La Russie prend les devants de la libération de Gbagbo

La Russie prend les devants de la libération de Gbagbo

Elle était déjà sous le feu roulant des critiques des souverainistes africains, en raison de sa démarche pour le moins bancale dans les poursuites qu’elle initie dans les pays en conflit en général et en Côte d’Ivoire en particulier. La cour pénale internationale (CPI), puisque c’est d’elle qu’il s’agit, sera davantage sur la sellette ces jours-ci. Et pour cause, depuis hier, à Johannesbourg, en Afrique du Sud, a démarré une campagne que les promoteurs veulent vaste, sur le rôle nocif de la CPI.

C’est une initiative du Pr Alex Mezyaev, avocat de nationalité russe, officiant à la cour de la Haye et qui vise à briser le silence coupable de l’opinion internationale sur la partialité flagrante de la CPI dans les crises où elle s’invite. C’est pourquoi, au dire de Mezyaev, « il convient désormais de donner de la voix partout où il faut, sur les dérives de la CPI pour contraindre cette cour à sortir des arrangements politiques pour dire le droit. » Joignant l’acte à la parole, l’avocat a instruit l’assistance autour du thème « La CPI est-elle réellement un instrument au service de la réconciliation et de la paix ? » Cela, en présence d’un parterre de personnalités politiques, économiques, d’universitaires et de membres de la société civile sud-africaine qui ont effectué, hier après-midi, le déplacement de l’Université de Johannesburg. Au moment où nous mettions sous presse, la rencontre se poursuivait encore et était bien partie pour être un franc succès, si on en croit les premiers témoignages recueillis.

Selon nos sources, le rendez-vous de Johannesbourg est la première étape d’une caravane qui va parcourir de nombreux pays de l’Afrique digne ainsi que les Etats du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Notons que le Pr Alex Mezyaev qui est l’un des initiateurs de la séance d’information parlementaire sur le cas Gbagbo, à la Douma (Parlement russe), est par ailleurs, membre de l’équipe de défense des Serbes Vojislav Seselj, Ratko Mladic actuellement détenus a la Haye. A l’occasion, l’homme avait instruit les parlementaires de son pays sur la crise ivoirienne et l’injustice qui avait été ainsi faite au président Laurent Gbagbo, déclaré vainqueur du second tour de l’élection présidentielle ivoirienne mais recusé par l’occident qui a organisé son arrestation, sa détention sept mois durant à Korhogo, avant d’être transféré finalement à la CPI, où depuis trois ans, l’Accusation peine à réunir les preuves de ses charges contre le dirigeant ivoirien.

La rencontre d’hier constitue donc un palier supplémentaire de franchi dans le combat pour la libération du président Laurent Gbagbo. Sur ce chantier, le Pr Alex Mezyaev, confient nos sources, bénéficierait du soutien actif des autorités de Moscou, qui, dit-on, riraient bien des malheurs de la CPI qu’elles identifient comme un instrument aux mains des occidentaux pour neutraliser les dirigeants gênants. Si dans cette affaire, les compatriotes de Poutine peuvent porter un coup aux Français et aux américains, via la juridiction de la Haye, ils ne s’en priveraient aucunement, notent des sources diplomatiques. Cela, en pensant surtout à la guerre que l’occident mène depuis plusieurs semaines à la Russie dans la crise ukrainienne. De plus, il faut observer que cette croisade internationale, contre la cour pénale internationale, intervient pratiquement à la veille du dépôt au greffe de la CPI, du dossier médical complet du président Laurent Gbagbo.

Un document attendu par le juge unique de la chambre préliminaire 1 pour examiner la demande de mise en liberté provisoire du célèbre détenu, introduite par la Défense. Et Alex Mezyaev auraitil voulu mettre une pression supplémentaire sur la CPI qu’il ne s’y serait pris autrement. Surtout que son initiative s’installe au lendemain de la prestation de haut vol de Charles Blé Goudé devant le tribunal de la Haye. Une sortie qui a mis mal à l’aise le bureau du procureur avec notamment ce déséquilibre flagrant qu’il a été donné de constater dans la démarche de l’héritière du procureur argentin, Luis Moreno O’campo, dans la conduite de ses
poursuites en Côte d’Ivoire..

Source: Aujourd’hui

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