La fin des rêveries géopolitiques néo-ottomanes: Le régime islamo-conservateur d’Erdogan aux abois!

La fin des rêveries géopolitiques néo-ottomanes: Le régime islamo-conservateur d’Erdogan aux abois!

« En première ligne dans le conflit voisin, le pays, touché par un attentat-suicide ce mardi, est aux prises avec les jihadistes et la rébellion kurde. Victime de l’autoritarisme croissant de son président islamiste, Ankara inquiète les Occidentaux » – Libération (ce 13 janvier).

Au printemps 2011, Erdogan pensait faire tomber la Syrie ba’athiste et implanter à Damas un état fantoche vassalisé aux mains de ses alliés les Frères musulmans. Cinq ans plus tard, la Syrie des Assad est toujours là, résistante et combattante. Mais le régime Erdogan, lui, vacille, la question kurde est redenue guerre civile et l’aventure syrienne se transforme en déroute. Pire les alliés djihadistes de l’AKP se sont retournés contre Erdogan et un attentat sanglant au cœur historique d’Istanbul frappe au cœur l’industrie touristique turque déjà mise à mal par les récentes sanctions russes contre Ankara.

« Poudrière. Turquie : la contagion syrienne », titre Libération (Paris), qui tire les conclusions de la défaite turque au Levant. Une défaite qui met un terme aux rêves de la « Grande-Turquie néo-ottomane » du « sultan » Erdogan !

LA FIN DU MODELE ISLAMO-CONSERVATEUR TURC 

Dans ce recul sans précédent, l’aventure syrienne a joué un rôle déterminant.

Extrait : « Les métastases du conflit syrien gagnent de plus en plus la Turquie. L’attentat, mardi, dans un haut lieu touristique d’Istanbul, à Sultanhamet – au moins 10 morts dont 9 touristes – vient rappeler tragiquement que ce pays, pilier du flanc sud-est de l’Otan, est aujourd’hui en première ligne. Longtemps, les islamo-conservateurs turcs au pouvoir ont considéré que les jihadistes étaient de très efficaces combattants contre le régime de Bachar al-Assad, dont le renversement était leur priorité, mais aussi contre les Kurdes. Depuis l’été dernier seulement, Ankara a vraiment commencé à combattre l’Etat islamique, après avoir sous-estimé le danger. Les autorités clament se trouver face à un double défi terroriste, celui de l’Etat islamique, comme ses alliés occidentaux, mais aussi celui des rebelles kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), en lutte contre Ankara depuis 1984, un conflit qui a déjà fait 40 000 morts. Les affrontements ne cessent de s’intensifier dans le Sud-Est, y compris à Diyarbakir, la capitale de la région, peuplée en majorité de Kurdes (15 à 20 % de la population du pays) et dont le centre est devenu une zone de guerre (lire page 4). Plus de 10 000 hommes sont engagés dans la région dans une opération d’une ampleur sans précédent depuis les années 90. »

LA RADICALISATION AUTORITAIRE DU ‘SULTAN’ ERDOGAN

L’échec du projet politique néo-ottoman de l’AKP est avant tout l’échec de son chef, le « sultan » Erdogan. Libération décrit bien cette marche vers l’échec.

Extrait : « Longtemps considérée par les Occidentaux comme un modèle combinant islam, démocratie et dynamisme économique, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan semble peu à peu dériver vers le pire entre violences et autoritarisme croissant du pouvoir. Leader charismatique pour cette Turquie pieuse et conservatrice rêvant de revanche sur la laïcité imposée par la République après la Première Guerre mondiale, le fondateur de l’AKP (Parti de la justice et du développement), au pouvoir depuis 2002, porte une grande part de responsabilité dans cette situation qui inquiète ses partenaires, notamment l’Union européenne, avec qui Ankara a commencé les négociations d’adhésion en octobre 2005. Celui que ses adversaires surnomment «le nouveau sultan» est désormais rattrapé par les conséquences de sa politique de boutefeu, aussi bien sur le conflit syrien que dans la question kurde. Une escalade encore accentuée ces derniers mois pour assurer à l’AKP une majorité lors des législatives du 1er novembre après le semi-échec de juin. Erdogan, qui avait été élu chef de l’Etat en août 2014 dès le premier tour, a délibérément attisé toutes les tensions. D’un côté le «nous» – les croyants, les conservateurs, les vrais patriotes -, de l’autre les «eux» – les laïcs, la gauche, les Kurdes, les alévis (fidèles d’une secte moderniste issue du chiisme) (…) l’homme fort d’Ankara tente de plus en plus de s’appuyer sur les courants les plus conservateurs et islamistes de la population kurde contre les «mécréants du PKK». »

LUC MICHEL

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