La député sénégalaise, Aida Mbodj, s’est dérobée pour ne pas croiser les pro – Gbagbo

La député sénégalaise, Aida Mbodj, s’est dérobée pour ne pas croiser les pro – Gbagbo

Un mois après l’initiation de sa pétition contre la “détention arbitraire” de Karim Wade, l’ancienne ministre libérale, Aida Mbodj, était attendue à Paris samedi pour présider un colloque international organisé par le Professeur Malick Ndiaye.

Alors qu’elle avait là une belle tribune pour internationaliser l’affaire Karim, la libérale a mystérieusement brillé par son absence. Et si elle avait peur de se retrouver nez à nez avec le clan de Laurent Gbagbo qui a encore à travers la gorge les manoeuvres destabilisatrices d’un certain Abdoulaye Wade contre l’ancien président ivoirien?

Sous les auspices du Professeur Malick Ndiaye, ancien conseiller du président sénégalais Macky Sall dont il est devenu l’un des plus grands pourfendeurs, un colloque international sur “L’impunité impériale en Afrique et la crise universelle des Droits de l’Homme” s’est déroulé samedi dans les locaux de la maison d’édition L’Harmattan, à Paris. Si plusieurs intellectuels et hommes politiques africains du continent et de la diaspora ont honoré leur engagement en contribuant largement aux réflexions, ce n’est pas le cas de celle qui était annoncée dans le programme comme présidente de séance: Aida Mbodj.

Un impair qui pose des questions d’autant que l’ancienne ministre libérale avait là une belle occasion pour capitaliser des signatures sur la pétition contre les détentions “arbitraires”, celle de Karim Wade surtout, qu’elle a initiée à Dakar il y a un mois. Pourquoi n’ est-elle pas venue, sans même donner des explications claires aux organisateurs? Elle et le Pds auraient ils réalisé au dernier moment qu’ils allaient se déplacer sur un terrain glissant? Pour cette dernière question en tout cas, tout porte à le croire. Car en plus de Madame Mbodj, un autre membre du comité directeur du Pds, Lamine Ba en l’occurrence, était attendu parmi les débatteurs. Lui non plus n’a pas effectué le déplacement parisien. “Moi j’attendais de recevoir mon visa qui finalement n’a pu se faire”, justifie laconiquement ce dernier. Quid de Madame Mbodj alors?

Face à cette question, le Professeur Malick Ndiaye semble gêné. S’il n’a pas voulu entrer dans les détails, il a tout de même glissé que la grande absente invoque “un certain nombre de raisons”. Comble du mystère, Mbodj et Ba n’ont plus recontacté M . Ndiaye, comme ils l’auraient promis, aux fins de lui communiquer les noms de responsables du Pds – France “capables de venir débattre sur le thème proposé”. Et d’ailleurs il n’y avait aucun militant du Pds dans la salle. Est-ce parce que le Professeur Ndiaye, comme il l’a souvent répété samedi, ne voulait pas d’un “colloque tam-tam”?

En tout cas, le responsable du Pds France, Meissa Touré, dit qu’il n’était même pas au courant d’un colloque où devait participer Aida Mbodj. Et si la principale raison de la défaillance soudaine des conférenciers libéraux se trouvait dans la composition même des panels? C’est l’hypothèse la plus plausible! Il faut dire que si le thème choisi est transversal, sans aucun particularisme, les deux panels, mais aussi l’assistance dans la salle, ainsi que les débats, font de première vue penser à une assemblée de pros-Gbagbo animée par l’association des Amis de l’ancien président ivoirien. Ces derniers avaient d’ailleurs bien relayé l’information dans leurs réseaux en annonçant notamment que plusieurs membres de leur association seraient “présents à différents titres”.

Certes il y avait un député tchadien opposant à Idrissa Déby, un responsable politique congolais. Mais les panélistes étaient essentiellement des activistes, intellectuels et journalistes connus pour leur proximité avec Laurent Gbagbo. Alors Aida Mbodj et Lamine Ba auraient-ils eu peur de se retrouver seuls au milieu de la galaxie de Gbagbo. La question a tout son sens. D’autant que ces derniers n’ont jamais pardonné à Abdoulaye Wade qu’ils accusent d’avoir été, au début des années 2000, le “bras armé de la France de Chirac”, pour “déstabiliser” Laurent Gbagbo et son régime.

Quand bien même que les deux parties se battent aujourd’hui ce qu’ils appellent une “injustice”, l’emprisonnement de l’ancien président ivoirien à La Haye pour les uns, celui du fils de Wade à Dakar pour les autres, ils n’en demeure pas moins qu’il serait hypothétique de voir ces deux clans réunis autour d’une même table pour dénoncer ensemble une même “injustice”. D’où peut-être la raison officieuse de l’absence d’Aida Mbodj et de Lamine Ba à qui les amis de Laurent Gbagbo n’auraient sans doute pas manqué de saisir cette opportunité unique de renvoyer leurs “amis” sénégalais à leurs propres contradictions.

D’ailleurs, dans le clan Gbagbo, les dents avaient déjà commencé à grincer, dès la révélation du nom d’Aida Mbodj comme présidente de séance pour le motif qu’elle ne serait pas la personne “la mieux indiquée” pour présider un tel débat.

Thierno Diallo

Source: afriqueconnection

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