Le Commandant Anselme Séka Yapo dit Séka Séka lor de son procès: «Je suis sorti du pays parce que beaucoup de choses se racontaient sur moi»

Le Commandant Anselme Séka Yapo dit Séka Séka lor de son procès: «Je suis sorti du pays parce que beaucoup de choses se racontaient sur moi»

Le tribunal militaire d’Abidjan a suspendu, jeudi, le procès de l’officier de gendarmerie, le Cdt Anselme Séka Yapo dit Séka Séka, ex-Aide de camp de Simone Gbagbo, en ordonnant un ‘’supplément d’informations’’.

‘’Conformément à l’article 122, alinéa 3 du code de procédure militaire, nous ordonnons un supplément d’informations à l’effet de faire produire ou de produire le certificat de genre de mort concernant Yapo Akaffou Léon Arsène. A défaut de production de cette pièce, le tribunal ordonne l’exhumation du corps et commet le Pr Hélène Etté pour déposer dans un délai de 15 jours son ou ses différents rapports d’autopsie” a déclaré le président du tribunal, le magistrat Tahirou Dembélé, suspendant l’audience, après 5 h de débats.

Lesquels ont été marqués par l’interrogation du Cdt Séka Séka poursuivi pour ‘’désertion et violation de consignes, meurtre, coups et blessures, achat d’armes, blanchiment d’argent”, la comparution de témoins dont le ministre Joël N’guessan.

Comme les 7 autres prévenus, Séka Séka a rejeté les charges en son encontre. ‘’ Je ne me reconnais pas dans tous ces faits”, a-t-il déclaré, soulignant qu’il était à son ‘’poste” jusqu’à son départ d’exil ‘’la peur au ventre”, après l’arrestation du président Laurent Gbagbo.

‘’De décembre 2010 à avril 2011, je suis resté à mon poste de chef de la sécurité de la Première Dame Simone Gbagbo. C’est un message qui m’y a affecté et jusqu’à ce que je parte en exil aucun autre message n’est venu me signifier mon départ de ce poste” a expliqué le Cdt Séka Séka.

Selon lui, le Conseil constitutionnel ayant ‘’proclamé Laurent Gbagbo vainqueur des élections de novembre 2010 et qui a prêté serment, je continuais mes fonctions auprès de la première Dame où je faisais mon travail” a précisé à la barre l’officier de la gendarmerie.

Cependant, il a avoué reconnaître M. Ouattara comme président élu ‘’le 21 mai lors de sa cérémonie d’investiture”.

‘’ Bien avant, j’ai appelé le général Kassaraté le 11 avril après l’arrestation du président Gbagbo pour savoir la conduite à tenir. Il m’a dit de rester là où je suis à l’ONUCI et que le président Ouattara lui a demandé de mettre de l’ordre”, a-t-il ajouté.

‘’ Je suis sorti du pays parce que beaucoup de choses se racontaient sur moi ; J’avais peur et je suis parti la peur au ventre” a dit Séka Séka, reconnaissant de s’être servi d’un ‘’faux passeport” qui portait l’identité de son ‘’frère mais avec ma photo”.

‘’ Je demande la clémence du tribunal et la clémence du président Ouattara”, a-t-il plaidé.

Interrogé sur les faits de meurtre de Yapo Akaffou Arsène, chauffeur du ministre Joël N’guessan, porte-parole du parti présidentiel, Séka Séka a nié ‘’être l’auteur” en dépit du témoignage de M. N’guessan qui a affirmé voir ‘’Séka Séka à côté du corps de mon chauffeur en sang dans lequel il a plongé sa main avant de badigeonner le corps”.

Concernant les faits d’achat d’armes et de blanchiment d’argent, le prévenu a expliqué qu’il n’a pas ‘’souvenance que son compte en Lettonie ait servi de blanchiment d’argent” tout comme ceux logés aux Etats-Unis et en France.

En définitive, le tribunal face à beaucoup de zones d’ombre dans le dossier, notamment, l’absence du ‘’certificat de genre de mort” a décidé de renvoyer l’affaire à une date qui sera fixée après le dépôt des rapports du Pr Etté.

‘’La décision du tribunal nous satisfait dans la mesure où le principal témoin, le ministre Joël N’guessan a dit que la personne abattue par notre client n’est pas Franck N’douba comme il a toujours soutenu mais c’est Arsène Yapo, le certificat de genre de mort déterminera” , a déclaré Me Djirabou de la défense.

HS/ls

Source : APA

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