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LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA : REACTION EXPRESSIVE D’OZOUA SOYINKA

LE MOT DE GUIKOU BILET ZAFLA : REACTION EXPRESSIVE D’OZOUA SOYINKA

En avant dernière position, je nous soumets les mises aux points de Madame Ozoua, le 20 juin, à ma contribution du 13 juin 2013. J’espère que nous la comprendrons, même si nous ne sommes pas prêts à nous débarrasser de notre amour et notre fascination des noms des blancs. Je le sais aussi, c’est l’esclave qui ressent la volonté, la nécessité de se libérer de son état d’esclavage. Il la manifeste alors, avec tous les moyens en sa disposition. Or/Mais le noir africain ne veut pas sortir de sa condition d’esclave du blanc… Pour l’instant, découvrons ce que la sœur Ozoua nous dit par mon intermédiaire. Peut-être que nous la comprendrons pour penser à aimer nos propres noms africains et laisser les blancs aimer les leurs. C’est obligatoire.

Cher Monsieur,

C’est en faisant une recherche quant à mon nom « Ozoua Soyinka » que j’ai découvert votre article, assez élogieux en ma faveur et je vous remercie. Mais qui toutefois mérite d’être revu sur différents points.

Avant de publier cet article, il aurait été nécessaire et judicieux de me le soumettre, ce qui éviterait des inepties. Mon adresse électronique est sur internet.

Déjà vous allez sur un blog tenu par une personne qui me fait un mauvais travail, et qui tient des propos calomnieux sur moi et avec lequel j’ai un contentieux. A cause de lui, tout le travail que je fais pour la valorisation de mon peuple est saqué et bafoué. Beaucoup de portes me sont fermées à cause de lui.

Ensuite vous reprenez sur ce même blog une photo qui n’est plus d’actualité et qui ne me met pas du tout en valeur. Je n’entrerai pas dans les détails.

         Je vous demande donc de remplacer la photo que vous avez mise par celle-ci et qui colle à la réalité du moment. Je vais reprendre des parties de votre article pour y apporter une information nouvelle et qui me semble plus cohérent.

Ruth Narbonnais : ce sont des noms maudits et je vous demande de les supprimer de votre article. Je vous propose : Cette femme, native de Saint-Pierre, en Martinique, a pris le nom d’Ozoua Soyinka.

Lorsque tout individu (Antillais, Africain-Américain…) a fait un cheminement identitaire, quelle gloire peut-il tirer de son passé de violence, d’abomination, qu’est l’esclavage et la colonisation ? Peut-il se glorifier d’un nom qu’on lui a donné ? Alors que le nom ne se donne pas mais se transmet ? Faut-il être un imbécile pour savoir que le nom que l’on vous donne ne reflète pas votre Moi profond, votre identité, et que vous êtes l’ombre de vous même, un zombie, et que vous n’existez pas en tant que tel.

Oui, les Européens avaient tout compris en faisant cela. Donc, ils seront toujours nos maîtres et nous leurs éternels esclaves. C’est pour cela que les Noirs n’arrivent pas à émerger.

Le nom c’est ce qui nous rattache à un passé, à une origine, à une Histoire, à une lignée. C’est tout cela qui est effacé d’un revers de la main par les Européens en nous donnant des noms. Par conséquent, nous n’avons plus d’existence, de Vie. Cela va jusque là !

En prenant le nom d’Ozoua Soyinka, je me réapproprie ce que JE SUIS, un ETRE SPIRITUEL. Je n’attends pas qu’on me le donne, puisqu”il m’appartient, qu’il m’a appartenu de toute éternité. Moi, Ozoua Soyinka, j’appartiens à un peuple, mot que je préfère. Car, qui dit race dit racisme et j’en sais quelque chose puisque vivant en France, pays xénophobe. Il faut savoir utiliser les mots, car ils sont énergies et peuvent nous emprisonner.

Je suis avant tout Africaine, avant d’être Martiniquaise et Française. Quel continent est-il le berceau de l’humanité ? Si l’on sait cela, nous éviterons des débats puérils. Avant que la Martinique et la France n’existent, l’Afrique existait et avait un passé millénaire et glorieux.

Certes, il y a eu l’esclavage, la colonisation, maintenant le néocolonialisme, mais c’est une parenthèse de notre Histoire comme j’aime à le dire. Dois-je m’arrêter à ces faits ? Il faut tirer des     leçons du passé pour avancer.

Ozoua, un prénom féminin Bété, dans le département de Daloa, en Côte d’Ivoire, un pays africain. Il a un sens noble : la merveilleuse, la meilleure de toutes, une femme qui se fait remarquer par sa beauté, par ses qualités. En lingala, Ozoua signifie tu as eu, tu as pris.

Je ne peux tirer aucune gloire d’un prénom et d’un nom qui me refusent le droit à la Vie, qui m’abrutissent et me réduisent à néant.

Ozoua Soyinka, la Martiniquaise, n’est pas une villageoise. Je déteste que l’on me cantonne dans le carcan. J’appartiens à ce vaste univers. Oui certes je suis née en Martinique. Mais qu’est ce petit bout de terre face à ce vaste univers ? Prenons nos places dans ce vaste monde et arrêtons de nous cantonner dans des cases, et apportons notre savoir à l’univers. Aimé Césaire disait et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête.

Encore une fois, la personne qui a rédigé cet article, (celui dont votre serviteur s’est inspiré) je devrais dire ce torchon était là pour me desservir. Je me suis toujours considérée comme Ecrivaine-Poétesse. C’est ce que JE SUIS. JE SUIS DANS L’AFFIRMATION DE MON ETRE PROFOND, SPIRITUEL. Le débat actuel prône l’oubli, l’effacement de soi. Mais quels en sont les dangers ? Si vous n’existez pas, qui décide à votre place, qui fait à votre place ? Attention car il y a danger !!! Nous devenons des moutons de Panurge.

Je vous assure Ozoua est ma Renaissance, ce prénom qui me permet de dire que je VIS, QUE JE SUIS. Ozoua c’est MOI avec toutes mes caractéristiques. C’est ma noblesse. Je ne l’ai jamais considéré comme un prénom de villageois. D’ailleurs cela ne m’a jamais effleuré.

Je peux affirmer que le hasard n’existe pas, que si quelqu’un prend un prénom ou nom africain célèbre, cela n’est pas dû au hasard. Cette personne est guidée par ses ancêtres. Je crois beaucoup dans mes ancêtres. Me concernant, ce sont mes ancêtres qui m’ont guidée et qui me guident dans la rédaction de cette réponse que je vous fais. J’ai rencontré Wolé Soyinka et il m’a donné sa bénédiction. Même si à un instant T, nous ne savons pas pourquoi nous faisons telle ou telle chose, plus tard, nous le comprenons. Je sais aujourd’hui pourquoi j’ai pris le nom de Soyinka.

Malgré tous les obstacles que je rencontre au quotidien sur mon chemin, j’œuvre pour que mes sœurs et frères parviennent à cette connaissance. Quelquefois, au désespoir de cause, je les blâme. Si je suis aujourd’hui celle que je suis, je le dois à des femmes et à des hommes convaincus, à des personnes qui m’ont aidée à faire ce chemin identitaire (Aimé Césaire, Damas, Paulette Nardal et bien d’autres..). Car j’étais ignorante de mon identité, de mon Histoire et que j’étais l’ombre de l’ombre de mon ombre.

Alors ayons un peu de clémence pour les ignorants. Chacun a son chemin à parcourir. Je vous remercie.

Ozoua Soyinka, Ecrivaine et Poétesse.

Nohoré Gbodiallo Guikou Bilet Zafla, le Fils d’Afrique

likabeyb2@hotma.coml

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