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Le jounal français “l’humanité” attire l’attention de Hollande sur Ouattara et ses opposants qui croupissent dans des prisons surpeuplées et insalubres.

Le jounal français “l’humanité” attire l’attention de Hollande sur Ouattara et ses opposants qui croupissent dans des prisons surpeuplées et insalubres.

Hollande, Ouattara et les embastillés

Le président français se rend dans une Côte d’Ivoire où des centaines d’opposants croupissent dans des prisons surpeuplées et insalubres.

Correspondance. Le bâtiment «C» de la célèbre Maca (maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) est a priori réservé aux bandits de grand chemin. Mais désormais, une bonne partie des personnes qui y sont incarcérées et y vivent dans une promiscuité extrême – cinquante à soixante individus dans une cellule insalubre – sont des prisonniers politiques, partisans réels ou supposés de l’ancien président Laurent Gbagbo. Que leur est-il reproché ? Des faits génériques qui tournent en général autour de l’accusation d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Il faut aller au-delà de l’aspect formel des procédures judiciaires intentées contre la plupart d’entre eux pour se rendre compte du nombre incroyable d’abus qui sont perpétrés derrière le masque menteur de l’État de droit et au-delà des slogans sur la nécessaire « lutte contre l’impunité », lancés à la volée par les dignitaires du régime d’Alassane Ouattara, ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI). Le numéro un ivoirien est arrivé au pouvoir le 11 avril 2011 suite à une crise postélectorale – son prédécesseur revendiquait lui aussi la victoire lors du scrutin présidentiel de 2010 – au bout de laquelle le président français d’alors, Nicolas Sarkozy, avait fait bombarder la résidence officielle de son rival afin de le contraindre à la reddition. Depuis, un pouvoir de type autoritaire, accusé de graves dérives ethnocentristes, règne à Abidjan et bénéficie de la complaisance de Paris, de Washington et des institutions financières internationales.

Ligoté pendant sept jours 
et brûlé à l’acide

Les histoires de nombreux pensionnaires de la Maca ont des points communs. Arrêtés lors de rafles consécutives à de mystérieuses attaques armées ou enlevés à leur domicile, ils ont souvent été retenus dans des lieux de détention illégaux ou à la Direction de la surveillance du territoire (DST). Beaucoup ont été torturés, comme Dominique Nemlin, ligoté pendant sept jours et dont la peau a été brûlée avec de l’acide. Selon un rapport d’Amnesty International intitulé « Côte d’Ivoire : la loi des vainqueurs », d’autres prisonniers ont été torturés à l’électricité par leurs bourreaux, qui tentaient de leur extorquer des aveux. Comme en témoignent de nombreuses images prises avec des téléphones mobiles…

Arrêtés, brutalisés… puis oubliés et surtout pas jugés pour les délits ou crimes qui leur sont reprochés. La majorité des prisonniers politiques – entre 750 et 1 000 individus selon le Front populaire ivoirien (FPI), principal parti d’opposition – ont rencontré un juge d’instruction tout au plus une fois, en dépit de la longue durée de leur détention préventive. À cet égard, l’histoire de Simon Pierre Ehivet, frère cadet de Simone Gbagbo, l’épouse de Laurent Gbagbo, est emblématique. Le 31 octobre 2012, au lendemain de la publication dans le quotidien français Libération d’un article sur sa sœur dans lequel il est cité – simple coïncidence ? –, il est arrêté, conduit à la Direction de la surveillance du territoire (DST) où il est accusé d’avoir attenté à la sûreté nationale, notamment en « volant des armes ». Arrivé dans les locaux des services de contre-espionnage où il séjournera pendant plus de deux mois, il sera interrogé sur ses activités au port d’Abidjan… où travaille plutôt son frère cadet. « On s’est trompé sur la personne », s’excusent les enquêteurs.

Qui ne le relâchent pas pour autant. Quinze longs mois plus tard, après avoir été transféré à la Maca, il est reçu pour la première – et dernière – fois par un juge d’instruction. Qui s’étonne que les policiers l’ayant accusé d’avoir volé des armes n’aient effectué aucune perquisition à son domicile. Après une expertise médicale qui certifie son bon état de santé mentale, Simon Pierre est renvoyé dans sa cellule. Depuis, plus rien. Il y a également les dignitaires du FPI. Quasiment tous ont séjourné en prison, avant d’être relâchés au compte-gouttes. Son président, Pascal Affi N’Guessan, a été arrêté après l’arrivée de Ouattara au pouvoir pour « atteinte à la défense nationale, complot contre l’autorité de l’État, constitution de bandes armées, participation à un mouvement insurrectionnel et rébellion », puis libéré plus de deux ans plus tard, en même temps que Michel Gbagbo, le fils aîné de l’ancien chef de l’État ivoirien – de nationalité française par sa mère –, et dix autres personnalités politiques. Depuis, ils n’ont plus jamais rencontré de juge.

Pas jugés, toujours mis en cause, en liberté provisoire, souvent interpellés par les services de police, ces opposants vivent en réalité dans une prison à ciel ouvert. Des centaines d’entre eux ont leurs comptes bancaires gelés depuis plus de trois ans et voient leurs domiciles illégalement occupés par des soldats gouvernementaux. Visée par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) tout aussi borgne que le pouvoir ivoirien et qui n’a jusqu’ici ciblé qu’un seul des deux camps belligérants de 2010-2011, Simone Gbagbo, l’épouse de Laurent Gbagbo, est confinée dans une résidence surveillée à Odienné, Alassane Ouattara refusant pour l’instant de la transférer à La Haye à la suite de son mari et de l’ex-leader des Jeunes Patriotes, Charles Blé Goudé. Les prisonniers politiques du bâtiment C de la Maca n’ont pas tous les moyens de se nourrir convenablement. Mais ils ont tous à leur portée un poste radio. Et ils sont nombreux à espérer que le président français François Hollande, qui sera à Abidjan ce 17 juillet, évoque publiquement leur sort face à son homologue ivoirien, qui dépend trop de Paris, notamment sur le plan militaire, pour rester trop longtemps sourd à des pressions insistantes.

Théophile Kouamouo

Source: Humanite.fr

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