Le ministre de l’Economie du Vatican inculpé en Australie pour pédophilie

Le ministre de l’Economie du Vatican inculpé en Australie pour pédophilie

Le cardinal George Pell, argentier du Vatican, fait l’objet d’une enquête de la police sur des accusations de sévices sexuels sur enfant, qu’il dément catégoriquement. Âgé de 76 ans, il est le plus éminent ecclésiastique mis en cause dans une telle affaire. Il a été inculpé jeudi et est convoqué le 18 juillet devant un tribunal australien.

Le cardinal australien George Pell a été inculpé jeudi en Australie pour de multiples sévices sexuels sur enfants. Plus haut représentant de l’Église catholique en Australie, le prélat de 76 ans est aussi le numéro trois du Saint-Siège, dont il est le ministre de l’Économie depuis 2014, et par conséquent le plus éminent ecclésiastique mis en cause dans une affaire de pédophilie. Il est visé depuis 2016 par une enquête liée à ces accusations, qu’il dément catégoriquement depuis. Il avait été interrogé à Rome par la police australienne en octobre.

«La police de l’État de Victoria a inculpé George Pell pour des délits d’agressions sexuelles anciennes», a déclaré à la presse le commissaire adjoint de la police, ajoutant qu’«il y a de nombreux plaignants liés à ces accusations». L’officier n’a donné aucune précision sur les faits précis pour lesquels le cardinal est inculpé. Il n’a pas non plus répondu aux questions des journalistes, soulignant la nécessité de préserver l’intégrité de la procédure judiciaire.

George Pell est convoqué le 18 juillet devant le tribunal de première instance de Melbourne pour y être entendu. L’archidiocèse a indiqué que le prélat avait été informé de cette décision, ajoutant qu’il avait «de nouveau vigoureusement démenti les allégations». «Je suis innocent, ces accusations sont fausses», a par la suite déclaré George Pell devant la presse, avant d’annoncer son intention de rentrer dans son pays. «J’ai hâte d’avoir enfin l’occasion d’aller devant un tribunal», a-t-il affirmé.

Le Vatican a indiqué avoir accepté le congé réclamé par le cardinal australien George Pell, sans exiger sa démission. Dans un communiqué le Vatican précise que le pape François a été informé de la demande exprimée par le cardinal australien et qu’en l’absence de ce dernier, le Secrétariat à l’Économie du Saint-Siège continuera à fonctionner normalement.

Des faits qui remontent aux années 1970 et 1980

Les accusations ont été révélées durant l’été 2016, après la diffusion partielle d’un rapport de police par ABC. «C’est une affaire sur laquelle nous avons enquêté et sur laquelle nous enquêtons toujours», avait alors confirmé le commissaire principal de la police de l’État de Victoria. La chaîne australienne indiquait avoir obtenu huit procès-verbaux d’auditions de plaignants, de témoins et de proches, relatifs aux allégations portées contre le cardinal. L’enquête policière portait, entre autres, sur des accusations émanant de deux hommes, aujourd’hui âgés d’une quarantaine d’années, qui affirment avoir été victimes d’attouchements de la part du cardinal à l’été 1978-79. Un autre témoignage évoquait une scène lors de laquelle George Pell se serait montré nu devant trois garçons de huit à 10 ans, dans un vestiaire d’un club de surf de Torquay, pendant l’été 1986-1987.

Quelques mois avant ces révélations, George Pell avait longuement témoigné par visioconférence depuis Rome devant une commission d’enquête royale australienne. Celle-ci s’intéressait à la façon dont l’Église australienne avait réagi aux accusations de pédophilie visant des prêtres, datant pour la plupart des années 1970. Entendu trois fois dans ce cadre, le cardinal avait démenti en avoir eu connaissance tout en reconnaissant que l’Eglise catholique avait «failli» et avait connu une période «de crimes et de dissimulations».

Lire la suite sur lefigaro.fr

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*