La deuxième mi-temps du renversement de Compaoré se joue actuellement en Côte d’Ivoire

La deuxième mi-temps du renversement de Compaoré se joue actuellement en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire s’est reveillée le mardi dernier avec la désagréable surprise de devoir faire face à une mutinerie qui pourtant avait été annoncée par Mamadou Traoré, un proche de Soro Guillaume. Cela se passe évidemment quelques jour seulement après la chute de Blaise Compaoré, le parrain de Soro et de ses hommes qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire depuis décembre 1999.

Selon les médias ivoiriens, les mutins ont érigé des barricades sur les principales voies d’accès interdisant les entrées et les sorties dans la ville de Bouaké. Les grands magasins de Bouaké, fief de la rébellion ivoirienne, sont restés fermés. L’antenne régionale de la RTI de la ville aurait été momentanément prise par les mutins. Des poudrières auraient été pillées et vidées d’armes de qualité. La mutinérie très coordonnée ne s’est pas circonscrite à la seule ville de Bouaké. La grogne des mutins a gagné d’autres villes du pays, notamment Korhogo (Nord), Daloa (Centre-Ouest). Abidjan, la capitale économique du pays, ne fut guère épargnée par les contestations des mutins. Au camp commando d’Abobo et au Groupement des sapeurs pompiers militaires, les contestataires ont également manifesté leur colère.

S’il est vrai que le pouvoir a vraisemblablement pu mettre fin à cette première vague de contestations bruyantes et armées, il est important de conclure avec honnêteté que la Côte d’Ivoire ne fera malheureusement pas l’économie d’une nouvelle guerre meurtrière dans les mois à venir.

Le disant, nous ne tombons pas dans du fanatisme prophétique. Nous constatons des faits dont nous avons fait écho dans ces même colonnes il ya belle lurettes. Nous ne souscrivons pas à l’analyse de ceux qui verraient dans cette mutinerie, un complot de la communauté international pour renverser Ouattara. Cette communauté dite internationnale fut, à ce que nous entendons, elle même surprise par la réaction pour le moins très coordonnée des hommes de Soro.

En réalité, ce qui vient de se passer n’est autre chose que l’un des points culminants de la guerre de succession que se livrent Hamed Bakayoko et Soro Guillaume. Suivez notre analyse.

L’équation Laurent Gbagbo

La communauté dite internationale pilotée par des hommes encagoulés et organisés dans des sectes maçonniques ont décidé de ne pas lâcher le président Laurent Gbagbo, advienne que pourra. Les cris et gesticulations de ses supporters ne leur disent rien du tout. Mais dérangent quelque peu. Ainsi, pour jouer le coup de l’équilibrisme, ils dénoncent la “justice des vainqueurs” pratiquée par le pouvoir Ouattara, mais en même temps, ils applaudissent lorsque Ouattara déporte Charles Blé Goudé à la CPI. Toutefois pour donner du répit au pouvoir Ouattara, ils ont mis au point un plan qui consiste à faire arrêter puis transférer un “proche” de Ouattara.

Ce n’est d’ailleurs plus un secret pour personne en Côte d’Ivoire que la communauté dite internantionale a multiplié depuis plusieurs mois maintenant ses attaquaques médiatiques contre le camp de Guillaume Soro et mis en difficulté son plus grand ami, Issiaka ouattara alias Wattao. Plusieurs rapports de l’ONU accusent régulièrement Wattao d’être à la base de traffic divers dans le pays. Question de donner des arguments à Ouattara de se séparer et “désarmer” l’homme le plus puissant de la galaxie Soro Guillaume. Admettons que cette cabale a été bouclé avec un relatif succes. Wattao a en effet été déchargé de fonctions essentielles dans l’administration Ouattara.

Toutefois, les adversaires de Soro Guillaume savent que Soro reste toujours dangéreux tant qu’il bénéficie du soutien de Blaise Compaoré. Wattao ou Soro acculés pourraient aisément aller se réfugier chez Blaise qui leur accordera volontier asile. Ce qui rendrait très compliqué la finition du boulot. Nous detenons plusieurs éléments qui nous prouvent que cette donne a été étudiée pendant plusieurs mois maintenant. Selon certaines sources, la décision finale a été prise d’évincer Blaise Compaoré du pouvoir depuis longtemps. Il fallait menager son depart sans trop le heurter à cause des services qu’il a déjà rendu. Tout cela, Ouattara le savait et Compaoré aussi. C’est d’ailleurs ce qui a expliqué les différentes convulsions observées au Burkina Faso dépuis 2011. L’entêtement de Blaise à s’opposer à ce plan s’explique par le fait qu’il s’estime trahi après tout ce qu’il a fait pour aider à faire changer les choses en Côte d’Ivoire.

Sur le terrain en Côte d’Ivoire, les choses avancaient lentement mais surement. Ouattara a d’abord mis sous le boisseau Bédié et son PDCI. Les secteurs juteux de l’économie ont été vendus à travers des marché de gré-à-gré aux amis. Cependant une nouvelle donne se présente aux soutiens extérieurs de Ouattara. En effet, quoiqu’on veuille le cacher, Ouattara est très malade. Sa sciatique le gêne énormément. Et malgré les investissement en équipements couteux pour le transporter et lui permettre de se relaxer dans son avion présidentiel, sa santé inquiète.

Les soutiens qui le savent depuis longtemps, et avant même son arrivée au pouvoir d’Etat, ont trouvé son remplaçant. Pas en la personne de son dauphin constituionnel, Soro Guillaume, mais en Hamed Bakayoko. La bataille a été rude, mais les choses ont commencé à rentrer dans l’ordre. Fort de ce appui définitif, Hamed Bakayoko a commencé à manoeuvrer tout azimut. Il a fait nommer ces proches à des postes clefs dans l’administration et dans la police. Après le RDR, qu’il a presque conquis, il est entrain de conquérir le FPI grâce à ses amis maçonniques membres des instances dirigeantes de ce parti. Il se dit d’ailleurs que, sûr d’avoir déblayé le terrain, Hamed Bakayoko envisage de se faire nommer Premier Ministre. Pour se faire il aurait commandité les articles sales contre Kablan Duncan, l’actuel Premier Ministre de Ouattara. Le même coup a été fait à Adama Toungara, un ami de Compaoré et donc par ricoché celui de Soro Guillaume. Ces derniers ont tant bien que mal essayé de porter un coup semblable à Hamed Bakayoko en suscitant l’article l’accusant d’être mêlé à une opération de pot-de-vin.

La mutinérie du mardi 18 novembre 2014 a remis les pendules à l’heure.

Pour tout dire, depuis la fin du régime Compaoré, tout concourt à croire que quelque chose se prépare pour le compte de Hamed Bakayoko. Comme s’il était déjà en campagne, Hamed Bakayoko a fait créer une webtv en son honneur. Vous trouverez également une nouvelle page facebook à son honneur ainsi que des facebook de son fan club.

S’agirait-il d’un match de football que nous oserions dire que Hamed Bakayoko avait marqué suffisamment de buts qui le mettait à l’abris de toute surprise. Il voguait sûrement vers une franche victoire acquise de haute lutte avec des tactiques de vrai maçon.

C’était mal connaître la maestria et le cynisme de son adversaire. Il a usé de grands moyens pour revenir au score et pour faire durer le suspens quelques temps encore. A voir la “fin” du conflit, il faut reconnaître que rien n’a été possible sans que les hommes de Soro (dont Vétcho) n’aient contribué à mettre balle à terre. Le faisant, le camp Soro a lancé deux messages importants à ses adversaires.

A Ouattara et à la communauté dite international, Soro a fait savoir que s’il devait être sujet à des poursuites judiciaires, ils devaient tous savoir que Ouattara était le véritable père de la rébellion de 2002 pour laquelle il devait être poursuivi. C’est lui qui a demandé à certains soldats de l’armée régulière de déserter les rangs pour se joindre à la rébellion afin de semer le chienlit en Côte d’Ivoire. Voilà donc la véritable raison du soulèvement des mutins le mardi 18 novembre 2014, c’est à dire 3 ans après l’arrivée au pouvoir de Ouattara au pouvoir.

A Hamed Bakayoko et à sa frange maçonnique, Soro Guillaume lance un message on ne peut plus clair. Trop c’est trop! Il s’est battu avec ses hommes pour donner le pouvoir à Ouattara en attendant son tour. Il n’est pas question qu’on le lui arrache. De toutes les façons il a les moyens de démontrer qu’il maîtrise mieux que quiconque le terrain sécuritaire dans le pays.

On le voit bien. Les deux camps sont loin de conciler les positions. Ils sont allés un peu trop loin pour revenir en arrière. Pour les départager, c’est malheureusement la position de leurs soutiens maçonniques respectifs, il faut utiliser la force.

La guerre est donc inévitable en Côte d’Ivoire. Il faut prier Dieu pour que les dégats soient moins lourds qu’en 2010-2011.

Charles Yéo

 

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