Le Maroc, en pleine confiance, assure l’héritage colonial de la FranceAfrique (Par Douala Ngando)

Le Maroc, en pleine confiance, assure l’héritage colonial de la FranceAfrique (Par Douala Ngando)

Le Maroc a toujours pris parti pour Paris dans un tandem nuisible au Continent. Depuis que la France a décidé de rattraper sa culotte de pays de droit de l’homme qu’elle a perdu en plein vol, elle ne peut plus assumer officiellement ses adorables petits dictateurs d’où le renforcement de son tandem avec le Maroc qui assure par intérim, avec confiance et fierté, le lourd héritage colonial de la France-Afrique.

Les derniers rebondissement sur la santé du président Bongo qui s’est réfugié ou est en otage à Rabat, viennent rappeler, s’il en fallait, la mission assignée au, ou que s’est assigné en toute souveraineté le Maroc , comme satellite de la France pour l’exploitation de l´Afrique noir. Cette alliance ne date pas d’aujourd’hui. Je me souviens toujours quand nous étions tout petit, nous entendions parler de la participations des blancs à chaque fois qu’il y avait un coup d’état dans un pays Africain Francophone et on nous expliquait que c’était des Marocains pour ne pas accuser des Français. C’était assez récurrent et n’était pas très surprenant car nous expliquait-on, bien que reconnu comme étant l’un des pays fondateurs de l’OUA, le Maroc était responsable de l’ignorance du panafricanisme qui caractérise l’UA actuelle. Le Maroc est également celui qui avait appelé au boycott massif du sommet de l’OUA à Tripoli en 1982. Ce boycott avait fini par retarder la mise en place de l’UA, sous sa forme actuel, qui ne verra le jour qu’en 2002, grâce à Kadhafi. Il va finir par claquer la porte de l’OUA en 1984, en espérant se rattacher à l’UE. Seul le refus des Européens et la mort du fondateur de l’UA (Kadhafi) ramèneront le Maroc à réintégrer l’Union africaine, avec la même constance, être les yeux, les oreilles et le bras armé de Paris pour la séquestration des Africains.

Jusque-là donc c’était une mission classique presqu’officielle et connu de tous. La responsabilité supplémentaire ou nouvelle, assignée au Maroc, a commencé depuis quelques années, et coïncide exactement avec la période ou la France avait été pointée du doigt comme étant la plaque tournante, le refuge ou le repère des dictateurs Africains. C’était l’époque ou les Ahidjo, Bokassa, Mumbutu, Bongo etc.. venaient se recréer à Paris aux bonnes heures ou se réfugier une fois déchus. Depuis que la France a décidé de rattraper sa culotte de pays de droit de l’homme qu’elle a perdu en plein vol, elle ne peut plus assumer officiellement ses coups foireux d’où le renforcement de son tandem avec le Maroc qui assure par intérim, avec confiance et fierté, le lourd héritage colonial que la France ne peut plus assumer. Les dictateurs Africains et les membres de leur gouvernement, qui étaient tous initialement mécontents de cette rétrogradation de Paris à Rabat, sont à présent de plus en plus satisfaits de la tutelle Marocaine qui joue à la perfection son rôle, parfois, avec une certaine magnanimité, comme au Cameroun avec la CAN 2019. Le Maroc leur garantie un havre de paix en échange de leur mission préfectorale à la tête de leur pays contre leur peuple. Et ces chefs d’états apprécient vraiment car ils redoutent tous le jour ou leurs peuples vont simplement leur dire NON. Rappelons ici quelques cas les plus retentissant depuis les premiers balbutiements :

RCA : Le premier à expérimenter cette adversité pour ainsi dire, était l’empereur Bokassa. En 1979, Refugié dans son château en France après sa chute du trône ou il servait la France, il se vit proposer de quitter paris et d’aller se reposer au Maroc. En bon empereur Africain, il réussit à contenir sa fierté et décida de rentrer à Bangui ou il fut jugé, condamné et finalement relâché avant de mourir dans son pays. Il ne s’installera pas à Rabat.

Cameroun : Le deuxième sous-préfet de service à avoir gouté à cet affront fut le Président Ahidjo, le premier président du Cameroun « indépendant ». En 1982, le Président Ahidjo fut considéré comme un nationaliste, et fut invité à transmettre le pouvoir à Paul Biya avec les résultats spectaculaires que nous avons aujourd’hui. Apres ses bons et loyaux services rendus à la France, le président Ahidjo s’installa naturellement en France. Et quand il reçut l’ordre de quitter la France pour le Maroc, chargé d’émotion et de désillusions, il préférera sauver de ce qu’il en restait de sa fierté en allant au Sénégal. Condamné à mort par contumace, il décéda en 1989, il est toujours inhumé à Dakar. Il ne s’installera donc pas à Rabat.

Zaire, ancien RDC : Le troisième président à subir cet humiliation, et qui s’est finalement plié à la nouvelle règle, est le « Grand » Mubutu, l’ancien président du Zaïre. Le super roi du Zaïre avant sa chute avait été pouponné à Paris et Genève pour parfaire sa mission de la vente du Congo dans un dernier sursaut mais Kabila père ne le lui permettra pas. Chassé du pouvoir, dans sa fuite, sur le chemin de retour vers paris, le vieux Sese Seko, grand serviteur des blancs, apprit qu’il n’était pas le bienvenue, ni en France, ni en Suisse et que le Maroc lui ouvrait les bras. Le grand Marechal, n’en croyait pas ses oreilles et du se rendre au Maroc ou ses restes sont toujours enterrés au cimetière européen de Rabat. Il n’aura tenu que deux ans face au choc de la désillusion et de l’humiliation, loin de son royaume.

Cote d’ivoire : Pour la Cote d’ivoire les candidats du pèlerinage au Maroc sont nombreux et le Maroc aura certainement du mal, en cas de chute du régime actuel, à accueillir tous les prévaricateurs actuels de la Nation Ivoirienne. Il est donc primordial de prévenir cette chute. Ainsi le roi du Maroc, sa majesté Mohammed VI, assure le service après-vente du holdup électorale contre Gbagbo, alors que la France reste à la manœuvre. On ne se souviendra jamais assez de cette mémorable visite du roi du Maroc en 2014 alors que le président Ouattara était en soins intensifs en France pour une durée qui était indéterminée. Le Roi du Maroc prolongera son séjour pendant des semaines jusqu’au retour de Ouattara, et ceci pour démontrer qu’il n’y avait pas le feu possible en Côte d’Ivoire pendant l’absence de Ouattara, que les institutions de la République fonctionnaient normalement, et surtout que les intérêts du Maroc et de la France étaient en toute sécurité. C’était inédit mais c’était une séquence qui montrait que le Maroc assumait dorénavant son rôle de sous-traitant de la France en assurant le tutorat des pays Francophones d’Afrique. Une démonstration de force qui a fini par convaincre tous ces petits dictateurs qu’ils étaient désormais sous haute protection du roi du Maroc. Un véritable soulagement.

Depuis, le Maroc continue à étendre sa main mise sur la Cote d’Ivoire qui commence à avoir pour Capitale Rabat et non plus Paris. Ainsi les généraux troublions ne sont pas envoyés à Saint Cyr mais à Rabat. Et cela va plus loin, lorsque Guillaume Soro n’est plus contrôlable, ni par paris , ni par Ouattara, c’est une fois de plus le roi du Maroc qui assure la paternité de ces grands enfants de la France. On ne compte plus les visites de Soro à Rabat et toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver à rabat, afin de préparer le terrain dans l’éventualité d’une future Chute. Et cela d’autant plus que Paris avait affiché clairement des velléités à voir son chef de guerre d’une nuit traduit en justice, ce qui aurait déjà été fait n’eut été le talent de ce jeune loup à échapper à certains traquenards.

Monsieur Ouattara, après avoir bien rempli son rôle à la tête de la Cote d´Ivoire (Déposséder les Ivoiriens de leur richesse) a quant à lui une petite chance de séjourner dans sa villa de Mougins après sa mission, à condition qu’il transfère le pouvoir de façon pacifique. Par contre s’il s’obstine à se faire chasser du pouvoir par les Ivoiriens, alors il atterrira à coup sûr, à son grand étonnement, à Rabat, avec probablement Compaoré dans ses valises.

Le cas de Laurent Gbagbo est vraiment énigmatique car ce véritable président de Cote d’ivoire ne rêve que d’une chose : être auprès des siens dans son pays chéri, la Cote d’ivoire. Eh bien, cet inconstatable leader Africain est le préféré des grands pays Occidentaux qui se le dispute. Apres la fameuse offre refusée par Gbagbo de Obama au moment de la crise postélectorale, la Hollande a devancé le Maroc et depuis quelque jour la Belgique ne jure que par son désir ardent d’accueillir Laurent Gbagbo. Ce dernier a réitéré qu’il veut rentrer à la maison.

Burkina Faso : Blaise Compaoré est celui qui est véritablement tombé des nues, certainement parce qu’il était un soldat sans doctrine comme disait Sankara ou qu’il n’observait pas assez ce qui se passait autour de lui. Il n’arrive toujours pas à s’en remettre. Quand le peuple Burkinabais avait annoncé la fin des vendanges à Mr Compaoré, celui-ci, exfiltré par les forces Françaises, dans le convoi sur le chemin de sa fuite, se voyaient déjà flânant dans les rues de Paris, sans aucune nostalgie du Burkina, avec le sentiment de la mission accomplie : assassinat de Sankara, fin de la révolution, retour à la FrancAfrique et plaque tournante de toute les déstabilisations de la sous-région. Très vite Il va comprendre que les forces Françaises ne l’emmèneraient pas à Paris mais plutôt à Rabat. Il va protester auprès de Paris en patientant de l’autre cote de la frontière, avant de rejoindre finalement Rabat car Paris menaçait de le livrer au peuple. Il ne se remettra jamais de cette rétrogradation et tentera de Rabat de revenir au pouvoir, sans succès, pour prendre sa revanche sur Paris. Depuis cet échec programmé par Paris, il s’est rabattu en Côte d’Ivoire et ne se rend à Rabat que sporadiquement pour prendre quelques consignes ou pour les fractures des os. Il semblerait que l’assassin de Sankara ait des os fragiles. Avec regret, il enverra son petit frère jouir et veiller sur ses investissement à Paris mais même ce dernier est menacé d’extradition vers le Burkina, Paris voulant désormais paraitre propre. C’est vraiment une désillusion pour Compaoré qui est obligé de prendre la nationalité d’un pays qu’il a desservi alors que la France qu’il a servie lui donne un coup de pied au cul.

Cameroun : Yaoundé est déjà au courant que Paris ne sera pas le havre de paix espéré en cas de débâcle. Malgré la déception, le Cameroun s’est adapté , a défaut du cheval on va l’âne. Au Cameroun, les investissement du Maroc et de ses allies européens et arabes sont en augmentation. Les analyses montrent que les entreprises Marocaines au Cameroun sont une couvertures de ceux qui pillent le Cameroun. En tout cas Le Maroc se montre magnanime vis-à-vis du Cameroun son nouveau vassal, allant jusqu’à ne pas présenter sa candidature à la CAN 2019 pour ne pas froisser ses nouveaux sujets. Un effort apprécié par Yaoundé alors même que le Maroc brûle d’envie d’organiser la CAN. Pour preuve le Maroc est en train de rénover ses stades afin de pouvoir l’organiser en cas de glissement de la CAN de l’Egypte vers le Maroc et non du Cameroun vers le Maroc.

Gabon : Le cas du Gabon, le dernier en date, est proche de la perfection recherchée par Paris et Rabat. C’est une approche qui est déjà en expérimentation au Cameroun ou le président dirige le pays par vidéo et instructions depuis Genève. Dans le cas présent c’est Rabat qui est la nouvelle capitale du Gabon et lieu de résidence du président de la république. Une démonstration que les pays Francophones d’Afrique sont des colonies tellement sous l’emprise de Paris que la présence d’un président n’est pas nécessaire. En tout cas Rabat assure et dans sa magnanimité, permet aux Gabonais de voir leur président le temps d’un voyage de 24 heures ou à travers une vidéo. Que demande le peuple ?

Loin de dire Merci ou Bravo au Maroc, il faut quand même être reconnaissant au royaume chérifien, qui, bien que ayant le mauvais rôle, comble un vide dont les conséquences, bien que non prévisibles, abaissent quelques fois les tensions dans ces pays, une vraie soupape d’échappement qui retarde l’explosion. On peut voir une évolution positive du rôle positif du Maroc aux yeux des dictateurs Africains et les membres de leurs gouvernements, qui ne boudent plus le Maroc. La confiance est de mise et les dirigeants Africains investissent au Maroc au détriment de leur propre pays. Ils ont d’ailleurs repris du poil de la bette dans la brimade de leur population, avec la douce assurance de se retrouver très vite au Maroc en cas de réaction de la population. Il faut admettre qu’avec le Maroc, les inquiétudes d’un Biya, Nguesso, Deby, Bongo etc… sont balayées par la promesse et cette image flatteuse d’un retraité déambulant dans les rues paisibles de Rabat. En plus, Rabat soigne son image de pays équivalent à la France. Les dirigeants Africains savent désormais que le prestige du Maroc est telle qu’il préfère perdre une coupe des nations que de recevoir des pauvres Nègres sur son territoire. Bref Rabat fais mieux que Paris dans ce domaine.

Apres le vide laissé par le guide Kadhafi, le Maroc ne peut plus reculer et doit assurer à la perfection sa mission car la France a déjà penser à d´autres alliés qui pourront faire concurrence face à cette entreprise gigantesque d’esclavages dans toute une région en plein 21ieme siècle. En effet, le caractère obtus de la vision de Paris sur l´indépendance des pays Africains ne doit pas cacher sa lucidité sur la dimension de la tâche nécessaire pour maintenir les Africains sous le joug de l’esclavage. Ainsi, se sentant débordé par d’autre pays tels que la Chine, Israël et la Turquie, Paris est en plein négociation avec le Rwanda (désormais Anglophone) et le Ghana (Anglophone) pour soulager le Maroc sur d´autres front, alors que le Nigeria(Anglophone aussi) qui est le premier partenaire économique de la France en Afrique aide déjà beaucoup la France en Afrique central. Bref, la France est clairvoyante sur la nécessité de trouver les pays pour l’aider à farcir les pays Africains francophones qui sont bien sur les dindons de la farce. Et les heureux dictateurs n’auront que plus de points de chute dans leur fuite.

Douala Ngando

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