Le ministre Éric Kahe, Président en exil de l’AIRD, interpelle le Directoire de l’AFD !

Le ministre Éric Kahe, Président en exil de l’AIRD, interpelle le Directoire de l’AFD !

L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) , qui a fait de l’unité et du rassemblement de l’Opposition ivoirienne un de ses vœux les plus chers, n’a ménagé aucun effort pour participer à la mise en place de l’ Alliance des Forces Démocratiques de Côte d’Ivoire (AFD-CI).

Tout au long du fonctionnement de l’Afd, l’Aird s’est abstenue de toute déclaration susceptible d’être une menace à la cohésion et au développement de cette plate-forme naissante, porteuse de bien des espoirs pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique.

Malgré les contraintes liées à l’exil de son président et les dysfonctionnements imposés de ce fait aux prises de décision de notre alliance d’une dizaine de partis politiques, l’Aird a continué d’estimer que le combat pour la démocratisation du pays restait la priorité absolue, et qu’en conséquence, au regard des enjeux vitaux liés à la libération des prisonniers politiques – au premier rang desquels SEM Laurent Gbagbo ‒, au retour sécurisé des exilés ‒ plus particulièrement des jeunes et des femmes qui vivent un vrai désastre dans les camps de réfugiés ‒, à la libération des domiciles occupés, etc., l’étalage sur la place publique de toute question susceptible de fragiliser l’Opposition en la divisant devrait être évité.

Cette ligne n’a pas changé. Mais doit-on continuer de garder un silence coupable devant le spectacle, lourd de gros risques à long terme, offert par l’Afd-ci au peuple ivoirien, notamment sur la question de la CEI, avec des prises de positions qui ne semblent tenir aucun compte des aspirations de la majorité des militants de cette plate-forme ?

Notre Côte d’Ivoire reste aujourd’hui un pays où les libertés publiques sont en souffrance, où les paysans sont expropriés et de nombreux leaders politiques condamnés à l’exil; un pays où les milices aux ordres continuent d’agresser et de vandaliser des manifestations pourtant autorisées; un pays où la multiplication ininterrompue de tels débordements a fini par contraindre les partis politiques à une clandestinité de fait. Au point que, en justifiant son désistement pour la prochaine élection, le président Bedié, allié du régime, a fait un aveu de taille dans sa dernière déclaration de Yamoussoukro, consécutive à l’appel de Daoukro.

Or, dans un contexte pratiquement aussi troublé qu’au lendemain du 11 avril 2011, la course au consensus promis et attendu ‒ condition préalable du bon fonctionnement de la CEI ‒ se matérialise au quotidien sous la forme d’un jeu de dupes d’une opacité croissante. Certains observateurs s’étonnent du manque de clarté des démarches de l’Afd et nos militants se retrouvent confus et déboussolés.

Peut-on ambitionner de gouverner la Côte d’Ivoire et d’incarner le changement, tout en offrant l’image de la soumission aux règles d’un jeu dont la subtilité, de louvoiement en compromissions, se résume tout compte fait à ruser en permanence avec les bases militantes ?

N’est-ce pas précisément la maturité des membres de ces bases, et leur engagement persévérant à respecter les mots d’ordre de l’Opposition, qui a permis de desserrer quelque peu l’étau de l’oppression politique et sociale ?

Quant à nous, responsables de l’Opposition, avons-nous le droit, au seul nom de nos ambitions égoïstes, retranchés derrière l’alibi de calculs obscurs, de trahir un tel combat, prenant ainsi le risque de nous couper de ceux qui souhaitent rester fidèles à la mémoire des milliers d’Ivoiriens injustement livrés à la mort ?

L’Aird, qui, par solidarité avec tous les dirigeants de l’Opposition arbitrairement détenus, et pour protester contre les conditions inadmissibles de leur incarcération, a sacrifié les ambitions de ses cadres en s’abstenant de participer aussi bien aux élections législatives qu’aux élections locales, ne peut aujourd’hui comprendre qu’il soit si peu tenu compte des missions et objectifs immédiats que l’AFD s’est assignée à sa création (cf l’article 3 du règlément intérieur et le point 10 du communiqué final).

Pour toutes ces raisons, je voudrais instamment et très respectueusement inviter toute l’Afd au sursaut, afin de recadrer nos décisions et nos méthodes dans la perspective de nos objectifs initiaux.

Au regard du profond respect que je dois et que je porte avec fierté à mes anciens et à mes devanciers dans la lutte politique, j’en appelle à un échange franc et loyal avec ceux ou celles d’entre eux qui le désirent, sans oublier que notre référence en matière d’éthique politique reste celui qui, aujourd’hui, continue de payer le prix de sa fidélité à nos communs idéaux dans sa geôle de Scheveningen.

Aucun homme ou femme politique soucieux de l’avenir ne peut se permettre le luxe de défier ou de décevoir les militants de son propre groupement politique ‒ et par-delà, le peuple tout entier ‒, en usant envers eux de procédés relevant davantage de la ruse que de la vérité ou d’une stratégie claire. Cela se paie toujours cash, et très cher.

Fait le 30 Novembre 2014

Le ministre Éric Kahe

Président en exil de l’AIRD

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.