La gendarmerie de Séguéla tente d’intimider les populations après la visite du Pr. Koulibaly

La gendarmerie de Séguéla tente d’intimider les populations après la visite du Pr. Koulibaly

«Qu’est-ce que Mamadou Koulibaly est venu faire ici? Pourquoi l’avez-vous reçu en fanfare? Qu’est-ce qu’il vous a dit ? Il cherche à semer le trouble et vous voulez l’accompagner?» C’est à une avalanche de questions de ce genre que Méité Gaoussou, chef du village de Sandala et le coordonnateur local, Lider Fofana, ont été soumis de la part des gendarmes de Séguéla qui se sont rendus dimanche matin dans la localité située à 30 km de Séguéla, dans le département de Kani.

Ces agissements antidémocratiques, très courants à l’ère du régime Ouattara, ont été vigoureusement dénoncés auprès du capitaine Issa Coulibaly, commandant de la compagnie de Séguéla qui, bien qu’informé en bonne et due forme de l’arrivée du Président de LIDER, par ailleurs ancien président de l’Assemblée nationale, n’avait envoyé aucun élément pour assurer sa sécurité, mais avait plutôt demandé à l’équipe locale du parti de se référer au commandant supérieur Kouassi Gervais à Abidjan. Un rapport a également été fait aux dirigeants de l’Onuci.

Cette énième tentative d’intimidation, dont le but est d’effrayer les populations, faisait suite à la rencontre que le Pr. Koulibaly a eu avec les habitants de Sandala, le vendredi 28 août 2015 dans l’après-midi.

La gendarmerie de Séguéla tente d’intimider les populations après la visite du Pr. Koulibaly  La gendarmerie de Séguéla tente d’intimider les populations après la visite du Pr. Koulibaly

S’adressant aux populations en malinké, il a entamé son intervention en insistant sur le problème de l’ethnie dans notre pays. En présence du chef du village, de ses adjoints Méité Massogba, Diomandé Massoma, de toute la notabilité, des femmes dont la présidente Coulibaly Nigna et de Fofana Karim, responsable des jeunes, le président du parti au flambeau a souligné que l’ethnie ne devrait pas être un critère de division des populations en Côte d’Ivoire.

«L’ethnie n’est pas un défaut. C’est une chose avec laquelle tu nais et que tu ne peux pas changer. Si tu es dioula, tu te lèves le matin, tu es dioula. Tu te couches le soir, tu es dioula. Tu te laves, tu es dioula. Tu ne te laves pas, tu es dioula. Tu es riche, tu es dioula, tu es pauvre, tu es dioula… Pareil pour les autres ethnies. Cela ne doit donc pas être un facteur de jugement ou de division», a déclaré Mamadou Koulibaly, rappelant que les conflits dans le pays trouvent principalement leurs sources dans les problèmes fonciers. Il a ainsi expliqué aux populations que la terre qu’ils cultivent depuis des années, voire des siècles et dont ils sont souvent convaincus qu’elle leur appartient est de facto, par les textes qui régissent la Côte d’Ivoire, propriété de l’Etat.

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«L’Etat doit donner gratuitement les titres fonciers aux paysans afin qu’ils deviennent officiellement propriétaires d’un bien qui en réalité a toujours été le leur : la terre. En leur donnant les titres de propriété de leurs terres après avoir fait le lotissement des champs, exactement comme on lotit les sites dans lesquels vous habitez, les paysans ivoiriens de toutes les régions deviendront propriétaires du sol, du sous-sol et de tout ce qu’il contient : eau, or, diamant et tout autre bien, car il est foncièrement injuste que l’eau obtenue dans un puits qu’on creuse sur sa terre soit le bien personnel du paysan mais qu’il n’en soit pas de même pour toute autre richesse trouvée dans les mêmes conditions. Combien d’entre vous ont les papiers de leurs champs ?» a-t-il poursuivi sous les applaudissements des participants, dont aucun ne dispose à ce jour d’un titre foncier sur ses terres.

Invitant les populations de Sandala à prendre massivement part au vote qui va se dérouler bientôt en Côte d’Ivoire en vue de désigner un président de la république, l’économiste réputé a annoncé, sous les vivats de l’assistance, qu’il était lui-même candidat à la présidentielle d’octobre 2015 en Côte d’Ivoire. Il a cependant décrit les difficultés des élections à venir, qui sont volontairement mal préparées par le régime en place. Il est notamment revenu sur le recensement des électeurs sur le listing électoral.

«Le gouvernement avait annoncé qu’il y avait un minimum de 3 300 000 nouveaux électeurs, c’est-à-dire de jeunes Ivoiriens qui ont atteint 18 ans en 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015. Il n’en a trouvé que 344 000, entièrement par sa faute, puisque la révision de la liste électorale qui devrait se faire en 5 ans a été faite en 1 mois et douze jours. Dans ce pays, on a exclu un seul homme, Alassane Dramane Ouattara, et on a vu ce que ça a donné! La guerre, la rébellion, la violence et une crise post électorale qui a causé près de 20.000 morts. Et vous pensez que Ouattara peut maintenant exclure 3 millions de personnes et qu’il ne va rien se passer? Tirons enfin les leçons des erreurs du passé! La commission électorale a violé la loi et n’a pas fait son travail pendant 5 ans. Le gouvernement et la commission électorale ne sont pas au-dessus des lois. J’exige, avec LIDER et la Cnc, que la commission électorale fasse son travail correctement. Comment peut-on oser parler d’élections inclusives quand on refuse leur droit de vote à 3 millions de jeunes?»

«La loi dit que le président de la commission électorale est seulement autorisé à faire un mandat de 6 ans non renouvelables. Youssouf Bakayoko a déjà fait 6 ans et le président Ouattara l’a quand même reconduit. Ce n’est pas acceptable», a-t-il conclu, partageant avec les habitants de Sandala ses appréhensions quant aux conditions exécrables dans lesquelles se prépare l’élection présidentielle. «Tous ceux qui ne veulent pas qu’une seule goutte de sang coule lors du vote doivent se mobiliser dès maintenant. Nous devons tous dire à Ouattara  qu’on ne veut plus de morts à cause des élections en Côte d’Ivoire. Nous devons tous nous retrouver à Abidjan et manifester pacifiquement pour nos droits» a conclu l’opposant emblématique, fondateur de la Coalition nationale pour le Changement.

Après près de 2 heures d’échanges fructueux dans le foyer du village qui accueillait la rencontre, le Pr. Mamadou Koulibaly s’est rendu à la mosquée en compagnie des dignitaires des lieux pour prier.

La délégation LIDER était en outre composée de la Déléguée Générale Monique Gbekia, des Délégués Nationaux Lancina Karamoko (Implantation zone 5) et Jacob Atta (Réforme foncière & aux Eaux et Forêts), de Fabien Diby, Evariste Kouadio et Meité Méïdara, membres de la délégation générale et à l’implantation dans le Nord.

Source: LIDER News

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