance. C’est le lieu pour moi de rappeler Mr le président à tous ces cadres que votre accession à la tête de l’Etat n’est pas leur seul apanage. ; c’est la conjugaison de plusieurs forces et intelligences qui a rendu la victoire possible.

Ces cadres gagneraient à faire preuve de beaucoup plus d’humilité et de sociabilité pour ne pas creuser davantage le fossé qui est en train de s’élargir entre eux et les militants. C’est pourquoi Votre Excellence, je souhaite que tous ces cadres viennent s’abreuver à votre source afin de mieux s’imprégner des valeurs qui ont fait de vous le grand homme que vous êtes aujourd’hui .Cependant Monsieur le président dans cette atmosphère de pollution morale généralisée, une lueur d’espoir subsiste au regard des travaux pharaoniques que vous avez réalisés pour l’émergence de notre pays malgré la situation délétère dans laquelle nous étions. Aussi certains de vos collaborateurs, même s’ils ne sont pas nombreux, font la fierté du pays à travers leur farouche volonté de redorer le blason de notre pays sur l’échiquier national et international. Je voudrais avec votre permission féliciter les ministres Hamed Bakayoko, Kandia Kamissoko Camara, Anne Désiré Ouloto, Bandama Maurice, la Grande Chancelière Henriette Diabaté et le Président de l’Assemblée Nationale SORO GUILLAUME qui malgré son jeune âge a su mener à bon port la barque ivoire jusqu’aux élections présidentielles de 2010 où il a fait preuve d’un doigté et d’un patriotisme exceptionnel pour la tenue et la réussite de ces élections..

Mr le président, la Côte d’ivoire sous votre régence semble avoir retrouvé son lustre d’antan, c’est pourquoi nous les militants, nous nous faisons fort de vous accompagner dans votre programme autant que faire se peut à travers nos modestes contributions. Je voudrais, Mr le Président, terminer ma lettre par cette réflexion du sage de Bandiagara Tierno Bokar qui disait que «tout le monde n’est pas bon pour n’importe quelle tache. Les rôles sont partagés par la Providence intelligente. Quand l’occasion de jouer un rôle de chef advient à un homme à l’âme vulgaire, il ne sait qu’instaurer une dictature mégalomane. Au lieu de faire régner la paix pour tous, ce sera le commencement de la terreur sombre. Les fripouilles deviendront financières et les canailles frapperont la monnaie. La morale tanguera dangereusement sur la mer en furie des passions déchainées».

Monsieur le Président, je vous prie de bien vouloir peser de tout votre poids auprès de nos cadres afin qu’ils soient plus sociables et qu’ils affichent plus de solidarité à l’égard des militants. Ainsi ils ne seront ni fripouilles ni canailles. Merci Mr le président d’accorder une attention particulière à mon courrier.

DAO SEKOU

Traducteur/interprète en anglais spécialiste en développement humain et en gestion de projet

Tel : 09 41 45 42

Email : check74momo2005@gmail.com

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