La filière anacarde devenue «juteuse» suscite des vagues et risque de faire perdre le pays

La filière anacarde devenue «juteuse» suscite des vagues et risque de faire perdre le pays

La filière ivoirienne de l’anacarde devenue «juteuse» ces trois dernières années suscite depuis quelques jours des vagues et des envies qui risquent de faire «perdre» le pays de sa performance, notamment son rang de premier producteur mondial de cette spéculation.

La performance de la Côte d’Ivoire en matière d’anacarde remonte aux lendemains de la crise postélectorale meurtrière de décembre 2010 à avril 2011 qui a coûté la vie à au moins 3000 personnes.

Dans le cadre d’un vaste programme de redynamisation du secteur agricole, le gouvernement ivoirien décide de lancer une série de réforme, étendue aux filières coton et anacarde avec la mise en place d’un organe de développement, de régulation et de contrôle dénommé Conseil du coton et de l’anacarde.

Pour diriger ce Conseil chargé de la mise en œuvre de la réforme du gouvernement dans ces filières, le choix est porté sur l’Ingénieur Génie Civil, Malamine Sanogo qui cumule plus de 20 ans d’expérience dans le domaine agricole (coton, café, cacao, cajou …), logistique, gestion des opérations et des risques transactionnels dans le financement structuré des matières premières agricoles.

Trois ans après, la filière anacarde renaît de ses cendres avec l’amélioration du niveau de vie des producteurs. La production de l’anacarde ou noix de cajou de la Côte d’Ivoire a atteint en 2015 plus de 700 000 tonnes, hissant le pays au rang de premier producteur mondial de cette spéculation. Les prix d’achat de la noix de cajou sont passés de 150 fcfa/kg en 2006 à plus de 500 fcfa le kg en 2016.

Cette performance qui permet à la Côte d’Ivoire de détrôner l’Inde, est le “fruit” de la réforme institutionnelle et opérationnelle lancée, il y a trois ans par le gouvernement sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara. Face à ces acquis importants, se pose le défi de la transformation locale car sur, 700 000 tonnes, “seulement 45 000 tonnes ont été transformées localement”.

Au moment où, le pays “envisage de mettre en place un programme accéléré de la transformation locale de la noix de cajou à travers la mise en place des unités de transformation dans chaque grande région productrice”, éclate une affaire d’un présumé détournement de fonds dans la filière.

En attendant la « lumière » sur cette accusation de détournement, le gouvernement décide de la suspension du Directeur général Malamine Sanogo et de son adjoint Mamadou Berté. Une direction intérimaire doit prendre le relais.

Pendant ce temps, le pays devra faire face aux aléas climatiques qui menacent la production de cette année déjà en baisse, selon les résultats de la première campagne de commercialisation.

La volonté de contrôle de la filière par un groupe d’exportateurs en relation avec certaines autorités au détriment des producteurs et de l’Etat est évidente.

Un groupe d’exportateurs, explique-t-on, tente de fixer un prix plafond d’achat des noix de cajou dans les magasins portuaires et encourage les exportateurs à faire de la rétention au niveau des financements bord champs.

La nette baisse des prix bord champ en cette fin de campagne qui passe de 600 F CFA/kg à 500 fcfa, voire 400 fcfa n’est pas en corrélation avec le prix de vente sur le marché international qui est de 1500 à 1 600 USD la tonne comme pour le Bénin et le Ghana, or les prix bord champ de ces deux pays sont de 700 fcfa/kg.

Les ententes destinées à remettre en cause le prix bord champs issu de la concurrence et à imposer un prix différent aux producteurs sont interdites par la loi n° 2013-656 du 13 septembre 2013 fixant les règles relatives à la commercialisation du coton et de l’anacarde.

En effet, l’article 18 de cette loi dispose que : « sont interdites les ententes entre les exportateurs, les acheteurs ou leurs organisations, en vue d’imposer un prix aux producteurs … ».

Pour s’assurer que cette disposition sera scrupuleusement observée par les exportateurs et tous les autres intervenants dans la chaîne de commercialisation, le législateur a prévu, à l’article 20 de la Loi sus référencée, des sanctions en cas de transgression de cette prescription et a donné spécialement pouvoir à l’Autorité de régulation pour procéder au retrait immédiat des agréments de tous les contrevenants.

Source: APA

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