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La double vie de Soro devant le tribunal de Nanterre en France

La double vie de Soro devant le tribunal de Nanterre en France

Révélations renversantes, trahisons, infidélité, espionnage, maltraitance, falsifications de documents administratifs, fausses fonctions, coups fourrés. Mais aussi surprise de taille avec la présence de maître Benoit Jean- Paul, avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire dans le procès contre Laurent Gbagbo à la CPI, venu en renfort pour remplacer au pied levé, l’avocat de la maîtresse de Soro défaillant.

Par qui a-t-il été sollicité? « C’est mademoiselle Sy Kadidia qui m’a contacté personnellement » précisera le célèbre avocat un tantinet gêné. Une réponse qui bien évidemment n’a convaincu aucun représentant des médias présents en ces lieux vu l’agenda très chargé de cet avocat international presque inaccessible pour le citoyen lambda. Pour tout dire, toutes les intrigues étaient au rendez-vous durant ces 5 heures d’horloge de cette audience dans l’affaire opposant Sy Kadidia, mariée religieusement selon elle, au président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et les demoiselles Rosalie Nabi et Konaye Mamou Drabo, de nationalité Burkinabé et nées toutes les deux, respectivement le 14 juin 1984 et le 12 juillet 1986 dans le même pays, pour une affaire de traite d’êtres humains.

OLIVIER SORO… LE FILS PAR QUI ARRIVE LA DISCORDE…

Au centre de cette affaire scabreuse, un garçon : Olivier Soro, né en 2006 au Burkina Faso et fils de Guillaume Soro et aujourd’hui âgé de 9 ans. Cet enfant est venu au monde avec une grave maladie : l’hémophilie. Une pathologie qui vous fait saigner plus que de raison à la moindre petite coupure. Du coup, la fragilité sanitaire du gamin commandant une prise en charge médicale spécialisée dans un hôpital adapté, Guillaume Soro et sa seconde épouse décident de son évacuation en France. Au centre hospitalier Necker-Enfants malades situé dans le 15ème arrondissement de Paris. Et comme pour aider la mère à prendre en charge cet enfant malade il faut des bras valides supplémentaires, une nounou est recommandée. C’est comme ça que de 2006 et 2010, dame Sy Kadidia va malheureusement en exploiter et user deux. Rosalie Nabi, et Konaye Mamou Drabo. De nationalité Burkinabé comme elle-même, recrutées au Burkina Faso puis employées en France en violation flagrante de la législation française sur le code et les conditions de travail. Elle faisait travailler ses employés de 5 heures du matin jusqu’à 22 heures pour l’une et de 6 heures du matin jusqu’à 23 heures pour l’autre et cela 7/7, sans congés. Tout ça, pour la modique somme de 45 euros mensuels. Une rémunération et des conditions de travail jugées scandaleuses et inacceptables par le tribunal.

SY KADIDIA… UNE FEMME DE CARACTÈRE

Habillée d’un tailleur noir et chaussée d’escarpins hauts, c’est une Sy Kadidia, pleine de morgue et méprisant à souhait ses ex-employées, qui est apparue ce lundi 8 septembre devant le président du tribunal de Nanterre. A la question du juge de savoir pourquoi elle avait employé ces deux dames au noir avec des salaires aussi misérables, elle répond, sans sourciller, adoptant une seule ligne de défense, l’ignorance de la loi française : «Je les payais au Smig Burkinabé. Je ne savais pas qu’il fallait adapter leur salaire à la loi française. Elles se sont liguées contre moi. C’est la comédie qu’elles jouent parce qu’elles veulent avoir des papiers et de l’argent…» Et c’est tout. Pour la reconnaissance aux deux femmes qui ont eu la responsabilité de veiller nuit et jour sur la vie de ce petit garçon malade, il faudra passer après. Des propos que le président du tribunal va démonter en faisant valoir que la prévenue qui a vécu dans le 16ème arrondissement de Paris a dû comprendre au vu du niveau de vie de ce quartier huppé de la capitale française, que 45 euros par mois comme salaire pour une nounou, étaient totalement dérisoires. Mais bien plus, elle avait la possibilité d’avoir des conseils très bien avisés en la matière puisqu’elle partageait la couche du premier ministre de Côte d’Ivoire et recevait les recommandations de l’ambassadeur de son pays en France.

ALAIN LOBOGNON CITE…

Poursuivant plus loin, le président du tribunal va s’étonner que pour introduire Rosalie Nabi, la première nounou du petit Olivier Soro en France, un document officiel de la primature de Côte d’Ivoire dirigée à l’époque des faits par Soro Guillaume ait présenté la nounou comme une dame de compagnie. Etait-ce vrai que Rosalie Nabi avait été engagée pour faire juste la causette à sa patronne ? Une Question pertinente à laquelle la seconde épouse de Soro Guillaume va répondre en bottant en touche : « C’est le père de mon enfant qui s’est chargé de toutes les formalités administratives pour l’obtention des visas de voyage en France. » Evidemment, Soro Guillaume usant de son rang de premier ministre va demander à son conseiller spécial de l’époque, Alain Lobognon, actuellement ministre des sports dans le gouvernement de Ouattara de faire le nécessaire. C’est ainsi que l’homme qui se faisait appeler aux heures chaudes de la rébellion « Adjudant Beugré » se chargera du vrai-faux document. En notifiant à qui de droit par le biais d’une attestation mensongère que la femme qui accompagnait la seconde épouse de Soro était sa dame de compagnie, soulignant dans le même document que tous les frais de séjours et de visa étaient pris en charge par la Primature. La situation n’a pas échappé au président du tribunal qui ne manquera pas de souligner la dépense publique endossée à tort par l’Etat de Côte d’Ivoire.

LA PREMIÈRE ÉPOUSE DE SORO ESPIONNÉE…

Autre combine du clan Soro révélée au tribunal au cours de l’audience, le rôle d’espion confié à Konaye Mamou Drabo. Cette dernière sera chargée, lors d’un séjour à Abidjan en décembre 2009, avec Olivier Soro pour les fêtes de Noël, d’espionner les faits et gestes de l’autre épouse de Soro afin de rendre compte dès son retour à Paris. Evidemment tous ces déplacements en avion étaient faits en business class aux frais du contribuable ivoirien.

LE COUP DE FIL DE SORO… ET LES MENACES DU GARDE DU CORPS

Autre annonce croustillante faite encore par Konaye Mamou Drabo au tribunal, cette histoire qui ressemble à s’y méprendre à un cas d’infidélité de Sy Kadidia. La nounou de l’enfant de Soro fera savoir qu’un soir, le premier ministre Soro Guillaume appelle d’Abidjan sur le téléphone fixe de l’appartement de Courbevoie. Il veut parler à sa dulcinée. Ignorant que sa maîtresse a déserté sans prévenir le domicile conjugal pour une virée hors du foyer, Konaye Mamou Drabo annonce à son interlocuteur que sa patronne se repose dans sa chambre. Vérification faite, point de Sy Kadidia. Et ensuite grosse colère de Soro Kigbafori Guillaume qui la menacera de complicité. En fin de compte, soumise aux mêmes conditions de travail que l’ancienne servante, c’est-àdire chargée de toutes les tâches domestiques et de la garde de l’enfant sans aucune plage horaire de repos, encore moins de jour de congés, Konaye Mamou Drabo va à son tour s’enfuir. Et pour elle, ce seront des menaces claires contre son intégrité physique qui vont pleuvoir. Le garde du corps personnel de Soro Guillaume et d’autres personnes seront là aussi mis en cause. Pour conclure l’audience après les plaidoiries des deux avocats et les observations du procureur qui a requis 3 mois d’emprisonnement avec sursis pour la compagne de Soro et 5000 euros d’amende, le juge de la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Nanterre, mettra la décision finale en délibérée pour le 06 octobre prochain.

Source : Aujourd’hui

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