L’article 35 de la Constitution : Un deuxième Judas à moitié repenti reviendrait-il au galop ?

L’article 35 de la Constitution : Un deuxième Judas à moitié repenti reviendrait-il au galop ?

La Coalition nationale pour le changement (CNC) a vu le jour que les Ivoiriens soupirent, parce qu’ils voient leurs espérances renaître. Dans l’histoire de tout pays, les élites ou les « plus éclairés » que la moyenne des citoyens, trouvent toujours comme substance et sève, les voies et moyens qui conviennent pour contribuer au bien-être du peuple.

Par ailleurs, il n’est pas exclu dans une coalition – surtout dans le cas d’espèce de celle qui vient de naître en Côte d’Ivoire – qu’il y ait des ratés, de la cacophonie pour cause d’ajustements motivés par le jeune âge de ce creuset. Pour autant, il devient rédhibitoire dans la démarche de quelques leaders de mettre les populations dans une impasse pour des calculs inavoués.

L’article 35 de la Constitution ivoirienne n’est-il pas à débattre pour son respect ?

Celui qui avait claqué la porte à Marcoussis parce qu’il entendait soutenir – à juste titre – le sens de la dignité d’un peuple ; mais ce même qui n’a pas pris ses responsabilités quand le pouvoir était vacant en 2010, nous avait semblé se repentir – en trouvant son aîné, son ancien camarade, pour parler de la pose de jalons d’une coalition -, cultive des positions qui questionnent plus d’un Ivoirien. On pensait qu’après une longue introspection, celui que les Ivoiriens voyaient comme le deuxième Judas – en réalité le premier – commençait à reprendre un rôle qu’on attend de lui.

Dans ce rôle qui consiste à avoir une approche cohérente et pertinente, il convient de poser les problèmes clairement mais dans le cadre qui convient. Ce cadre est aujourd’hui la CNC. De deux choses l’une, soit il pose clairement le problème de l’article 35 comme il l’entend, en faisant des propositions concrètes à ses partenaires, par derrière pour que la dynamique de construction soit maintenue ; soit parce qu’il reste en mission de « sauver » Ouattara, rompt courageusement au vu et su de tout le monde, et en toute responsabilité le rang de la CNC.

Sinon les sorties intempestives d’un personnage du niveau confirmé que nous savons – et dont l’importance ancienne du fait de la personnalité qu’il incarnait, avait fait rêver plus d’un –, deviennent difficiles à suivre. Dans l’état actuel du pays, il est inconvenant voire insupportable pour les Ivoiriens qu’une personnalité d’un tel rang veuille une chose et son contraire. Lui qui a claqué la porte de Marcoussis sait bien qu’il était prévu la révision de l’article 35.

Laurent Gbagbo ne pouvait pas le faire parce que le pays était coupé en deux. Mais en début de sa mandature, celui qui avait coupé le pays en deux, a promis cette révision. En tout cas, rien ne l’en empêchait parce qu’il a réunifié le pays. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Cette attitude qui consiste à ruer dans les brancards lorsqu’il est ainsi posé des questions institutionnelles et à faire des amalgames, parfois avec le concept de « l’ivoirité » devient plus que troublante.

La prise en otage des Ivoiriens est une attitude malsaine et irresponsable par rapport aux souffrances auxquelles ils sont en proie.

A cette étape de l’histoire de la Côte d’Ivoire, il conviendrait que certaines choses soient dites pour que les différents acteurs prennent leurs responsabilités en connaissance de cause. On peut s’accorder pour dire que dans la lutte qui est menée pour que le pays recouvre sa quiétude, tout le monde est utile mais personne n’est indispensable. Il semble que c’est par souci de valoriser chacun, que des approches sont faites dans le sens de « l’arrondissement des angles ».

Sinon, qu’est-ce qui donnerait plus de droit à ceux qu’on convient d’appeler leaders ou élites que les autres citoyens ? Les premiers ont eu la chance de faire des études et/ou d’avoir réussi leur parcours social. Les seconds peut-être parce que les pesanteurs de leur environnement immédiat, n’ont pas favorisé leur réussite et/ou leur épanouissement, admirent les premiers, ont un grand respect pour eux si ce n’est parfois de la déférence à leur endroit.
A trois mois des élections présidentielles, il conviendrait de rapprocher les différents paramètres objectifs aux fins de les examiner par rapport aux enjeux et aux intérêts du peuple.

Il faut noter que le fait que les populations veuillent une opposition unie n’est pas forcément une question d’arithmétique. C’est surtout une question d’image. Certains parce qu’ils ont été promus par Laurent Gbagbo, dégagent à cet effet potentiellement une image qu’il convient de prendre en compte dans le paysage socio-politique du pays. Quand bien même, on sait qu’ils n’amèneront pas de leurs militants pour doper l’effectif de la CNC.

En tout état de cause, devant les souffrances des populations et le temps qui nous sépare des élections présidentielles, il faudrait faire la part des choses. S’il peut sembler établi que les deux Judas, par un accord tacite, sont en collusion pour accompagner Ouattara, il faudra le consommer et rompre le contrat avec le Judas qu’on espérait être complètement revenu à de meilleurs sentiments. Un Judas est aujourd’hui clairement identifié et le traitement à lui opposer est connu. Si l’autre potentiel Judas veut franchir le pas, c’est plus simple de connaître l’état des lieux exact pour que les autres acteurs en conséquence.

Pourquoi le Judas supposé repenti doit-il clairement choisir son camp ?

Le Judas confirmé a tenté de briser le FPI pour le compte de Ouattara en vain. Le repenti est-il en train de revenir au galop pour briser la CNC ? Si c’est la logique de la primauté de la solidarité au sein de l’Internationaliste libéral sur les intérêts du peuple, celui qui imprimait une ligne depuis les années 2004 notamment en pourfendant les politiques libérales des impérialistes – se traduisant en plans d’ajustement structurel – sur les pays fragiles, ne doit pas ajuster ses positions au gré de ses seuls intérêts personnels. Cet homme a été un moment en communion avec le peuple.

Qu’en est-il réellement du mot d’ordre (pour le 20 juillet) lancé par Samba David et Sébastien Sanou au siège de Lider ?

Ces deux acteurs ont tenu une conférence de presse pour prendre des décisions graves par rapport à la vie du pays. La CNC a été engagée sans que la plupart des autres animateurs aient été consultés. Il convient d’analyser l’acte pour en savoir la substance et identifié le dessein. Il peut arriver qu’on ait des moments d’égarement dans la vie surtout en politique. Mais le plus vite la position est clarifiée, mieux c’est pour tout le monde.

Au total, on n’a pas le droit de jouer ainsi avec la vie d’un peuple. Il est établi qu’avec des Judas ou pas dans les rangs des démocrates ivoiriens, le pays doit être libéré. Mais mieux vaudrait les mettre hors d’état de nuire. A défaut, les conséquences peuvent être désastreuses pour plusieurs générations.

Claude Koudou

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