La fracassante séparation Magic System – Angelo Kabila

La fracassante séparation Magic System – Angelo Kabila

FITINI, YODÉ ET SIRO PIÉGÉS ?

Interviews coups de poing, piques, repliques, révélations choc…On croyait avoir tout entendu et appris pendant la guérilla médiatique qui a suivi le divorce Magic System-Angélo Kabila. Que non. La preuve avec les révélations de l’humoriste Zongo.

Une date : mercredi 5 mars 2013. Un cadre : l’Institut Français, au Plateau. Une occasion : la dédicace de “Management des artistes musiciens au Burkina Faso : Amateurisme, conflits d’intérêts et défis de professionnalisation”. L’ouvrage est signé du Burkinabé Walib Bara. Les échanges s’ouvrent, après la présentation. Des journalistes qui posent des questions. Et un homme du sérail, l’humoriste Zongo, présent, qui prend le micro. Et là, dans un remarquable exercice de ‘’décorticage’’ de l’ouvrage à travers sa propre et longue expérience du milieu, l’artiste révèle : “Parlant de conflit artiste-manager, on a tout entendu sur le problème entre A’Salfo et Kabila qui a fait coulé beaucoup d’encre et de salive à l’époque. Mais, à la vérité, il s’agissait d’un simple problème de vision, d’objectifs de carrière. Il y a qu’à un moment donné, après que Magic System a conquis la Côte d’Ivoire et l’Afrique, A’Salfo, visait maintenant l’international, l’Europe. Ce qui est tout à fait normal pour tout artiste sérieux. Mais le manager Kabila, lui, estimait qu’il avait atteint le sommet, puisque le groupe était connu en Afrique. La divergence de visions, d’objectifs et l’amateurisme des managers, voilà la première base de conflit entre un artiste et son manager.”

Mais bien plus que l’envie de porter un éclairage nouveau sur la fracassante séparation Magic System – Angelo Kabila, il y a un peu plus de six ans maintenant, c’est surtout un équivoque que tentera de lever l’humoriste, quant à la capacité de nos managers de ‘’fabriquer’’ des stars comme on en voit en Europe et aux Etats Unis. En effet, mettant à profit la thématique de l’ouvrage de Walib Bara, Zongo n’est pas passé par quatre chemins pour mettre à nu l’amateurisme qui a toujours caractérisé la profession de Manager d’artiste-musicien sous nos cieux : “Au point où on ne sait même plus qui est le manager, qui est le coursier, etc.”, a-t-il souligné. Avant de poursuivre : “Quand on prend un monsieur comme Alpha Blondy dont le seul nom suffit pour ouvrir toutes les portes, est-ce qu’on peut se targuer d’être un grand Manager, alors qu’on sait que c’est avec le propre carnet d’adresses de l’artiste que le soi-disant Manager fonctionne ?”

Pour Zongo, tant qu’il y aura des artistes dotés d’une haute vision de leur métier et portés par des objectifs de carrière bien précis, il y aura toujours des clashes du style Magic System-Angelo Kabila. Du moment que les managers totalement ignorants de leurs lacunes, sont bardés de certitudes sur leurs ‘’compétences’’ indiscutables. “Parce qu’on connaît tous les managers de boîte de nuit d’Abidjan et quelques uns de l’intérieur du pays à qui on demande de jouer les CD de son artiste, ou parce que son artiste a la chance, de connaître un succès avec un titre qui marche, on se dit grand manager. Pourtant, ce métier, comme tous les autres d’ailleurs, a ses rouages propres et le milieu, surtout à l’international, ne laisse plus de place à l’amateurisme. On ne peut pas tricher avec ça. Ou bien, vous êtes un professionnel et cela se voit par votre méthode de travail et le résultat suit, ou bien, vous êtes un amateur comme il y en a beaucoup et cela aussi se voit par les résultats sur le terrain”, a souligné l’humoriste. En clair, la séparation Magic System-Kabila était presque inéluctable.

Refus d’apprendre

Faut-il le rappeler, tout commence le dimanche 11 novembre 2007, au maquis Abidjan La Joie de Koumassi-Camp Commando. Magic System y organisait la dédicace live de ‘’Tapé Dos’’, son nouvel album d’alors. Un spectacle offert gratuitement aux fans du groupe. Comme cela se faisait chaque fois que les Gaou étaient en concert, on aurait vu Angelo Kabila, leur manager Afrique, au four et au moulin, courir ici et là pour suivre chaque détail du concert. Mais cette nuit-là, point de Kabila dans la place ! Et beaucoup d’interrogations.

La suite, on la connait : une rupture fracassante qui a fait les choux gras de la presse. D’aucuns avaient même ‘’prophétisé’’ le déclin du groupe Magic System pour avoir osé se séparer du “très grand manager” qu’est Angelo Kabila. Mais un peu plus de six ans après, le constat est là : Magic System sans Kabila, tient toujours la route, continue de glaner des lauriers et de gagner en coffre international.

A l’opposé, Fitini, Yodé et Siro qui s’étaient frotté les mains en confiant le management de leur carrière à Angelo Kabila censé y poser le vernis international qui leur manque tant, en sont encore au stade du rêve. A suivre le raisonnement de l’auteur Walid Bara et surtout Zongo, cela était prévisible. “Les Africains en général et les Ivoiriens en particulier, n’aiment pas apprendre, ils ont peur d’aller à l’école. Or, aujourd’hui, le management d’une carrière artistique demande un certain savoir et une expertise qui ne s’acquièrent que par la formation”.

Chose qui fait défaut à la quasi-totalité de nos managers d’artistes, même le ‘’grand’’ Angelo Kabila, relève-ton. Pour autant faut-il croire que Fitini et autres Yodé et Siro se sont tout simplement piégés, qu’ils se bercent d’illusions quant à la capacité de l’ex-manager de Magic System de les hisser ne serait-ce qu’au rang actuel de Magic System ? Wait and see…

Source: Star Magazine n°0589 du mercredi 12 au mardi 18 mars 2014

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One comment

  1. Après lecture de cet article, je comprend maintenant pourquoi les artistes ivoiriens n’ont pas été portés plus haut comme leurs illustres prédécesseurs. Des artistes comme les groupes Espoir 2000, Les Patrons, Yodé et Siro, Soumbill etc…
    Des gens ont monté de bons projets artistiques mais leur talent est resté sur le continent à cause de l’amateurisme des managers. Je ne comprend pas que quelqu’un comme Gohou qui a fait rire la communauté africaine en occident n’est pas au top avec sa troupe. Tout cela révèle des problèmes des managers qui ne connaissent pas leurs lacunes pour s’améliorer.
    C’est vraiment dommage.

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