Le Burkina entreprend la réforme de sa justice décriée sous Compaoré

Le Burkina entreprend la réforme de sa justice décriée sous Compaoré

Le Burkina Faso entamera mardi le processus de réforme de son système judiciaire décrié sous le régime du président déchu Blaise Compaoré, à l’occasion d’états généraux qui doivent accoucher d’un pacte garantissant “l’indépendance” de la justice, a annoncé lundi le gouvernement burkinabé.

Les travaux des plus de 2. 000 participants ont pour but de définir d’ici à samedi les moyens de “rendre effective l’indépendance de la magistrature” et “réhabiliter la confiance entre les citoyens et la justice”, a indiqué le gouvernement dans un communiqué transmis à l’AFP.

Les états généraux “déboucheront sur des engagements à prendre par diverses catégories d’acteurs du paysage juridique et judiciaire à travers un +Pacte National pour le renouveau de la Justice+”, a précisé la même source, évoquant l’importance de “refaire de la justice le socle de la démocratie et de l’Etat de droit”.

Le président Michel Kafando avait annoncé en décembre la tenue prochaine d’états généraux de la justice “dans l’optique de concevoir des réformes hardies et appropriées”.

La justice était décriée sous le régime du président Blaise Compaoré, renversé par la rue en octobre après 27 ans de règne et remplacé par un gouvernement de transition en attendant des élections en octobre.

Citoyens, presse, ONG et même gouvernants dénonçaient constamment la corruption rampante et l’impunité érigée en système de gouvernance alors que des membres du gouvernement Compaoré avaient reconnu publiquement que des juges étaient acquis au pouvoir.

La justice sous Compaoré avait été épinglée pour avoir été incapable de se saisir d’affaires emblématiques, notamment les dossiers Thomas Sankara et Norbert Zongo.

Le président Thomas Sankara a été assassiné dans des conditions encore peu claires durant le coup d?État ayant porté Blaise Compaoré au pouvoir en 1987. Le journaliste Norbert Zongo a été tué en 1998 alors qu’il enquêtait sur la mort d’un chauffeur de François Compaoré, le frère de l’ancien président.

Les attentes actuelles vis-à-vis de la justice incluent en outre l’enquête sur la mort de manifestants tués par balle lors de l’insurrection populaire qui a chassé M. Compaoré du pouvoir.

Une Commission de réconciliation a déjà été officiellement mise en place le 13 mars pour enquêter sur des crimes du régime Compaoré.

Source: Jeune Afrique

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