Le Ministre Emile Guiriéoulou aux émissaires du pouvoir Ouattara: «Si le pouvoir veut qu’on discute, il faudra débuter avec Abou Drahamane Sangaré qui est sur place à Abidjan»

Le Ministre Emile Guiriéoulou aux émissaires du pouvoir Ouattara: «Si le pouvoir veut qu’on discute, il faudra débuter avec Abou Drahamane Sangaré qui est sur place à Abidjan»

Ce mercredi 18 juillet 2018, le bureau de la Coordination du Front Populaire Ivoirien en Exil conduit par son Président, le ministre Émile Guiriéoulou, a rencontré, dans la salle de conférence du Ghana Refugee Board (GRB), une délégation gouvernementale ivoirienne venue au Ghana à la rencontre des réfugiés ivoiriens dans le cadre des discussions tripartites gouvernement ivoirien-gouvernement ghanéen-HCR. Il faut noter qu’auparavant la délégation gouvernementale a rencontré les réfugiés urbains d’Accra dans la cour du GRB.

Cette délégation, conduite par Mme Dieket, première responsable de la DARA (Direction de l’Aide et de l’Assistance aux Réfugiés et Apatrides) du Ministère des Affaires Etrangères de Côte d’Ivoire, comprenait des représentants de plusieurs autres départements ministériels ivoiriens (Défense, Justice, Solidarité, Education nationale, Emploi). L’ambassade de Côte d’Ivoire au Ghana et le HCR Côte d’Ivoire étaient également représentés.

La partie ghanéenne comprenait le Secrétaire Exécutif et le Coordonnateur des opérations du GRB, le Directeur adjoint de la police de l’immigration et le HCR Ghana.

La délégation du bureau de la Coordination FPI était composée, outre le président Emile Guiriéoulou, des ministres Lia Bi Douayoua, Sécré Richard, Nguessan Yao Thomas, du Professeur Tano Félix, ancien membre du Conseil Constitutionnel, ainsi que de messieurs Idriss Ouattara, Fofana Youssouf.

Après les propos introductifs du Secrétaire Exécutif du GRB qui présidait la rencontre et les présentations de part et d’autre , le ministre Émile Guiriéoulou a pris la parole et a introduit son propos en disant: « Lorsqu’il y a palabre dans votre famille et que vous fuyez pour vous cacher chez le voisin, lorsque ce voisin vous appelle et vous dit que votre famille est là pour vous voir afin de parler, vous n’avez pas d’autre choix que d’accepter la rencontre sinon vous risquez de vous mettre en difficulté avec ce voisin, votre hôte. Nos frères ghanéens nous ont invités à vous rencontrer. Nous sommes donc là et nous pouvons parler en présence du voisin, témoin de circonstance. Quelles sont les nouvelles que vous nous apportez du pays ? ».

La Directrice de la DARA, chef de délégation, dira que leur visite entre dans le cadre des accords tripartites pour le rapatriement volontaire des réfugiés ivoiriens. Elle constate aussi que les personnalités ivoiriennes en exil ne sont toujours pas rentrées et aimerait entendre les motifs de leur maintien en exil.

A sa suite, le représentant du ministère de la Justice, a fait le point du suivi des prisonniers politiques ou encore détenus précieux, selon ses propres termes, comme par exemple le Ministre Assoa Adou qui font l’objet d’une attention particulière quant à leurs conditions de détention et leur santé. Il a dit qu’au niveau du ministère de la Justice, en tant que techniciens, ils font leur travail mais que les décisions politiques sont du ressort des autorités politiques car ces dossiers relèvent du domaine politique. Sinon, selon lui, le Ministre de la Justice fait preuve de bonne volonté.

Le Directeur Général de la Solidarité, représentant le ministère de la Solidarité, après avoir transmis les salutations de la ministre Koné Mariatou, a indiqué que celle-ci reste disponible et à l’écoute des réfugiés pour toute préoccupation qu’ils voudront lui soumettre.

Le ministre Emile Guiriéoulou reprend la parole pour dire que la question essentielle est celle de la réconciliation nationale et que tous les autres sujets viennent en second lieu pour accompagner la réconciliation. « Si nous sommes encore en exil, c’est parce que le gouvernement ivoirien ne fait rien pour favoriser la réconciliation nationale ni même en réunir les conditions. Or sans réconciliation, nous ne pouvons pas retourner en Côte d’Ivoire ».

Pour illustrer ce manque de volonté de réconciliation de la part du régime Ouattara, le ministre Emile Guiriéoulou a évoqué le cas des mandats d’arrêts internationaux émis contre plusieurs exilés sous des accusations fallacieuses. Il a mentionné les arrestations du ministre Koné Katinan et de lui-même en mars et avril 2018 par la police ghanéenne sur instigation du pouvoir ivoirien. Il a aussi fait cas du procès en assises envisagé contre des personnalités du FPI dont les ministres Assoa Adou (déjà en prison), Lia bi et lui. La situation du ministre Hubert Oulaye condamné à 20 ans d’emprisonnement pour des motifs qui frisent le ridicule, celle de Samba David qui a purgé à plusieurs reprises des peines, mais toujours détenu et bien d’autres ont été également été évoquées.

Le Ministre Emile Guiriéoulou a crié son indignation et son ras-le-bol en dénonçant le cynisme du régime ivoirien qui reste insensible face aux souffrances des exilés et qui certainement se satisfait de les voir mourir en exil et revenir au pays dans un cercueil comme ce fut le cas récemment pour Pol Dokoui. « Si cela peut concourir à l’émergence qu’ils prônent, qu’ils continuent ainsi. Mais qu’on ne gaspille pas l’argent du contribuable ivoirien dans des missions sans lendemain. »

Insistant sur l’arrogance et la suffisance du régime Ouattara qui se croit tout permis et qui traite tout le monde avec mépris, le Président de la Coordination a rappelé que le 6 octobre 2011, feu le Président Atta Mills avait arrangé une rencontre entre les exilés et monsieur Alassane Ouattara à l’occasion d’une visite de ce dernier au Ghana. Mais à leur étonnement, Monsieur Ouattata a refusé de les recevoir alors que la rencontre était programmée parce qu’acceptée par le chef de l’Etat ivoirien.

Poursuivant, le Président de la Coordination a dit à l’intention de la délégation « Nous aurions aimé avoir affaire à une délégation composée de ministres pour discuter des questions de fond mais nous avons tout même accepté de vous rencontrer malgré vos limites dans les réponses à nos préoccupations en raison de vos positions hiérarchiques et de votre mandat. Car, comme le dit un proverbe africain quand la calvitie arrive dans un village et qu’elle ne trouve pas de vieux, elle se pose sur la tête des enfants ». Il a donc demandé à la délégation de transmettre à leurs autorités l’urgence du dialogue car par leur faute, la situation sociale se dégrade et le pays risque une implosion qui sera préjudiciable à tous. Le ministre a clos son propos en disant « Nous sommes des ivoiriens. Notre pays nous manque. Cela fait plus de 7 ans que nous sommes ici contre notre gré. Dites-le à ceux qui sont là-bas et demandez-leur de créer les conditions du dialogue. Dans la vie, on n’est jamais fort tout le temps. »

Pour ce dialogue, il a tenu à expliquer à la délégation qu’au moins 90% des réfugiés et exilés au Ghana, au Togo, au Bénin, en Europe sont des militants du FPI qui se reconnaissent en Laurent Gbagbo dont Abou Drahamane Sangaré assure l’intérim. « Si, demain, Sangaré nous dit de rentrer nous rentrerons sans poser de question car nous nous reconnaissons en lui. Mais comment le ferait-il si le pouvoir d’Abidjan refuse de discuter avec lui ? Si donc le pouvoir veut qu’on discute, il faudra débuter avec Abou Drahamane Sangaré qui est sur place à Abidjan » a-t-il dit pour clore son intervention parfaitement illustrée qui n’a laissé personne indifférent.

Après avoir écouté d’une oreille bien attentive, la chef de la délégation a rassuré ses interlocuteurs qu’elle transmettra fidèlement à qui de droit ce qu’elle a entendu sans y ajouter ni retrancher quoi que ce soit. Elle a remercié les membres du bureau de la Coordination pour avoir accepté de les rencontrer et le Ghana Refugee Board qui a facilité et organisé cette rencontre

Le mot de fin est revenu au Secrétaire Exécutif du GRB, docteur Anani Kofi, qui a dit que les préoccupations évoquées ce jour sont celles que la Coordination a toujours porté à leur connaissance à chaque rencontre. Ces préoccupations qui tournent autour des conditions de la réconciliation et la prise d’une loi d’amnistie avaient déjà été transmises par le GRB au gouvernement ivoirien.

Débutée autour de 13h30 c’est à 15h que la rencontre a pris fin.

Source: Fier Ivoirien II

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