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LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA : OZOUA SOYINKA EST FÂCHEE CONTRE…

LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA : OZOUA SOYINKA EST FÂCHEE CONTRE…

A propos de notre adoption honteuse et effrénée des prénoms arabes, juifs, latins, grecs, chinois, etc. je continue de regretter le silence coupable de ceux qui peuvent pourtant parler, même s’ils savent que leurs arguments seront fallacieux. Mais je suis cette fois plein d’espoir : certains réagiront à partir de cette contribution. Car nous ne resterons pas cachés éternellement derrière le mur de nos bêtises. Peut-être que mon mot est dur, mais tout de même c’est un mot.

Nous nous rappelons deux de mes contributions : Ozoua, la meilleure et Ozoua Soyinka, la merveilleuse. Qui veut vraiment suivre le fil de ce sujet, participer au débat intellectuel devrait au moins lire le deuxième titre. Car c’est le texte lié à ce titre, qui a entraîné un échange de lettres entre ma sœur noire, la martiniquaise Ozoua Soyinka et moi. Lesdites lettres seront publiées.

Dans leur intégralité. Car elles nous pousserons sûrement à apporter notre grain de sel au débat, à nous aider à mettre un terme à notre inhibition face à la perte de nos jolis prénoms africains. Mais je choisis de présenter le débat entre Ozoua, la merveilleuse et moi dans un genre de marche arrière. En espérant que cela captivera notre attention. Mais il n’y a là, rien de magique.

VOICI LA DERNIERE LETTRE DE MA SŒUR OZOUA SOYINKA, EN DATE DU 30-08-2014 : REPONSE A MR GUIKOU BILET ZAFLA

Bonsoir Monsieur,

Nous sommes le 30 août 2014, et je me rends compte que votre article est demeuré tel quel sauf la photo en moins.

Une dernière chose avant de clore définitivement le débat, car je n’ai pas de temps à perdre avec des gens qui ne veulent pas avancer. Le but c’est d’avancer, pas de stagner ou de reculer.

Vous êtes pareil aux gens que vous condamnez, puisque vous avez eu besoin de vous inspirer de l’article d’un Blanc pour écrire votre article.

En refusant d’y apporter les modifications, vous me démontrez que vous avez besoin de prendre des Blancs comme référence pour subsister. Donc vous êtes pareil à vos concitoyens qui aiment porter des prénoms de Blancs.

La seule constatation que je peux faire c’est qu’après les traumatismes qu’ont endurés les Noirs, et notamment les Africains, à travers les siècles, ils ne sont plus eux-mêmes. Il leur faudra faire un travail de désaliénation, pour être eux-mêmes dans la profondeur de leur Etre.

Quand une personne aliénée voit une autre en passe de s’en sortir, parce qu’elle a pris conscience de son état, elle essaye de la casser, car ne colle pas au conformisme.

C’est vrai que l’air ambiant, est d’avoir des moutons que l’on peut diriger à sa guise.

Pour votre gouverne, je ne porte plus les nom et prénom d’esclave, bâtard… Ils ne figurent plus dans mes papiers administratifs.

Encore une petite chose, je m’insurge et me révolte contre la bêtise et la connerie, contre le conformisme, la méchanceté et tant d’autres choses qui font la laideur humaine.

Un conseil avant de tirer ma révérence, lisez “Peau noire et masque blanc” de Frantz Fanon et “Discours sur le colonialisme” d’Aimé Césaire. Bon week-end. Madame Ozoua SOYINKA

                   A MEDITER :   QU’EST-CE QUE JE SUIS RIDICULE ?

Qu’est-ce je suis ridicule avec leur nom ?

Des noms qui m’abêtissent

Des noms qui me dominent

Des noms qui me méprisent

Qu’est-ce je suis ridicule avec leur nom ?

Des noms absurdes Des noms de choses

Des noms de défauts

Des noms insultants.

Qu’est-ce je suis ridicule avec leur nom ?

Des noms qui me coupent de mes racines premières,

Terre-mère de mes ancêtres

Des noms qui m’éloignent de moi-même

Et m’empêchent d’être Moi,

Etre Fondamental, Nègre Fondamental.

Mais, qu’est-ce je suis ridicule avec leur nom ?

Alors, Alors, Alors…

Je vous ordonne de me rendre mes noms !

Je vous ordonne de me rendre mes noms !

Je vous ordonne de me rendre mes noms !

Et je suis enfin MOI,

Un Etre Fondamental, un Nègre Fondamental.

Ozoua SOYINKA

Poème inédit : Inspiré par le poème « Solde » de Léon-Gontran DAMAS

CONCLUSION DE GUIKOU BILET ZAFLA :

Noirs africains, noires africaines, amoureux des prénoms des blancs, êtres complexés par vos propres prénoms de noirs, esprits lavés par les religions des blancs, humains qui ne se donnent de l’importance qu’avec les noms des blancs, et que sais-je encore, voilà la lettre que vous a adressée une descendante des derniers africains enlevés de force à leur continent. Elle vous a parlé à travers moi. Oui, à travers moi, même si c’est moi qu’elle croit avoir provoqué sa colère. Moi qui refuse de reprendre ma contribution louangeuse de sa décision de rejeter à jamais ses nom et prénom de blanc, en ne faisant plus cas de cette appellation dont elle ne veut plus entendre parler. Condamnez-moi déjà ou ne le faites pas avant d’avoir appris la raison de mon refus d’obtempérer (pardon, je ne suis pas un policier de Côte d’Ivoire).

S’il nous plaît, laissons les injures de côté, si nous voulons intervenir. Elle nous demande ici de prendre notre décision avec courage, pour reconnaître que les noms des blancs ne sont pas les nôtres. Et surtout attendons la publication des deux lettres précédentes, avant de trancher si c’est Ozoua Soyinka qui a raison, ou nous qui n’aimons pas nos propres noms de noirs.

Merci et à la semaine prochaine.

Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla – Le Fils d’Afrique.

likaneyb2@hotmail.com.

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