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LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA : LE VRAI PARI DU VILLAGE BETE A NEW YORK

LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA : LE VRAI PARI DU VILLAGE BETE A NEW YORK

On dit quoi ? Que le Village Bété à New York remet ça. Pardonnez mon expression familière alors que ce dont je parle est sérieux. Donc je le dis aussi simplement que cela peut nous faire comprendre : Le Village Bété à New York organise sa deuxième Fête Annuelle le samedi 30 Août 2014. Remarquons-le bien, la date a été ramenée en été. Bien sûr, pour éviter à tous, les dures épreuves de l’hiver. Et encore, pour permettre aux Bété et à leurs invités de s’habiller plus en africain et le montrer du dehors jusque dans la salle, sans avoir à porter des manteaux et des chapeaux qui les rendent plutôt américains.

Le trente Août sera donc un jour de défi pour Le Village Bété. Même les porteurs de veste, les invités et les « tireurs du cou pour savoir ce qui se passe » auront l’esprit culturel Bété, donc un esprit culturel africain.

« Quel pari ! » dirions-nous en voyant ce tableau. Comment des John, Edith, Lydie, Mike, Salomon, Houston, Sarah, etc. peuvent-ils tenir un tel pari ? Le Bété n’a plus et n’aime plus son nom, pardi ! C’est une mode de haïr son prénom africain, de l’enterrer et de l’oublier.

« Très facile », certains répondraient et qui situeraient même l’observateur sur le pari réel des Bagnon (ou Bawan), Woodi, Bêro, des Bayourouguhé et Bawonni. Car le pari réel du village n’est pas ce que nous pourrions croire d’autre.

Ce n’est pas la palabre autour du Tigbla ou du Digbla, le long tam-tam des Bété et ici nom de ladite Fête.

Ce n’est pas la guerre d’habillement entre les vêtements Bété, africains et les vêtements de nos maîtres blancs dont nous ne nous passeront jamais, à l’instar de leurs noms.
Ce n’est pas la possibilité de voir des porteurs de pagne kita ou de porteuses d’ensembles maxi exécuter des pas de danses hip hop pendant que les porteurs de costumes ou de simples vestes excelleront dans le Digba, le Gbégbé, le Polihé ou le Ziglibity.

Le vrai pari est que ces africains de peau noire ou de peau claire, arrivent à la fête avec leurs prénoms entièrement africains. C’est-à-dire en abandonnant pour quelques heures les prénoms de nos maîtres. Car ces derniers ne seront pas là pour avoir la difficulté de prononcer les prénoms de noirs. Non, s’ils sont présents, ne le seront pas pour s’étonner, s’indigner que les indigènes qu’ils avaient civilisés, aient décidé de montrer fièrement leurs vrais et jolis prénoms de noirs. Ils ne puniront pas les Bété plus tard, mais seront d’ailleurs émerveillés que des civilisés à l’occidentale pu à l’orientale soient encore attachés à leur vraie identité malgré le projet et la volonté de les voir l’oublier à jamais.

Le vrai pari du Village Bété est que continue ce mouvement d’aimer désormais nos beaux prénoms, de le transporter au pays, dans nos vrais villages qui à travers les noms de leurs habitants, se sont transformés en village américains, français, allemands, arabes, suédois, etc. L’anarchie des noms étrangers s’est installée en Afrique pendant que des mairies européennes, asiatiques et autres veillent en chiens de garde à ce que les prénoms de leurs belles cultures ne soient pas mélangés de prénoms venus d’ailleurs.

Le vrai pari est que lorsque leurs invités ghanéens, nigérians, kenyans, ougandais, etc. viendront avec des prénoms tels que Opoku Aboagye, Femi Bukola, Omanyo Ngugi, Nakimera Oryema, les Bété dans leurs apparats africains, ne se désignent pas par Anastasie, James, Betty, Richmond, Colette, Bernard, Joachim, Barbara, etc.

Si le 30 août 2014, il y a des Tina, Lizy, Lago, Kanon, Kathy, Wanda, Bailly, que ce soient ces vrais prénoms Bété avec leurs sens et leur rhétorique Bété et non ceux de nos maîtres. Nous sommes maintenant libres, nous n’avons donc plus besoin, ne sommes plus obligés de porter leurs prénoms. Nous devons au contraire rendre nos propres prénoms populaires, célèbres, et surtout dans le monde entier. Ce que, exactement, ont fait les juifs, les arabes, les européens, pour que nous, les noirs, tombions amoureux de leurs noms, au détriment des nôtres propres.

Le mouvement de retour sera comme un accouchement difficile. Mais comme il ne se fera pas avec des armes, contrairement à ceux des indépendances politique et économique, il réussira. Bien sûr avec une petite volonté de notre part, un abandon de notre complexe de noir.

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Le vrai pari du village Bété est que chaque Bété recommence à aimer son vrai village, qu’il y soit né ou pas. Car des frères et sœurs ont fermé la porte à cette place chérie du Bété d’autrefois. Comme raisons de leur acte indigne, ils avancent officiellement la peur des sorciers, le pullulement des démons et des noms ni divins ni modernes, l’inexistence d’un esprit évolué, d’une logique saine, etc. Ces raisons nous servent à couvrir notre honte de n’avoir rien apporté à nous-mêmes sur cet endroit où reposeront fièrement nos corps inanimés et notre âme, malgré la honte de cette dernière. Elle sait bien qu’elle ira au paradis promis à partir de notre village.

Ressaisissons-nous et ayons à jamais un amour fou pour nos noms. Si demain, certains de nos enfants nés en Amérique deviennent célèbres avec leurs prénoms Bété, nous aurons ainsi œuvré pour la célébrité de nos noms qui deviendront automatiquement des noms américains. Mais surtout, nos enfants sauront dire fièrement à leurs interlocuteurs l’origine, le sens, la philosophie ou la rhétorique de leurs noms. Cessons de porter des prénoms d’ailleurs pour des raisons sans valeur et sans en savoir vraiment le sens et la raison de les porter.

Courage, nous gagnerons ce pari. Vive déjà le village Bété à New York ! Bonne chance au premier village africain de New York City. Que germent à foison d’autres villages africains dans toute l’Amérique et partout où, pour n’importe quelle raison, les africains iront vivre. Bonne Fête à tous.

Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla
Amoureux et Avocat des Noms Africains
likabeyb@hotmail.com

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