Le mot d’ordre de boycott de la présidentielle 2015 lancé par le FPI serait un appel subtil à soutenir Essy Amara, affirme un proche de ce dernier

Le mot d’ordre de boycott de la présidentielle 2015 lancé par le FPI serait un appel subtil à soutenir Essy Amara, affirme un proche de ce dernier

Apparemment, de tout temps, la lecture du jeu politique semble jouer des détours surprenants à l’ancien gouverneur de la BCEAO, M.Charles Konan Banny.

L’on se souvient qu’il s’est vu interdire l’accès à la salle lors d’une convention du PDCI (difficilement datable avec précision) par les jeunes acquis à la cause de Bédié à l’époque.

Lors de l’exercice de l’exécutif « concomitamment avec Laurent Gbagbo, » (c’est son concept) il s’est fait éjecter avec facilité de la primature et remplacer par Soro Guillaume, l’un de ses ministres.

Nommé à la CDVR, il en est parti sans que les ivoiriens n’aient eu connaissance d’une seule virgule de son rapport de fin de mission. Après l’avoir sorti de son manteau sous-scelé et remis au Chef de l’Etat, il nous revient qu’à présent, l’homme ferait mains et pieds afin que son désormais adversaire politique publie ledit rapport aux ivoiriens.Il n’y arrive pas alors que c’est le fruit de son propre travail ! Bizarre tout ça !

Mais comment en serait-il autrement si cette commission qui avait vocation à s’adresser indistinctement aux deux parties en conflit s’est joué d’une des parties en se liant les pieds, les mains et la langue pour s’en remettre exclusivement au bon vouloir de l’autre partie?

Peut-être que s’attendait-il au retour de l’ascenseur de son ami Ouattara, après ce service ! Mais quel service ? Celui d’avoir bâclé l’œuvre de réconciliation nationale et conclure sans avoir pris la peine d’aller rencontrer Simone Gbagbo à Odiénné et a fortiori, Laurent Gbagbo à la Haye ?

Chuuuut ! Passons, puisque sur la question, M.Banny prétend avoir été dissuadé par son ami Ouattara d’aller recueillir les dépositions du chef de file LMP à La Haye.

Mais est-il parti au moins à Korhogo au moment où Laurent Gbagbo y était à portée de main, c’est-à-dire à moins de 45 mn de vol ?
Chuuutttt ! Passons à l’autre bord: sur la question de la CNC.

Porté par le FPI à la tête de la CNC, l’on croyait que cette fois-ci, M.Banny a tiré toutes les leçons et que la candidature unique de la CNC venait d’être raflée par l’homme.

Erreur d’appréciation. Le FPI, adossé à l’appareil de la coalition, sort un premier « Kata » qui tacle à la régulière M.Banny, à savoir que l’homme est tout simplement gérant de la CNC et non candidat unique de la CNC !

Juste à moins de 10 jours de la clôture du dépôt des candidatures, au moment où M.Banny attendait un mot d’ordre en sa faveur par le gardien du Temple FPI, le Pr Aboudrahmane Sangaret, un deuxième Kata désillusionne l’ancien gouverneur, qui se poserait certainement la question: » toute cette débauche d’énergie de ma part pour ce piètre résultat ? » ! Après avoir manœuvré et obtenu l’éloignement d’Essy Amara de la CNC, après avoir ravi, in-extrémis, le leadership du mouvement à son concepteur et maître d’œuvre le Pr Mamadou Koulibaly, M.Banny balle au pied, s’attendait à tout sauf à ce que le FPI lui ôte la balle au pied, comme pour la déposer ensuite avec subtilité sur la tête du roi Pelé, Essy Amara, face au dernier défenseur du RHDP, Alassane Ouattara. Le FPI a-t-il été ingra vis-à-vis de M. Banny ? Non !

Que feront les milieux de terrain de l’opposition ivoirienne ( KKB, Ahipeau, MK, Affi n’Guessan, Bony Claverie, Aka Ahizi, Ouatara Gnonzié), et surtout le vizir Laurent Gbagbo qui suit tout depuis la Haye avec sa télécommande? Car, l’on oublie trop souvent que, le tout n’est pas d’avoir un contrôle ou une influence sur l’appareil CNC à l’intérieur des frontières ivoiriennes. Laurent Gbagbo et ses plus fidèles amis qui lui restent au FPI ne sont pas naïfs. Le dénouement souhaité et attendu par la communauté internationale est lié à la crédibilité internationale de celui ou celle des candidats qui serait élu à l’issue des présentes élections. Si c’est Ouattara, pour la communauté internationale, ce serait la continuité sauf que la stabilité durable du pays et la sécurité des investissements du pays ne sont pas assurées.

La Communauté internationale n’a pas non plus de soucis à se faire si c’est n’importe lequel des candidats en présence, surtout que ce n’est pas à elle de choisir ou d’imposer des dirigeants aux nations souveraines ( si ce ne sont que de belles phrases constituées de gros mots et rien de plus). Soit. Mais, ce qui va impacter positivement ou négativement l’issue du procès de Laurent Gbagbo,c’est incontestablement l’entregent et la crédibilité internationale de celui ou celle qui aura à présider aux destinées des 24 millions de résidents dans ce pays.

Il y’a une vérité qu’il ne faut pas ignorer ni continuer de masquer. C’est un euphémisme d’affirmer qu’une sorte de ségrégation (système de développement séparé) est en train de s’incruster en Côte d’Ivoire par un système pernicieux d’alternance de deux concepts : « l’ivoirité » avec son répondant le « rattrapage ».

L’erreur serait de permettre l’alternance durablement de ces deux concepts au pouvoir.

En 2015, il serait très malhonnête et hypocrite de soutenir qu’ici en Côte d’Ivoirie, des ivoiriens n’ont pas fait les frais de l’ivoirité. Toujours en 2015, il serait également très maladroit et hypocrite de soutenir que des ivoiriens n’ont pas fait les frais du « Rattrapage » .

Tels deux virus inoculés dans le corps social par le jeu de l’alternance de ces deux concepts entre 1995 et 2015 au pouvoir en Cote d’Ivoire, la destruction à terme de cette communauté de destin appelée Côte d’Ivoire, est programmée et prépositionnée à l’image des armes nucléaires de destruction massive que chacune des deux grandes puissances avait dirigées l’une contre l’autre à l’époque de la guerre froide.

Si les grandes puissances ont pu réaliser un dépassement de soi en optant pour une politique sage de désarticulation de ces armes de destruction massive, à travers une volonté commune de décrispation du Monde, n’est-il pas venu pour les ivoiriens (ivoiritaires et rattrapeurs) de stopper ce prisme dévoyé de l’alternance au pouvoir ?

Loin de nous l’idée de dédouaner la Communauté Internationale de sa responsabilité dans la notion d’alternance telle que vécue dans la période de référence (1995-2015), nous pensons que la communauté internationale semble avoir bien cerné les réelles menaces qui planent sur nos têtes.

Alors, ivoiriens, ivoiriennes, la volonté doit être communément partagée de quitter cette logique d’alternance dévoyée, pour réhabiliter la vraie alternance qui est à la fois la désarticulation et la neutralisation des deux virus socio-politiques cités, à savoir « l’ivoirité et le rattrapage ».

Quel est le profil de ce chef d’Etat qui laissera vivre tranquillement les acteurs reconvertis indistinctement de « l’ivoirité et du rattrapage » ?

Les ivoiriens ont le plein droit d’élire qui ils veulent, sans gêne. Mais, si nous avons vraiment à cœur de dépassionner et de dédramatiser la vie politique de ce pays, nous savons celui qu’il faut porter à la tête de la Côte d’Ivoire.

Trois attitudes sont possibles de la part des acteurs de l’opposition:

1- soit les coéquipiers d’Essy Amara lui viennent en renfort pour une victoire collective;

2- soit les coéquipiers d’Essy Amara lui posent un tacle, ce qui ferait l’affaire de Ouattara;

3- Soit Essy Amara et ses coéquipiers, après le dépôt de leur candidature respective, saisissent collectivement un arbitre externe ( par exemple le Conseil de Sécurité de l’ONU non pas à partir d’Abidjan, mais à partir du Siège à New-York) pour un arbitrage sur la faisabilité ou non de l’élection du 25 aout 2015.

Les requérant récusant d’office toute éventuelle médiation des organisations ou personnalités sous-régionales ( notamment la CEDEAO et les personnalités issues d’un Etat membre de cette organisation).

Je persiste pour dire que le Président de la République, est dans son rôle, celui de la tenue de l’élection du 25 octobre 2015.
Mais à l’impossible nulle n’est tenu.

Ils nous appartient de dire si nous voulons foncer tête baissée comme les autorités burundaises en organisant des élections dans la discorde avec le risque certain de la chienlit qui y règne, un chaos qui échappe totalement au contrôle du pouvoir et de l’opposition.

Si autour du Président de la République il existe véritablement des conseillers et non des accompagnateurs, ils lui conseilleraient que le moment est tout indiqué de déclencher les pourparlers entre lui-même et les différents candidats ayant fait acte de candidature. Le moment est si propice surtout que le Président de la République a encore en main le gouvernail du navire ivoire.

Il serait en mauvaise posture, s’il attend le pourrissement de la situation avant de réagir.

Un sérieux sondage commandité à l’heure actuelle renseignerait sur la préoccupation première des populations: la population est moins intéressée de celui qui sera président que du climat politique et sécuritaire post-électoral.

Nous en appelons à l’esprit d’anticipation,car nous avons appris que le vrai Révolutionnaire, c’est celui qui est vivant.
On ne parlera de révolution que, parce que le peuple aura survécu. Pareil de l’émergence. On ne parlera éventuellement de l’émergence en 2020, que si les populations survivent aux échéances électorales de 2015. Des élections qui n’ont cessé d’être meurtrières depuis 1995 à ce jour.

C’est bien de cela qu’il s’agit, et rien d’autre.

Dapa Donacien

Chroniqueur Indépendant

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