Le gouvernement burkinabè, a dans un décret adopté en Conseil des ministres, autorisé l’exhumation et l’expertise des restes du président Thomas Sankara.

Le gouvernement burkinabè, a dans un décret adopté en Conseil des ministres, autorisé l’exhumation et l’expertise des restes du président Thomas Sankara.

Le gouvernement burkinabè, dans un décret adopté en Conseil des ministres, ce 4 mars 2015, a autorisé l’exhumation et l’expertise des restes du président Thomas Sankara.

« Le troisième rapport est relatif à un décret portant autorisation d’exhumation et d’expertises des restes du Président Thomas Isidore Noël SANKARA. L’adoption de ce décret permet aux ayants-droit de feu Thomas Isidore Noël SANKARA, Président du Faso du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, d’ouvrir la tombe supposée contenir son corps et de faire procéder à toutes expertises nécessaires à l’identification ».

Extrait du compte rendu du Conseil des ministres du 4 mars 2015, qui autorise l’expertise de la tombe du père de la Révolution burkinabè d’Août 1983, mort assassiné dans des circonstances non encore élucidées, le 15 octobre 1987.

Communiqué. Cette autorisation intervient après un communiqué de presse de la veuve du président Sankara, Mariam Sankara, qui réfutait qu’aucun contact officiel n’a été établi entre les autorités et la famille sur ce dossier. Ce communiqué a été fait en réponse à une déclaration du Chef de l’Etat qu’un accord avait été trouvé avec la famille Sankara et que l’expertise de la tombe allait être ordonnée.

Il faut noter que l’adoption de ce décret fait écho à une promesse que le Président de la transition, Michel Kafando, avait faite le soir de son investiture officielle le 21 novembre 2014 où il indiquait que la tombe allait être rouverte.

Ancienne procédure. C’est donc une étape qui est franchie dans ce dossier, dans la mesure où une procédure portant assignation à la reconnaissance officielle du lieu de sépulture du président Thomas Sankara, enclenchée par la famille depuis octobre 2010 s’est soldée par une déclaration d’incompétence de la juridiction saisie.

Les premières réactions à cette décision du gouvernement burkinabè restent cependant mitigées. En attendant d’avoir l’avis de Me Bénéwendé Sankara, l’un des avocats constitués dans le dossier, que nous n’avons pas pu joindre dans la soirée, celle du porte-parole du Balai Citoyen, mouvement engagé aussi pour la lumière sur l’affaire, a donné la sienne.

Vers une autre étape. Pour Me Guy Hervé Kam, joint au téléphone par Burkina24, c’est une première étape. Mais « ce n’est pas l’étape la plus importante », a-t-il ajouté, indiquant que « l’étape la plus importante, c’est de saisir le juge du tribunal militaire pour la suite de la procédure ».

« Le tout n’est pas d’exhumer le corps de Thomas Sankara. Cela permettra de dire si oui ou non c’est le corps de Thomas Sankara. Ce que tous les Burkinabè savent, c’est que Thomas Sankara est mort et que justice doit être rendue », souhaite le porte-parole du Balai Citoyen.

« Non évènement ». Me Prosper Farama, avocat à la cour, estime que c’est « un non évènement », car pour lui, non seulement ce n’est pas le plus important, mais également, il juge que le gouvernement n’a pas compris les vœux de la famille Sankara.

«Ce qui a été demandé, ce n’est pas d’autoriser l’exhumation du corps. (Il faut) que la justice puisse dire et déterminer si effectivement la sépulture qui est censée être celle de Thomas Sankara est bel et bien celle-là et ensuite d’engager les poursuites, notamment que le ministre de la défense puisse donner un ordre de poursuite pour que la poursuite puisse être engagée », a relevé l’avocat.

Les martyrs de l’insurrection. Il faut ajouter aussi que le dossier Thomas Sankara n’a pas été le seul abordé par ce Conseil des ministres. Les crimes de sang commis sous l’ancien régime et pendant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre ont également été abordés.

Extrait. « Les dossiers les plus importants de crimes de sang en cours au Tribunal de grande instance de Ouagadougou concernent les affaires Thomas SANKARA, Norbert ZONGO, Boukary DABO, Flavien NEBIE, Salif NEBIE, les découvertes macabres au domicile de François COMPAORE, les crimes et délits contre les personnes et les biens commis lors de l’insurrection populaire de fin octobre 2014. Les grands dossiers de crimes économiques concernent essentiellement l’affaire Ousmane GUIRO.

Le Conseil a instruit le ministre en charge des dossiers à prendre les mesures idoines pour donner une suite diligente à ces grands dossiers en cours au Tribunal de grande instance de Ouagadougou ».

« Nous espérons que ce ne sera pas un feu de paille », a commenté Me Guy Hervé Kam, le porte-parole du Balai Citoyen.

Abdou ZOURE

Source: Burkina24

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