La presse flamande à hélas raison: Charleroi ne se relèvera jamais avec la particratie rapace et incapable qui l’a ruinée …

La presse flamande à hélas raison: Charleroi ne se relèvera jamais avec la particratie rapace et incapable qui l’a ruinée …

“La Belgique ne fabriquera-t-elle bientôt plus rien ?” – Het Laatste Nieuws.

“Charleroi est toujours la ville la plus peuplée de Wallonie, mais elle a seulement un passé, pas – ou peu – d’avenir” – Guido Fonteyn (De Morgen).

“Caterpillar était un des derniers gros employeurs pour les personnes peu qualifiées, proportionnellement nombreuses à Charleroi. Où ces gens vont-ils trouver encore un emploi ?” – Pascal Verbeken (De Standaard).

La fermeture de Caterpilar n’est pas un accident industriel, c’est l’aboutissement d’un long processus, qui a fait de la première ville industrielle de Wallonie le “tiers-monde de la Belgique”, où l’activité principale c’est le chômage et l’intérim précaire. Responsables et coupables : les arrogants politiciens wallons, si suffisants, encore plus insuffisants !

CATERPILAR : PAS UN ACCIDENT MAIS LA FIN D’UN PROCESSUS

Et dans ce processus Caterpillar n’avait été qu’un remède provisoire, face à une désindustrialisation du Bassin Rhin-Meuse voulue au niveau mondial. “L’arrivée de Caterpillar fut considérée comme une opportunité unique pour sortir la Wallonie de la crise dans laquelle la plongeait la fermeture des charbonnages. Une page noire qui se termina dans les années 1980 avec la fermeture du Roton. L’époque se caractérisa par le déclin de l’industrie lourde et du secteur textile. Le monde politique se tourna vers les investisseurs étrangers. Avec un joli coup de pouce des banques, comme le rappelait l’économiste Alexandre Lamfalussy dans le livre relatant sa vie paru chez Racine”, commentait LA LIBRE samedi.

L’Histoire sait se montrer cruelle : voilà la dernière grande usine qui ferme le jour où ces mêmes politiciens entendaient “fêter” les 350 ans de la Ville ! Pas de champagne et de feux d’artifice pour les 6.000 chômeurs de plus. Bon anniversaire les carolos ! Et souvenez-vous que les citoyens ont les élus qu’il méritent. Ceux-là, de Van Cauwenberghe à Magnette le parachuté, les deux bourgmestres PS du déclin carolorégien (introduit par le premier, clôturé par le second), c’est vous qui les élisez depuis 35 ans …

UNE PRESSE FLAMANDE CRITIQUE

« La Flandre ne ferme pas les yeux sur le désarroi des travailleurs de Caterpillar. Les médias néerlandophones ont largement couvert le drame social qui s’est abattu sur Gosselies. Au Nord du pays, experts universitaires, responsables politiques et éditorialistes jettent cependant sur l’événement un regard plus froid, plus sombre. Le discours général contraste avec les réactions francophones, qui oscillent entre compassion, volontarisme obligatoire (“il faut faire plier Caterpillar”) et tentatives de positiver malgré tout (“Charleroi, pôle d’excellence dans les biotechnologies”). Au-delà des reportages, des portraits d’ouvriers licenciés, un constat semble s’imposer dans la presse flamande. L’horizon s’annonce extrêmement noir pour toute la province du Hainaut », commente LA LIBRE. « Avec fatalisme, le quotidien HET LAATSTE NIEUWS, replace Caterpillar dans la litanie des fermetures témoignant de l’inexorable déclin de l’industrie lourde : Duferco-La Louvière, Carsid-Charleroi, Arcelor-Liège, Ford-Genk, Opel-Anvers… D’où cette question posée par le journal : “La Belgique ne fabriquera-t-elle bientôt plus rien ?” Les réponses des experts sont nuancées, et pessimistes. L’industrie manufacturière ne disparaîtra pas, mais deviendra de plus en plus spécialisée, avec un personnel appelé à se réduire comme peau de chagrin. »

« CHARLEROI N’A PAS D’AVENIR »

Dans une tribune publiée par DE MORGEN, l’essayiste Guido Fonteyn pose un constat clinique. “Il y a deux sortes de villes en Wallonie : les villes avec une histoire centenaire et une université – Liège, Namur et Mons – et des villes relativement jeunes, comme Charleroi et La Louvière, sans université, et sans histoire centenaire.” La première catégorie peut envisager l’avenir avec un certain optimisme, même si le contexte économique wallon reste compliqué. Pour la seconde, en revanche, il n’y a guère d’espoir, à moins d’hypothétiques solutions à long terme. Guido Fonteyn suggère de fonder une université à Charleroi. L’auteur évoque le passé industriel glorieux de Charleroi et La Louvière, au temps du verre, de l’acier et du charbon. “Ces endroits peuvent sembler moches aujourd’hui, mais pendant plusieurs générations, les ouvriers s’y sont sentis heureux.” Les usines ont fermé, les gens sont restés. “Charleroi est toujours la ville la plus peuplée de Wallonie, mais elle a seulement un passé, pas – ou peu – d’avenir.” Guido Fonteyn demande à Paul Magnette, ministre-Président wallon, d’oser dire la vérité. “L’avenir de Charleroi ne s’annonce pas bon, pour longtemps.”

Dans DE STANDAARD, l’écrivain Pascal Verbeken, auteur d’un livre sur les traces des immigrés flamands en Wallonie, se montre aussi catégorique. “Le XIXe siècle n’est pas encore totalement terminé à Charleroi”, juge-t-il. Sa réflexion comporte une part de tragique. “Caterpillar était un des derniers gros employeurs pour les personnes peu qualifiées, proportionnellement nombreuses à Charleroi. Où ces gens vont-ils trouver encore un emploi ?” Samedi, “De Standaard” titrait : “13 % de chômeurs, et puis ça.” “La province sinistrée du Hainaut doit à présent digérer la perte de plus de 5 000 emplois”, observait le quotidien.

Professeur d’économie à la KUL, Herman Daems a participé à la reconversion du Limbourg après la fin de Ford-Genk. Très sollicité par les médias flamands, il recommande “un certain réalisme” aux pouvoirs publics carolos. Ses conseils : ne pas espérer un repreneur, négocier de bonnes conditions de fermeture.

Lorsque l’homme fort du régime belgo-flamand, le nationaliste flamand Bart De Waever, explique qu’il y a « deux démocraties en Belgique ». il y a aussi deux presses. Et la Flamande, visiblement, diverge totalement de la Francophone. Les citoyens flamands, comme les français de Belgique, n’ont plus rien à attendre des deux …

LUC MICHEL

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