Le calme est revenu à Diégonéfla après le passage des habitants de ‘’Scierie Jacob’’

Le calme est revenu à Diégonéfla après le passage des habitants de ‘’Scierie Jacob’’

Le calme est revenu à Diégonéfla après le saccage, samedi matin, de la brigade de gendarmerie, suite à la mort tragique de deux jeunes du village de ‘’Scierie Jacob’’, localité située à 7 km de Diégonéfla, chef-lieu de sous-préfecture  et à 14 km d’Oumé, le chef-lieu de département, sur la nationale Gagnoa-Yamoussoukro/Toumodi, a constaté lundi sur place l’AIP.

Sur place à Diégonéfla, la brigade de gendarmerie offre un spectacle de désolation. Portes, fenêtres, et antivols ont été saccagés, les climatiseurs et le poste téléviseur emportés sur leur passage par ‘’un millier de personnes venues tout droit de ‘’Scierie Jacob’’, a expliqué à l’AIP, le commandant de brigade interrogé sur les circonstances de la survenue des événements malheureux.

Selon le commandant de brigade, dans la nuit de vendredi à samedi, des gendarmes étaient en faction à “Scierie Jacob’’, pour parer à toute éventualité, une recrudescence du grand banditisme ayant été constatée à Diégonéfla et ses environs, ces derniers temps. ‘’Tard dans la nuit, ces gendarmes ont fait un signe à partir de leur torche à trois personnes sur une moto venant de Diégonéfla, leur demandant de s’arrêter, ceux-ci n’ont pas obtempéré et ont poursuivi leur route en vitesse et sont rentrés dans un camion benne stationné sur le côté droit à quelques mètres du barrage des marrée-chaussées.

‘’Le choc entre l’engin à deux roues et la benne a occasionné la mort sur coup du conducteur de la moto, Ouédraogo Edmond, né le 23 décembre 1988 à Oumé, apprenti-chauffeur. Evacués à l’hôpital d’ Oumé, l’un des deux autres occupants de la moto, Sawadogo Mitoub Tchéta Parfait, né le 28 mars 1999 à Oumé, élève en classe de 5ème au Lycée municipal de Diégonéfla, a succombé à ses blessures’’, a-t-il encore expliqué, notant que suite à ce drame, les habitants de ‘’Scierie Jacob’’ armés de gros bois, de gourdins et de pilons sont venus saccager samedi la brigade de gendarmerie, en représailles à la mort des deux jeunes gens de leur village.

Le patron de la brigade de gendarmerie de Diégonéfla n’a pas pu chiffrer les dégâts matériels causés par le  passage des habitants de ‘’Scierie Jacob’’, lors de son entretien avec l’AIP, estimant que c’était trop tôt.

Pour les habitants de ‘’Scierie Jacob’’, rencontrés également par l’AIP Gagnoa, depuis quelques jours, ils subissent des rafles systématiques et le contrôle tous azimuts des pièces de leurs motos. Et les choses ont empiré le 10 mars. Ce jour-là, expliquent-ils, les gendarmes, sans informer les chefs de village et de communautés, sont venus procéder à une rafle, aidés d’éléments FRCI et des Dozos. Des domiciles ont été visités, et des personnes trouvées dans le vidéoclub du village ont été dépouillées de leurs portables et argent par les forces de l’ordre qui leur ont seulement restitué les portables, en partant.

Puis, poursuivent-ils, le lendemain mercredi 11 mars, ces forces de l’ordre sont revenues à la charge et ont demandé aux populations de rentrer. A notre réveil, un kiosque a été attaqué et tout a été emporté, on a aussi arraché son portable plus 5.000 FCFA à dame Catherine. Puis, le vendredi 13 mars, à l’arrivée des forces de l’ordre, le drame est survenu avec les deux morts et le troisième blessé grave dans le coma, Nana Mohamadi, né le 02 février 2000 à Noessin Poaba, au Burkina Faso, élève en classe de 5ème au collège Marseh de Diégonéfla. Lequel a été évacué lundi matin au CHU de Yopougon, selon le président de la jeunesse et porte-parole du village.

A la suite de ce drame, les gens se sont réveillés en colère et on a vu un gendarme et un FRCI venir faire un barrage au village, ça a fait monter la colère du village d’un cran et quand des convois des camarades de classe des deux élèves victimes sont venus à ‘’Scierie Jacob’’, la foule n’était pas maîtrisable et dans son élan, elle a marché vers Diégonéfla. Dans ce mouvement de colère, nous les populations villageoises de ‘’Scierie Jacob’’, nous ne sommes pas en mesure d’affirmer que ceux qui ont saccagé la brigade de gendarmerie sont partis du village, relève le porte-parole, entouré du chef central du village et des chefs des communautés Baoulé, Sénoufo et Burkinabé.

Selon les témoignages recueillis de sources concordantes à Diégonéfla, suite au drame survenu à ‘’Scierie Jacob’’, les villageois ont convergé, en masse, samedi matin à Diégonéfla, de gros morceaux de bois, des gourdins et des pilons en main, et se sont dirigés à la brigade de gendarmerie à l’entrée opposée de la ville, route de Gagnoa, pour la saccager.

Lundi, a l’arrivée de l’AIP Gagnoa à ‘’Scierie Jacob’’, de hauts gradés de la gendarmerie et plusieurs éléments à bord d’un véhicule de transport de troupe étaient présents dans le village. Les hauts gradés ont échangé avec les chefs de village et de communautés et prôné l’apaisement, de source villageoise.

Le village ‘’Scierie Jacob’’ est, à l’origine, un campement créé de toutes pièces par les employés d’une scierie appartenant à un propriétaire européen, dont le village porte le nom, scierie fermée depuis plus d’une vingtaine d’année, a appris l’AIP de source villageoise.

ja/akn/ask

Source: AIP

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One comment

  1. Sans commentaires!

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