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L’affaire Skripal, la Russie et l’Afrique

L’affaire Skripal, la Russie et l’Afrique

Le 4 Mars 2018, on a trouvé Sergei V. Skripal, un ex-double-agent russe et sa fille de 33 ans, Yulia, dans un espace public de la ville de Salisbury en Angleterre, dans un état incohérent. Une investigation a déterminé qu’ils avaient été contaminés par un gaz neurotoxique de fabrication russe appelé Novitchok. Sans fournir de preuves, les autorités britanniques ont pointé un doigt accusateur sur la Russie. Boris Johnson, le ministre britannique des affaires étrangères et Theresa May, le premier ministre sont montés sur le créneau et ont validé ces accusations. Certains faiseurs d’opinion connus sous le nom « d’experts » n’ont pas hésiter à accuser le président Putin en personne d’avoir ordonné cette opération.

Nous allons vous épargner les passes d’armes diplomatiques entre les 2 pays pour rappeler que ce n’est pas la première fois que la Grande Bretagne accusait, sans preuve formelle, la Russie d’assassiner des Russes exilés sur son territoire. Dans le passé, elle avait fait des accusations du même genre sur le décès d’Alexander Litvinenko au Polonium, de Yushchenko à la dioxine ou de celui du milliardaire Boris Berëzovski (qui avait demandé l’amnistie au président Putin et aurait exprimé son désir de rentrer dans la mère-patrie), suivis de la même propagande négative sur la Russie. Evidemment, tous les gouvernements des pays alliés de la Grande Bretagne et leurs medias que certains appellent « presstituées » se sont mis de la partie pour accuser et proférer des menaces de sanctions contre la Russie. Boris Johnson, qui pourrait devenir le prochain premier ministre de Grande Bretagne a même comparé la prochaine coupe du monde en Russie aux Jeux Olympiques d’Hitler de 1936, provoquant le courroux des autorités russes.

Ceux qui savent comment procèdent nos « amis » britanniques et leurs semblables occidentaux peuvent aisément tirer des conclusions sur les véritables commanditaires de l’empoisonnement de Sergei Skripal. Que ceux qui ont des doutes sur les véritables responsables de la tentative d’assassinat de Sergei Skripal et de sa fille répondent aux questions suivantes : Pourquoi la Russie essaierait-elle d’assassiner un agent à la retraite qu’elle avait auparavant emprisonné pour haute trahison avant de l’échanger contre dix agents arrêtés aux Etats-Unis sachant que cet acte lui ferait mauvaise presse a la veille de la coupe du monde de football qu’elle organise? Pourquoi essayer d’éliminer un agent ne représentant aucun enjeu politique en utilisant un gaz dangereux à manipuler  et inefficace pour ce genre d’opérations? Il aurait été plus facile et discret de le faire écraser par une voiture, de lui fourrer une balle dans le corps ou de le faire éliminer à travers une fausse agression. Pourquoi utiliser un gaz neurotoxique qui bien que retrouvé dans plusieurs laboratoires à travers le monde, notamment anglais et américains incriminerait d’abord la Russie qui en est le fabricant originel ? Est-ce une coïncidence qu’un laboratoire britannique d’armes chimiques, Porton Down, se trouvât à 15 kilomètres du lieu ou l’on a trouvé Skripal et sa fille ? Il faut être stupide pour procéder de cette façon et les Russes, remarquables par leur grande profondeur stratégique et leur intelligence mathématique ne le sont évidemment pas. Tout semble indiquer que la tentative d’assassinat de Sergei Skripal et les attitudes provocatrices des autorités britanniques font partie de la guerre que le monde Occidental mène à la Russie.

Cette guerre contre la Russie n’est pas nouvelle, le Sphinx Hebdo l’a déjà évoquée dans d’autres articles. Mais limiter cette hostilité aux seules autorités britanniques serait ignorer une grande partie du tableau. Les responsables britanniques ne sont que le porte-parole de l’élite Occidentale globale qui elle-même sert de garçons de course aux Maitres du Monde, notamment la très petite élite financière encore appelée Banquiers Internationaux qui tiennent la réalité du pouvoir dans les pays Occidentaux. C’est cette élite qui, tirant les ficelles derrière les rideaux a imposé au président Barack Obama, un homme politique au tempérament visiblement pacifiste, une politique belliqueuse et impérialiste. Le président Putin qui vient de gagner aisément les élections présidentielles pour un quatrième mandat est leur cible de choix car il est le symbole de la renaissance russe. C’est régulièrement que la presse Occidentale le présente comme un dictateur brutal. Il est en réalité l’homme qui, rejetant le rôle de vassal auquel on destinait son pays, a bâti à partir des cendres de l’Union Soviétique, la nouvelle Russie, un pays fort, prêt à défendre ses intérêts à travers le monde et qui s’oppose au Nouvel Ordre Mondial si cher aux Maitres du Monde.

C’est la même élite mondiale qui dans sa profonde aversion pour des dirigeants indépendants mène une guerre sans merci au président Donald Trump. C’est parce qu’il l’a compris que ce dernier s’efforce de garder des relations cordiales avec son homologue et allié russe au plus grand chagrin de l’establishment américain soumis aux Maitres du Monde. C’est d’ailleurs pour ternir la crédibilité du président Trump que l’on accuse sans aucune preuve la Russie d’avoir interféré dans les élections présidentielles américaines passées en sa faveur. Et ceux qui lisent les articles du Sphinx Hebdo savent que c’est cette même élite qui à travers le FMI et Banque Mondiale, des ONG, les medias, certains vaccins, les maladies virales, les Organismes Génétiquement Modifiés mène une guerre multiforme contre l’Afrique. Le fait que la Russie semble s’intéresser à nouveau à l’Afrique pourrait être exploité par les Africains. Ce pays a été l’allié idéologique des pays africains qui combattaient l’oppression et la domination Occidentales. Elle a un passé de soutien aux mouvements de libération en Guinée-Conakry, en Algérie, Egypte, Angola pour ne citer que ceux-là.

L’Afrique et la Russie ont toujours le même adversaire et peuvent donc redevenir partenaires dans ce combat. La Russie pourrait utiliser cette alliance pour mettre la pression sur l’Europe qui dépend presqu’entièrement de l’Afrique pour son approvisionnement en matières premières alors que cette dernière pourrait l’utiliser pour contrer l’Europe et réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine. Par ailleurs, ces deux entités peuvent exploiter les opportunités d’affaires qui se présentent. Dans l’état actuel des choses, la Russie a son armement et sa technologie à offrir alors que l’Afrique a d’immenses ressources naturelles à mettre sur la table. La Russie a par exemple construit un système de communication électronique équivalent à internet et un système de trafic des transactions financières en compétition avec le Swift (Society for the Worldwide Interbank Financial Telecommunication) américain. Le Swift, basé en Belgique (un satellite américain), est le système à travers lequel se font les transactions financières dans le monde. C’est l’une des outils qui a été utilisé pour des sanctions contre l’Iran.

C’est ici l’occasion ici de rappeler que les Chinois ou les Russes ne sont pas nécessairement des amis de l’Afrique et ils n’ont pas besoin de l’être. Ils sont des alliés de circonstances comme le disait Paul D Bekima dans son article intitulé Tentative De Recolonisation De L’Afrique : Les Leçons De l’Amérique à l’Afrique. Nous pensons d’ailleurs que comme les Occidentaux, les Russes ou les Chinois n’ont pas d’intérêt au développement industriel de l’Afrique. Ils gagnent plus lorsqu’ils traitent avec des partenaires vulnérables et faibles. Dans le même esprit, les Russes ou les Chinois n’enverront pas leurs soldats mourir pour l’Afrique. Par exemple, c’est volontairement que les Russes ont laissé le Colonel Kadhafi se faire assassiner. Ils savaient évidemment avant même que les hostilités n’éclatent que le plan ultime des Occidentaux était l’élimination du Colonel Kadhafi qui s’était rapproché de l’Europe au détriment de la Russie. En plus, celle-ci était en pleine reconstruction et désirait garder de bonnes relations avec l’Occident dont elle espérait tirer une partie du capital financier dont elle avait besoin. C’est aussi la raison pour laquelle elle a laissé faire en Irak ou en Afghanistan. En Syrie, elle est intervenue parce que ses intérêts économiques et géostratégiques étaient menacés. Et c’est de bonne guerre.

Cela dit, en prenant en considération les discours généralement pacifistes du président Putin, son attitude conciliatrice face aux Occidentaux, son rôle réparateur dans la crise syrienne, sa sage gestion de la crise avec la Turquie lorsque celle-ci abattit un avion de chasse russe, nous pensons que la Russie du président Vladimir Putin est plus crédible que les pays Occidentaux. Les pays arabes s’en sont rendus compte et ont commencé à migrer vers elle, qui pour l’heure, est sans aucun doute notre meilleur rempart contre les assauts répétés de nos ennemis. Nous devons profiter de la protection de celle-ci pour développer sereinement et dans l’ombre les instruments endogènes de notre sécurité.

Gabriel Makang pour le Sphinx Hebdo

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