La leçon de Cambadelis à Affi: Comment gérer démocratiquement une crise interne dans un parti politique de gauche

La leçon de Cambadelis à Affi: Comment gérer démocratiquement une crise interne dans un parti politique de gauche

2014: Jean-Christophe CAMADELIS est le patron (premier secrétaire) du Parti Socialiste Français et Pascal AFFI NGUESSAN est président du Front Populaire Ivoirien. Les deux partis font face, chacun, à une crise interne menée par des cadres qui contestent la ligne mise en œuvre par l’un ou l’autre.

Aujourd’hui, en 2015, pendant que tous les observateurs sont d’accord pour dire que la crise au PS est terminée avec la victoire de Cambadélis, Affi aussi crie victoire en se déclarant légitimé par un “congrès extraordinaire”. Et pourtant, les deux processus de gestion de crise et les résultats n’ont rien de commun et, bien plus, l’un (celui de Cambadélis) est une véritable leçon de démocratie pour l’autre (Affi).

En effet, au PS français, d’abord, chacun a pu continuer de s’exprimer, quel que soit son camp et ses arguments, sans être accusé d’êre des faussaires, de vouloir piquer la place de Cambadélis ou de Hollande, de vouloir faire un coup d’état ou de vouloir faire la guerre, etc. Le débat a eu lieu, libre et démocratique, arguments contre arguments. Ensuite, Cambadélis, aidé en sous main par Hollande, a même réussi à négocier une synthèse, non seulement avec VALLS, mais surtout avec Martine AUBRY, affaiblissant ainsi ses adversaires.

Enfin, la parole a été donnée aux militants à travers l’organisation d’un vote ouvert ou chaque camp a pu présenter sa vision à travers une motion. Evidemment, CAMBADELIS, VALLS et AUBRY ont présenté une seule et même motion. C’est au terme de ce processus que Jean-Christophe CAMBADELIS a gagné avec 60% et est certain d’être reconduit à son poste par le Congrès à venir. Personne, pas même ses adversaires, n’osera lui contester ni légitimité, ni légalité. Telle est la politique dont nous rêvions en adhérant au FPI.

Au lieu de ça, Affi a réagi en chef d’une tribu assiégée, accusant ses contradicteurs de vouloir sa place, d’être des extrémistes, de n’avoir aucune intelligence, de vouloir renverser le régime par la violence, etc. En plus, s’appuyant sur le régime en place, il s’est acharné à couper toutes les têtes dérangeantes, mettant les plus irréductibles aux prises avec la justice, annulant congrès et candidatures, faisant jeter certains en prison (Lida, Assoa, Oulaye, Dano, Koua, etc) pour créer les conditions d’une candidature unique basée sur la pensée unique, la sienne. J’avais déjà dénoncé une telle ambition dans mon post https://www.facebook.com/ambroise.gna…/posts/776039282478118 du 8 février 2015.

Aujourd’hui, AFFI déclare avoir atteint son objectif en organisant un “congrès”, envers et contre tout, sans comité de contrôle, après avoir nommé un “secrétariat général” à sa totale dévotion. A supposer qu’on veuille, par totale complaisance et pure paresse intellectuelle et idéologique, considérer un tel aboutissement comme une victoire pour lui, il s’agirait assurément d’une victoire à la Pyrrhus. Et, évidemment, je suis de ceux qui ne se sentent en rien concernés par cette aventure.

Et dire que certains camarades, dont moi, avions proposé (en novembre 2014) à AFFI la démarche qui a été suivie plus tard au PS français. Evidemment, il l’avait rejetée.

Quel dommage et quel énorme gâchis?

Ambroise Gnahoua

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