Le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) écrit aux présidents des républiques du Burkina Faso, de Guinée, du Mali et du Niger

Le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) écrit aux présidents des républiques du Burkina Faso, de Guinée, du Mali et du Niger

Excellences messieurs les présidents de ces quatre pays frères de la Côte d’Ivoire,

Avec tout le respect dû à votre haut rang, avec toute la sincérité et tout le sens du pardon qui caractérisent les victimes ivoiriennes que nous sommes, vous voudriez bien excuser et comprendre que ce soit par le biais des médias que nous vous écrivions ces quelques mots.

Des mots, s’il vous plaît, à porter à la connaissance de vos compatriotes qui vivent chez nous et qui, comme des mules, s’entêtent ou persistent dans l’ignorance de leur place véritable au sein du peuple ivoirien qui les a reçus à bras ouverts pour certains, dans la plus totale des illégalités pour des millions d’autres. Vous voudriez bien excuser notre style on ne peut plus direct, mais un style qui n’a rien à voir avec la moindre des irrévérences, quand bien même il serait caustique ou cru.

Excellences messieurs les présidents, vous n’êtes pas sans savoir que la cruelle rébellion qui a ôté la vie à des milliers d’Ivoiriens depuis le 19 Septembre 2002 est partie du Burkina Faso et compte en son sein un grand nombre de vos compatriotes, à ce jour. Friands d’argent facile, beaucoup de ces coupe-jarrets avaient souscrit au programme de désarmement et de démobilisation. Un acte qui pour nous, leurs victimes, relève de la simple théorie dans la mesure où il y en a encore parmi eux qui détiennent des armes de guerre par devers eux, à domicile ou bien à certains postes de contrôle ou corridors illégaux, au vu et au su de ceux, désormais impuissants face à eux, qu’ils ont contribué à porter au pouvoir de la façon que toute opinion sait. Venus en Côte d’Ivoire pour se forger un mieux-être, beaucoup de vos compatriotes s’agitent un peu trop et se mêlent de ce qui ne les regarde pas, au point même de vouloir nous donner des leçons dans nos propres affaires.

Excellences messieurs les présidents du Burkina, du Mali, de Guinée et du Niger, au moment où nous vous écrivons ces lignes, notre pays, la Côte d’Ivoire, est à un virage important de son histoire. Quand bien même les forces légales de l’ordre sont sans armes par la volonté inique du régime en place, il est désormais clair que notre peuple, plus que jamais déterminé à reprendre son destin en main, ne se laissera pas conter ou intimider par des brigands qui veulent nous imposer leur encombrante et nuisible invasion. Inutile de rappeler que notre démographie, totalement bouleversée et nos efforts de développement en souffrent terriblement, sans verser dans la moindre des xénophobies. Nous ne nous attarderons pas à spéculer ici sur le taux exorbitant des étrangers sur notre sol et à éplucher le tristement riche catalogue de leurs méfaits sur fond de mafia. L’ouest de la Côte d’Ivoire en est largement une preuve, grandeur nature, avec nos parcs, réserves et forêts classées occupés par vos compatriotes en armes qui y pratiquent des trafics en tous genres.

Le but de la présente lettre, très honorables et respectés présidents, c’est, de signifier à tous ces expatriés de vos pays vivant chez nous que notre refus du référendum taillé sur mesure ne les concerne pas. Les papiers frauduleux d’identité qu’ils détiennent, ils devraient dès à présent les détruire et pouvoir rester tranquilles. Ceci est un véritable conseil de fraternité et de sagesse à leur endroit. Vos compatriotes n’ont pas à se mêler de politique chez nous, de la même façon que les Ivoiriens n’ont jamais regardé dans votre cuisine politique. En toute sincérité, pour sa survie, le peuple de Côte d’Ivoire est prêt à remettre son pays sur les rails de la démocratie, les mains nues. Mais alors, gare à quiconque voudra le détourner de ce noble objectif ou à l’en empêcher !

A voir ce qui se passe à La Haye et même au palais de justice d’Abidjan avec les procès truqués contre Laurent et Simone GBAGBO, tous ces étrangers qui nous ont attaqués devraient pouvoir se raviser : plus aucune aviation militaire venue de France ne volera au secours d’assaillants ou de hors-la-loi qui n’ont que trop sévi en Côte d’Ivoire, avec en prime une criarde impunité ! Pour tout dire, ce sera tant pis pour quiconque se prévaudra de sa propre ignorance, de tout comportement chronique de brute ou de tout sentiment de convoitise incontrôlée. Le peuple de Côte d’Ivoire n’a que trop souffert et veut arracher sa liberté des mains de l’impérialisme français et ce ne sont pas ses paravents ou boys africains qui vont l’en empêcher !

Excellences messieurs les présidents du Burkina Faso, du Mali, de Guinée et du Niger, tout, tout sauf votre respect et avec votre plus qu’honorable permission, nous avons dit. Messieurs les présidents, veuillez recevoir et traduire à vos peuples respectifs nos vibrants hommages à Thomas SANKARA, Modibo KEÏTA, Ahmed Sékou TOURE et Hamani DIORI ! Merci.

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel Caleb, le 23 Octobre’16

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