La vraie histoire du témoignage de Jean Noël Abéhi à la CPI: La juge Sylvia Fernandez De Gurmendi était à Abidjan pour cela

La vraie histoire du témoignage de Jean Noël Abéhi à la CPI: La juge Sylvia Fernandez De Gurmendi était à Abidjan pour cela

Tous les observateurs du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé savent que le commandant Jean Noél Abéhi a témoigné devant la CPI. Tous savent aussi que c’était par vidéoconférence depuis la gendarmerie d’Abidjan. Ils ont aussi l’information que la déposition s’est faite dans la plus grande clandestinité, à huis clos. Mais grâce à la perspicacité de la presse, quelques échos de ce témoignage ont fusé. Des échos auxquels ne attendait point l’accusation, encore moins le régime ivoirien. Et avec le huis clos imposé au témoin, plusieurs séquences qui ne faisaient pas l’affaire du bureau du procureur ont été expurgée avant d’exposer au public les parties connues de tous. Grâce à ses sources depuis, Le Quotiend d’Abidjan a livré hier une partie des vérités du procès en live qu’on a voulues cacher.

Mais il y a des épisodes qui ont précédé la déposition de l’ex-commandant du groupement de l’escadron blindé (GEB) d’Agban devant les juges. Ces épisodes-là prouvent à quel point la CPI voulait côute que coûte du témoignage de l’ex-responsable de la deuxième artillerie de feu des forces de défense et de sécurité (FDS) de Côte d’Ivoire.Le document de charge contre l’ex-Président ivoirien et son dernier ministre de la jeunesse était bâti sur un pseudo plan commun. Selon lui, l’objectif de Gbagbo était le massacre des partisans d’Alassane Ouattara dans le but de se maintenir au fallait donc tout mettre en oeuvre pour faire témoigner les chefs militaires de cette époque. Raison pour laquelle, sur la liste des témoins de l’accusation, figurent l’ex-chef d’état-major le général Philippe Mangou, l’ex-commandant supérieur de la gendarmerie nationale, le général Edouard Kassaraté, le directeur général de la police nationale, le commissaire principal Brindou M’Bia, le commandant Jean Noél Abéhi du GEB et bien d’autres officiers.

Les trois premiers ont vite fait d’accepter de travailler avec le nouveau régime. En échange d’une impunité et d’un témoignage à la CPI. Mangou et Kassaraté ont été nommés ambassadeurs. Brindou a conservé son poste de directeur général de la police nationale qu’il occupait sous Gbagbo. Quant à Jean Noél Abéhi, il a refusé toute compromission. Mais connaissant la ténacité de l’homme, le régime ivoirien et la CPI ont tout mis en œuvre pour l’arrêter au Ghana en 2012 et l’extrader manu militari et faire de lui un otage à utiliser au moment venu. Il a été accueilli à la Direction de la surveillance du territoire (DST), un centre de torture digne de la Gestapo selon les infortunés qui y sont passés.

«C’est depuis la DST, que les tractations en vue de son témoignage ont débuté.C’était entre mai et juin 2013. Les autorités ivoiriennes ont fait appel aux agents de la CPI et, tenez-vous bien, pas Fatou Bensouda, la procureur sensée conduire qui a conduit la mission mais SYLVIA FERNANDEZ DE GURMENDI en personne», révèle notre point focal à la CPI. «Cétait un ballon d’essai. Mais le commandant Abéhi s’est montré un peu méfiant. Il n’a ni refusé ni accepté. Il a laissé la juge et les membres de sa délégation dans une perception mi-figue mi-raison», poursuit notre interlocuteur. En ce moment-là la Présidente de la chambre préliminaire I qui a fait confirmer les charges contre Gbagbo. Blé Goudé, lui, n’avait pas encore été transféré.

IL se trouvait aussi à la DST après son extradition du Ghana. C’est sûrement au moment de son séjour sur les bords de la lagune Ebrié pour essayer de convaincre Abéhi qu’elle (Gurmendi) a manoeuvre pour qu’on obtenir aussi la déportation de l’ex-leader des jeunes patriotes. Mais l’accusation était convaincue que le témoignage d’un officier qui refuse de collaborer avec Ouattara aurait plus d’effet que les généraux félons qui ont fait allégeance dès les premières heures. Cette idée s’est renforcée quand tous les premièrs témoins se fourvoyaient à la barre. Gurmendi va donc revenir à la charge. «En février 2016, elle revient à Abidjan. Elle est désormais Présidente de la CPI. Elle et ses collaborateurs trouvent cette fois-ci Abéhi à la Mama reçoivent l’ordre de rester dans leur cellule. Abéhi est pris seul dans l’arrière cour. Pendant trois heures, Gurmendi et ses hommes tentent de le convaincre de témoigner », révèle notre source.

On promet une protection pour sa famille et bien d’autres choses. «L’homme finit par accepter mais pose une condition ;si c’est pour qu’éclate la vérité, pas de problème mais un témoignage à visage découvert», poursuit notre interlocuteur. Un peu sonnés par cette condition, Gurmendi et ses collaborateurs demandent un temps de réflexion et prennent congé de l’officier d’honneur.

Le procès sous haute surveillance

Entretemps, plusieurs journaux et Cyber-activiste Pro Gbagbo répandent des remeurs de trahison du commandant Abéhi, la CPI saute sur l’occasion et impose le témoignage masqué et avec de nombreux huis clos. La raison officielle est d’assurer la protection d’un témoin déjà menacé alors même qu’il n’a pas pas encore témoigné. La suite on la connait. On vient extraire de force le prisonnier de la MAMA. On transfere à l’ecole de la gendarmerie. On y organise sous haute surveillance policière, un procès par vidéoconférence. Mais contre toute attente, le témoin prend de cours partisans et adversaires. Il fait le témoignage le plus édifiant. Il blanchit Gbagbo et accable le camp Ouattara.

Chouchouté par le pouvoir avant le témoignage, il devient un homme à abattreaprès. «C’est le lieu d’iterpeller les pro-Gbagbo. Dans ce procès,personne ne peut mentir impunément. Les juges, le bureau du procureur, les deux groupes de défense ont toutes les techniques pour déceler le mensonge qui est puni par la CPI tôt ou tard. Alors qu’ils évitent les commentaires hâtifs d’avant déposition. C’est caractère euphorique négatif. Qu’il attendent de voir ce que les témoins vont dire. De toutes les façons, les charges contre Gbagbo er Blé sont du frabriqué. Ça n’a jamais existé. Les vrais criminels de guerre sont au sein du pouvoir actuel. Tous les ivoiriens le savaient déjà. Le monde entier est train de s’en convaincre. Les juges de la CPI aussi. Alors aucun témoin ne peut soutenir ce DDC sans être pris en flagrant délit de mensonge», conclut notre point focal de la Haye à l’issu de notre discussion téléphonique.

Source : Le Quotidien D’Abidjan N° 1840

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE