Le cyberactiviste Daouda Coulibay à Alafé Wakili: « Cher aîné, les 200 ne sont pas 200 »

Le cyberactiviste Daouda Coulibay à Alafé Wakili: « Cher aîné, les 200 ne sont pas 200 »

J’ai lu avec beaucoup de plaisir ta contribution dans la parution N° 3642 de l’Intelligent d’Abidjan (IA). Dans ce billet, tu as fait beaucoup de déclarations, mais tu t’ai aussi posé beaucoup de questions quant à l’impact réel des réseaux sociaux dans un État comme la Côte d’ivoire.

Cher aîné, avant de répondre à tes interrogations, je souhaite qu’on contextualise le débat afin que ceux qui nous suivent juste depuis ton billet dans l’IA, soient situées sur l’origine du « débat ».Tout est parti de ton   « Enquête » parut dans l’Intelligent d’Abidjan sur « ces « 200 » qui veulent diriger les Ivoiriens à la place du Président qu’ils ont élus ».

Tel est l’intitulé que tu as bien voulu donner à tes « investigations ». Dans cette tribune, tu déclarais sans sourciller « C’est clair: les deux millions (pardon les 200) qui croient être les plus forts et les plus nombreux, qui pensent qu’ils comptent plus que le suffrage universel, sont en fait manipulés avec leur plein gré pour faire disparaître les vrais sujets. »

Cher aîné, dit ainsi, c’est faire preuve de mépris vis-à-vis des problèmes de nombreux ivoiriens qui ont juste besoin de bien être social et non diriger à la place de Ouattara. Mais on ne va pas s’attarder sur ça!

Cher aîné, les médias sociaux sont aujourd’hui un canal de communication pour la puissance publique. Mais au delà, ils donnent l’opportunité aux citoyens de prendre part à la prise de décision. Comme tu as pu le remarquer, nous ne sommes plus dans une gestion verticale du pouvoir, mais plutôt horizontale. En un mot, le peuple n’est plus dans une posture descendante.

Désormais, il a son mot à dire. Le dernier rétropédalage du président de la république devrait être un signal pour toi. J’en veux pour preuve son discours du 1er mai où devant la nation, il a publiquement désavoué les décisions de ses ministres. « Après enquête, nous avons découvert que la mesure n’a pas été correctement respectée. On est allés jusqu’à 30, 50% d’augmentation. C’est inacceptable. J’ai décidé de l’annulation pure et simple de janvier 2016. Les factures seront corrigées » A-t-il Assommé ses collaborateurs en ces termes.

En moins de deux semaines, le commandant en chef du navire ivoirien est revenu sur la tonne des décisions impopulaires prises par lui et son gouvernement ( bon,en même temps il dit ne pas être au courant) Si ce n’est pas une preuve de la force des réseaux sociaux, comment on peut l’appeler cher aîné.

Pour rappel, depuis sa prise de fonction en 2011, je ne sais pas si tu l’ignores , mais Ouattara n’a parlé aux centrales syndicales que 2 fois. Je ne compte pas celle de mai 2015 parce que nous étions en période de campagne.

De mémoire de journaliste blogueur, je n’ai jamais vu le  »Tchefari » Ouattara reculer devant les revendications ou exigences d’une seule centrale syndicale en côte d’ivoire. Je peux me tromper mais si le président n’avait pas reculé, on ne serait pas loin du syndrome burkinabé ou du printemps arabe. Pour finir cher aîné, je tiens à te dire qu’aujourd’hui, toutes les organisations sérieuses ont intégré le web2.0.

Les gens dont tu parles, qui sont dans la vie réelle, ce sont elles qui animent les médias sociaux. Avant de te précipiter à évoquer la question de cette vie réelle, notes cependant qu’on n’a pas tous la chance de croiser ou saluer le président Ouattara dans un couloir ou un ascenseur. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui le lieu où moi le journaliste blogueur Daouda Coulibaly , je peux dire au chef que sa décision m’asphyxie sans pour autant passer pour quelqu’un qui lui en veut.

Encore une fois, le recul de Ouattara le 1er Mai doit être une preuve pour toi qu’il (le gouvernement) a intégré le web dans sa prise de décision. Pour ton information, sur les 36 ministres de Ouattara, 31 ont un profil ou page facebook et 11 un compte twitter. Le compte twitter de la présidence est très actif sur la toile. C’est pour te dire combien de fois eux mêmes sont plus conscients de l’importance des réseaux sociaux. Cher aîné, Ne soyons donc pas plus royalistes que le roi lui-même.

Cordiales et  sincères salutations, ton jeune frère Daouda Coulibay 

Source: lavoiedessansvoix

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