LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA: COMMENT UNE MARTINIQUAISE PREFERE LES NOM ET PRENOM DE SES AIEUX NOIRS.

LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA: COMMENT UNE MARTINIQUAISE PREFERE LES NOM ET PRENOM DE SES AIEUX NOIRS.

La semaine écoulée, je nous avais proposé la dernière lettre d’Ozoua Soyinka. Cette fois, je publie celle qui l’a précédée, en réponse à la mienne du 19 Mars 2014 que nous verrons aussi au bas de la contribution. A nous de juger de la réaction et de la position de notre sœur noire, qui ne condamne fermement notre amour pour les prénoms des blancs et notre refus de nous libérer de l’esclavage intellectuel et culturel. Bonne lecture.

       REPONSE D’OZOUA SOYINKA LE 26 MARS A MA LETTRE DU 19 MARS 2014.

 

Bonjour Monsieur,

J’ai bien lu votre demande. Tant que vos différents articles ne seront pas modifiés à savoir ce que je vous ai demandé dans mon courrier du 13 Février 2014 :

  • Supprimer le nom et prénom qui m’abâtardissent et qui nient mon Être profond en le remplaçant par une femme native de la Martinique, par exemple. Je me suis libérée de la férule de l’esclavagiste qui a donné ce nom à mes ancêtres, faisant d’eux des esclaves éternels, car c’est de cela dont il s’agit. Je suis libérée de l’esclavage mental.
  • Supprimer la photo de votre article.
  • Mettre que je suis écrivaine.

http://fr.afrikinfos.com/2013/06/13/le-mot-de-guikou-bilet-zafla-ozoua-soyinka-la-merveilleuse/

 

Je considère comme mon ennemie toute personne qui m’appelle par les nom et prénom qui m’ont été affublés. Quand je verrai la modification de tous vos articles sur les différents sites, là je pourrai vous parler comme à un frère. Surtout, surtout je vous demanderai de me fournir tous les liens avec les articles modifiés. Je vous remercie d’avance. Cordialement.

Madame Ozoua Soyinka, Ecrivaine-Poétesse.

 

MA LETTRE DU 19 MARS 2014.

Salut à toi, sœur révoltée. Tu es si révoltée que tu m’en veux de t’avoir lancé des fleurs en condamnant les noirs africains amoureux des prénoms de leurs colonisateurs. Je dirais plutôt de leurs maîtres.

Ouvre tes yeux afin que s’ouvre ton esprit sur cette situation. Nulle part je ne t’ai dit ni fait savoir à quiconque que j’étais un journaliste en mal de renommée. Je suis un révolté comme toi. La gloire ne m’intéresse pas. J’écris sur ce qui m’écœure de la part des noirs. Et je loue ceux de ma race qui rejettent les noms et prénoms des blancs. C’est ainsi que j’ai rencontré ton histoire sur le net. Je n’avais pas besoin de ton accord pour t’applaudir. Toi non plus, tu n’avais besoin d’injonctions ni de plaintes, après des mots gentils de remerciement, pour me faire savoir que tu ne voulais plus de ces noms collés sur toi par le colon. Mais malheureusement, ils seront toujours mentionnés lorsqu’il s’agira de parler de toi, surtout dans ta biographie. Tors-moi le cou comme tu le veux, car je suis ton frère, mais tu ne réussiras pas à tordre le cou à ton histoire personnelle. Comme nous le disons communément en Côte d’Ivoire, prends la vie comme ça et avance. Pardons, prenons la vie comme ça et avançons. Sourire.

Quand je continue de regarder de près notre échange de lettres, je crois qu’il nous serait plutôt bénéfique en accordant nos violons. Moi, j’avais déjà vu ta valeur. Il te suffit de l’augmenter dans mon esprit en m’acceptant tel que je suis. C’est-à-dire un révolté aux yeux ouverts, qui ne tire pas sur tout ce qui bouge. Par tes écrits, ta pensées, je sais que tu es de mon côté. Alors je dois épargner mes munitions pour nos ennemis communs et non pour toi.

Mon souhait est que tu m’écrives car je voudrais aussi t’écrire afin que nous parlions positivement. Ma porte est ouverte à toi à tout moment, afin que tu me fasses bénéficier de ta valeur. Il m’est incapable de tenir deux glaives dont l’un pour ma propre partenaire. J’aurais alors besoin de me soûler d’abord, ou de me droguer. Or ce sont deux vices dont je suis resté tout le temps éloigné.

Bien de choses à toi et que vive notre fraternité. Mon épouse et moi t’adorons pour tout ce que tu es et tout ce que tu fais.

Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla

 

MA CONCLUSION POUR AUJOURD’HUI :

Comme les noirs des Etats-Unis qui créent de nouveaux prénoms tels Beyoncé, Jalen, Lagina, etc. – nous allons encore voler ces noms-là- nous devrions aussi abandonner les prénoms qui diminuent notre valeur puisqu’ils nous maintiennent dans un esclavage sans nom. Pour l’instant, je nous laisse réfléchir, en espérant que certains d’entre nous auront le courage de réagir. Nous ne devons pas rester passifs.

Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla. Le Fils d’Afrique

likaneyb2@hotmail.com

 

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE