LA PAQUES JUIVE CHRETIENNE OU IVOIRIENNE

LA PAQUES JUIVE CHRETIENNE OU IVOIRIENNE

Le calendrier liturgique de l’Eglise catholique romaine divise l’année en quatre temps. Le temps ordinaire qui s’intercale entre les trois autres temps, l’Avent qui précède et annonce la Noël, le temps de Noël qui se prolonge avec l’Epiphanie, le temps de carême qui précède celui de la Pâques. A l’évidence, de tous ces temps, le temps pascal reste certainement  le plus important parce que c’est lui qui accomplit l’œuvre de Dieu pour l’Humanité et fonde la foi chrétienne. La nuit du samedi 19 au dimanche 20 avril 2014, les Chrétiens ont marqué la fin du tridum pascal de l’année liturgique en cours. Ce sont les trois jours les plus saints de l’année pour les Chrétiens catholiques romains et le summum de cette sainteté est atteint  pendant la nuit Pascale, au cours de laquelle, selon les Ecritures, le Christ revêtu de sa Gloire divine, est ressuscité d’entre les morts. La portée temporelle de ces trois jours, qui donne une plus grande hauteur à leur portée spirituelle, réside dans le fait que  chacun de ces jours exposent des symboles de notre vie quotidienne, et révèle grâce à la lumière de la foi, les contradictions de celle-ci.

I/Le jeudi Saint.

JESUS institut l’Eucharistie.

Ce que Jésus a fait ce jour-là, n’est que la perpétuation d’une pratique tirée du judaïsme qui est sa racine culturelle humaine.

En effet, en  bon Juif, il appliqué une tradition juive qui veut que le jour du Sabah, le Chef de famille bénisse le pain et le vin qui doivent servir au repas de la famille. De nos jours encore, Les familles juives continuent d’observer cette prescription multimillénaire  de la Loi de Moïse.

Dans la pratique, les Juifs bénissent le pain, le coupe en morceaux, le trempe dans du sel et donne un morceau à chacun des membres de la famille en prononçant une  formule sacramentelle. Il en fait de même avec la coupe de vin. Mais ce jour-là, Jésus innove totalement, parce que ce qu’il donne à ses disciplines n’est pas un pain ordinaire tiré du blé et un vin ordinaire tiré de la vigne. C’est lui-même qui se donne en pain et en vin. C’est le dernier repas qu’il partage avec ses disciplines et il leur fait rappeler par ces gestes forts, ce qu’il a déjà accompli pour eux, une ou deux années avant. A Cana, il avait transformé l’eau en vin et un peu plus tard, dans les environs du lac de Tibériade, il avait nourri plus de cinq milles personnes avec seulement quelques morceaux de pain. Les disciplines qui ne savaient pas à travers ces actes, qu’il faisait déjà don de sa personne pour la multitude, ne comprirent  pas non plus la Sainte Cène. Pourtant tout est lié. Même si cette dimension spirituelle échappe à notre compréhension, limitée par notre nature humaine, la nuit de jeudi Saint révèle des symboles ou des séquences qui prouvent que Dieu n’a jamais été loin des hommes. Bien au contraire,  bien que Dieu, il s’est rendu accessible à l’Homme. C’est pourquoi, l’Evangile n’est pas une simple poésie qui exalte l’abstrait. C’est notre vie au quotidien qui est prise en compte par Dieu. De ce point de vue, le Jeudi Saint montre trois éléments qui, juxtaposés, offrent le tableau contrasté de la condition Humaine.

D’un côté la lâcheté et la traitrise qui prennent repère dans l’orgueil matérialiste, et de l’autre côté, la loyauté qui se nourrit de l’humilité.

La lâcheté et la traitrise s’illustrent à travers Juda, qui, en tant que trésorier,avait déjà appris à opérer des détournements sur les deniers du groupe. Corrompu par le luxe de la vie humaine, il va pousser la boulimie jusqu’à vendre pour trente pièces d’argent, son compagnon, son ami. Même s’il ne croit pas que le Christ est le Messie, (dimension spirituelle qui lui échappe), il peut au moins le considérer comme son ami (dimension temporelle qui lui est accessible). On ne trahit jamais un ami. Mais le lâche ne le sait pas.  Même s’il le sait, il s’en moque. La tentation du bien-être matériel lui ôte la raison.

En face, il y a le Christ, qui souffre moralement, parce que  gagné par la peur de sa mort atroce qu’il préfigure (sentiment humain), mais il tient ferme l’engagement qu’il a pris auprès de Dieu son père. La loyauté vis-à-vis de Dieu domine finalement la peur qui s’est emparée de lui. De ce combat interne entre la dimension divine et la dimension humaine, la première l’emporte. Tout se résume dans cette prière « Père, si tu veux écarter de moi cette coupe…, pourtant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se réalise ». Or, en nous créant à son image, Dieu nous fait don d’une partie de sa divinité. C’est cette partie divine de notre être qui incline notre cœur vers le Bien. Il y a toujours en chacun de nous, une bataille interne entre la partie divine et la partie humaine de notre être. Si la dimension divine était la plus forte, alors sans doute, notre monde aurait été meilleur. Mais  la chair, expression visible de notre condition humaine, pourtant faible devant les multiples tentations du Mal, soumet malheureusement souvent l’Esprit. Voilà tout le fondement de la corruption de notre monde.

Le 11 Avril 2011, en pleine semaine sainte, un Homme amené un combat violent en lui-même, entre céder aux promesses du bien-être matériel en trahissant son serment, ou rester fidèle à son serment. Comme le Christ, il préfigurait la mort atroce qui l’attendait. Sa maison dans laquelle il était avec certains de ses amis et des membres de sa famille, subissait depuis une dizaine de jours, d’intenses bombardements. Il était dans son jardin des oliviers. Dieu seul sait combien de fois son cœur a balancé entre trahir son serment et tenir sa loyauté vis-à-vis de son peuple. Seule l’humilité peut conduire un homme à opérer le bon jugement en pareilles circonstances.

L’humilité et l’amour d’autrui que l’on place au-dessus,  ou du moins au même niveau que le sien, sont les dernières leçons de vie que nous enseigne le jeudi saint. Jésus, vrai Dieu et maître absolu pour ses disciplines, se rabaisse et leur lave les pieds, tâches qu’accomplissent généralement les esclaves. Cette scène inédite est assortie d’un commandement d’unité. «  Ce que je viens de faire, faites-le vous aussi, les uns pour les autres et vous serez ainsi heureux ». C’est la forme achevée de l’amour. Or l’unité d’amour fait l’unité d’intérêt de sorte que, lorsqu’un seul parmi les membres du corps uni est malheureux,  c’est tous les membres qui en souffrent. Un pour tous et tous pour un, telle est la devise d’une multitude unie par l’amour. De ce point de vue, tous ceux qui ont participé en pensée ou par leur présence effective à la Sainte Cène du jeudi saint de cette année, doivent partager la souffrance du Président Laurent GBAGBO, du ministre Blé Goudé, de Simone GBAGBO et de tous ces nombreux prisonniers, civil et militaires ainsi que celle des milliers exilés. Et tous doivent œuvrer à ce qu’il soit mis fin à leurs souffrances.

II/ Le vendredi saint.

C’est le jour le plus dramatique de l’Histoire de l’humanité selon les Ecritures. C’est en effet ce jour-là, que l’Homme, dominé par le Mal, tue Dieu, son créateur. C’est le jour qui achève le tableau contrasté du jeudi Saint. Une fois encore, nous avons d’un côté, le Bien illustré par la loyauté du Christ à Dieu, de l’autre côté, le Mal sous toutes ses formes.

Le Mal prend racine dans notre conscience et  se déploie en actions dans notre comportement. Ce Mal a pour noms, haine,  mensonge, faux témoignages,  jalousie, orgueil, reniement et trahison. Jésus vit toutes ces manifestations du Mal dans son esprit et dans sa chair.

Malgré son caractère violent et funeste, le vendredi saint rappelle une grande vérité bien plus temporelle que spirituelle. Le sang de l’innocent retombe toujours sur tous les coupables actifs ou passifs. Il n’est pas étonnant qu’il y ait eu au cours du  Vendredi de la crucifixion du Christ, un tremblement de terre, expression du refus par Dieu du sang innocent.

La loyauté est portée à son paroxysme par le Christ qui meurt innocemment sur la croix. Cette mort qu’il aurait pu s’éviter, marque déjà  la Divinité du Christ, qui se laisser découvrir totalement la nuit du samedi saint. La loyauté devient alors un autre nom de Dieu. Dès le commencement de son œuvre, Dieu a manifesté un amour infini pour l’Homme, sa créature, en lui donnant une partie de lui-même (il a créé l’Homme à son image). Dieu est resté fidèle et loyal à cet amour originel au point de s’humaniser lui-même  jusqu’à en mourir de la pire des façons.

Mais en face de cet amour infini de Dieu, se place tout ce que l’Homme a de résidus en lui.

La Jalousie qui pousse la Hiérarchie juive à condamner un innocent au besoin en s’unissant avec  l’ennemi, contre son propre frère. De ce point de vue, Caïphe le Grand Prêtre Juif est plus coupable que Pilate, le Romain, de la mort du Christ, le Juif. Ce qui s’est passé il y a deux milles ans est valable aujourd’hui dans notre pays. Nous sommes plus comptables de la déportation de l’un des nôtres plus que ceux qui nous ont aidés à cette fin. Le sang de l’innocent comme nous le verrons plus loin, retombe toujours sur les coupables.

L’orgueil est le sentiment qui pousse l’Homme à mésestimer l’autre ou à se surestimer soi-même. Il est la racine de la majorité des maux qui détruisent l’Homme. Comment le Messie peut venir de Galilée, se disaient les Juifs au sujet de Jésus. Rien de bon ne peut sortir de ce bled malfamé. Jésus est de Nazareth au cœur de la Galilée. Comment peut-il être le Messie, le Chef, le Roi. La Côte d’Ivoire a sa Galilée, fruit de nos préjugés, qui sont entrain de condamner plusieurs innocents qui à la Haye, qui en Côte d’Ivoire. Rien de bon ne sort de ce côté de notre pays. Ceux qui tentent de contredire cette « vérité » de nos préjugés en paient le tribut le plus lourd.

Le reniement de soi face au danger. Il est mon ami aussi longtemps que je ne serai pas  obligé d’affronter le danger à cause de lui. Il est à la Haye, de toutes les façons c’est son problème. On lui avait conseillé de démissionner. Il n’a pas voulu. Moi je ne peux souffrir pour lui. Qu’il assume lui seul ses choix. Je ne le reconnais plus. On ne va pas arrêter la vie à cause de ses propres turpitudes.Pierre l’a fait le vendredi saint, mais il s’est ressaisi quand le coq a chanté. C’est déjà bien, cette remise en cause suite au réveil de la conscience de Pierre. La remise en ordre de sa conscience en conformité avec le devoir de loyauté qu’il avait vis-à-vis de son ami, de son Chef,  a valu plus tard à Pierre, d’être la fondation sur laquelle, toute l’œuvre missionnaire de l’Eglise s’est bâtie. Mais apparemment, notre conscience est encore si ankylosée  en Côte d’Ivoire, que les chants de mille coqs ne peuvent nous remuer.

Les faux témoignages. Jésus qui a fait selon les Ecritures, rien que du bien, est pourtant victime de dépositions mensongères de la part de  ceux qu’il a aimés et servis. Le faux témoignage est toujours l’expression d’une haine contre celui contre qui l’on témoigne. A ce propos, J’ai lu et relu le document de charges du Procureur de la CPI, contre le Président Laurent GBAGBO. Seule une haine portée à un niveau insoupçonné peut justifier de tels témoignages. Comment pourrions-nous laver nos consciences de tant de mensonges avancés juste pour  répondre à l’appel de notre haine. Cette haine qui a fait couler tant de sang innocent sur notre continent.

Suite à un scénario construit sur le mensonge, la jalousie et l’hypocrisie, Jésus est condamné à mort par un tribunal lâche, puis crucifié. Il meurt de cette crucifixion. Dans  cette dernière séquence du vendredi saint, deux scènes marquent l’esprit du Chrétien.

Il y a d’un côté Ponce Pilate, l’étranger qui a peur du sang de l’innocent. Il s’en lave les mains. Il est conscient que Jésus est innocent. Mais il fait de la politique, il veut contenter la hiérarchie juive.Iltient à son poste de gouverneur que des troubles de la part de la hiérarchie juive, pourraient menacer.

De l’autre côté, les frères de  Jésus. Ils ont une claire conscience du lourd tribut que paie quiconque verse le sang innocent. Abraham, leur ancêtre, par loyauté à Dieu, a voulu sacrifier son fils unique. Dieu l’en a dissuadé in extrémis. En lieu et place, Dieu lui a donné un bélier parce qu’il n’a pas voulu du sang innocent du fils d’Abraham. Mais la haine et la jalousie qu’ils cultivent envers l’un des leurs,  font perdre la raison aux Juifs. Ils défient en chœur le sang innocent. « Que ce sang retombe sur nous et sur nos enfants ». Comme pour relever ce défi des Juifs, ce sang n’a pas attendu longtemps pour agir. Trente-sept années après, le 8 septembre  70 après J.C, l’épée tombe violemment sur le peuple juif. En effet, les Juifs qui s’étaient accommodés de la colonisation romaine dont ils bénéficiaient de la protection contre les autres royaumes voisins, se mirent à la contester vers la fin des années 60 de notre ère. Pour mater cette révolte, le très controversé Lucius Dominitius Claudius Nero ou Néron, empereur de Rome, envoya en Orient,une expédition militaire conduite par le Général Titus Flavius Vespasianus  (Vespasien).Ce dernier,  après un siège de trois mois (30 mai 7O au 28 Août 70), s’empara de la Ville Sainte Juive de Jérusalem, massacra les Juifs,  brûla leur Temple et contraignit  les survivants à l’exil. Certainement, ni Caïphe, ni Pilate, ne vivaient encore, quand ces évènements se sont produits. Mais le sang de l’innocent a crié vengeance contre celui qui croyait s’en être lavé les mains, et ceux qui l’ont défié. En effet, quelques années avant la catastrophe qui a frappé la Ville de Jérusalem, en  juillet 64, Rome, la ville éternelle, siège du très puissant pouvoir romain, brûla. Cet épisode marqua le début du déclin de l’empire romain.Même si aucun texte des Ecritures ne lie l’injuste condamnation de Jésus et sa mort atroce aux deux évènements ci-dessus rappelés, l’on au moins  en mémoire  que Jésus lui-même, avait pleuré par anticipation, la destruction de Jérusalem (Luc 19 :41)

Quoique  nous soyons suffisamment enracinés dans le rationnel, il y a des évènements ou des situations qui transcendent la perception rationnelle que nous avons de ces évènements ou de ces situations. Interrogeons le sang des nôtres que nous avons envoyés en esclavage sur des terres lointaines. Il pourra  peut-être, même irrationnellement, nous donner une explication sur le sort de notre continent.

En tout cas, pendant toute cette période d’intenses prières et d’intenses réflexions, je n’ai pu extraire de ma mémoire, cette image du Président Laurent GBAGBO sur qui l’on porte un casque militaire et qui marche sous les huées et les quolibets d’une cohorte de soldats venus l’arrêter. C’était le lundi 11 avril, le premier jour de la semaine sainte de cette année. C’était sa couronne d’épines et son chemin de croix qu’il entamait ainsi. Ce chemin l’aura conduit au siège du Grand Prêtre, Caïphe à l’Hôtel du Golf, avant d’être traduit devant Ponce Pilate à la Haye. Chaque fois, ces images me plongent dans l’émoi. Certes le Président Laurent GBAGBO n’y va pas mourir physiquement. Mais l’objectif de ses bourreaux est bien de le tuer politiquement. Cette façon de vouloir anéantir politiquement cet Homme, qui a pourtant  tout donné à la politique, est une sorte de mort violente.  Mais ma foi chrétienne me rappelle que Dieu n’accepte jamais le sang de l’innocent, et que le samedi saint a succédé au vendredi des douleurs.

III/ Le Samedi saint.

Cette nuit est la plus sainte de toutes les nuits pour les Chrétiens. Elle marque la résurrection de Jésus qui retrouve la plénitude de sa nature divine. C’est une nuit de renouvellement, un passage de l’ancien vers le nouveau. C’est la Pâques en tant que passage, pont entre deux vies. Les Juifs la célèbrent pour commémorer la fin de leurs 400 ans d’esclavages en Egypte, leurs 40 ans de traversée de désert vers la terre promise. Les Chrétiens la célèbrent pour marquer la fin de 40 jours de prières, de pénitence et de partage. Ils le font en mémoire des 40 jours et 40 nuits que Jésus a passés lui aussi dans le désert avant d’entamer son ministère. Tout cela s’accomplit autour du chiffre 4.

La Pâques de cette année est la quatrième après le 11 Avril 2011. Ironie du sort ou signe prémonitoire, la défense du Président Laurent GBAGBO a déposé ses dernières écritures le lundi 14 avril dernier, le lundi de la semaine sainte, qui rappelle le lundi 11 avril 2011, qui, il faut le rappeler, était également un lundi de semaine sainte. Les Juges de la CPI se sont donnés 60 jours pour se prononcer sur la confirmation ou l’abandon des charges alléguées par le Procureur contre le Président Laurent GBAGBO. Ce délai coïncide, à quelques jours près, avec la fin du temps pascal de l’année en cours. On pourrait dire que la boucle est fermée.  C’est la Pâques de la Côte d’Ivoire. Mais le renouvellement attendu n’est possible que par un mouvement volontariste de reconversion. Aucune œuvre divine ne se réalise dans la passivité des bénéficiaires. Dieu attend de ses enfants que nous sommes, de l’action. Reconnaître nos torts, est déjà un grand pas vers le renouvellement de soi. Si ensembles, nous confessons qu’il n’est pas bon qu’un des nôtres soit détenu en prison à cause de notre haine, à coups sûrs, nous entendrons le coq chanter. Alors, comme Pierre, nous regretterons nos reniements. C’est seulement à partir de cet instant, que le Christ portera à nouveau son regard sur nous.

Hâtons-nous sur ce chemin quel que soit le côté où l’on se situe, en nous concentrons sur ce qui nous divise. Notre contradiction principale est l’emprisonnement injustifié et moralement inacceptable, du Président Laurent GBAGBO à la CPI, auquel l’on vient de joindre le Ministre Blé Goudé. C’est finalement cette contradiction qui bloque le processus de remise en ordre du pays. C’est par conséquent elle  qui subordonne toutes les autres. L’histoire humaine est pleine d’exemples qui illustrent des renversements de situations qui rappellent que nul ne détient la plénitude de son destin en main. Il y a toujours une petite parcelle de l’inconnu qui nous renvoie à notre condition humaine. Souvenons-nous de l’histoire rocambolesque du Maréchal Pétain et de Léon Blum. Le premier en collaboration avec l’occupant allemand, envoya le second en prison dans le Fort du Portalet le 16 octobre 1941. Le nouveau pouvoir français incarné par Pétain après la défaite française de 1940 face à l’Allemagne, accusait alors le gouvernement du Front populaire au pouvoir depuis 1936, et dirigé Léon Blum, d’être responsable de la défaite française.

Quelques années plus tard, le 15 Août 1945, C’est Pétain qui est conduit dans cette même prison. A son procès, Léon Blum est témoin à charges. Le Maréchal Pétain, Président de la République sous Vichy, séjourne  pendant trois mois (15 Août au 16 novembre 1845)dans la prison où, il avait enfermé quelques années plus tôt, son adversaire politique. Il y découvre les conditions effroyables de vie. Il confessera «  si je l’avais su, je n’aurais jamais enfermé un seul Français dans ce lieu ». Malheureusement un peu trop tard.

L’Histoire est une forme d’expression divine. Il faut savoir la lire.

 

Le Ministre KONE Katinan Justin

 

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