Le Mouvement Ivoirien pour le Renouveau et l’Espoir (MIRE) écrit à Alassane Dramane Ouattara: «Vous avez obligation de respecter notre loi fondamentale»

Le Mouvement Ivoirien pour le Renouveau et l’Espoir (MIRE) écrit à Alassane Dramane Ouattara: «Vous avez obligation de respecter notre loi fondamentale»

 

Abidjan, le 20 août 2016

 

 

   A

 

                                                                     Monsieur Alassane OUATTARA,

                                                                     Président de la République de Côte d’Ivoire

 

Objet : Lettre ouverte

 

Monsieur le Président de la République,

En tant que citoyen Ivoirien et leader de parti politique, je me permets de vous écrire pour vous rappeler les préoccupations de la majorité de nos populations sur la problématique de la cherté de la vie et celle de votre projet de nouvelle Constitution.

Le 04 novembre 2015, après votre réélection plus ou moins controversée, vous avez prêté serment de servir le peuple Ivoirien et de protéger la Constitution de notre pays.

Par cet acte, vous vous mettez entièrement à la disposition du peuple pour le servir. Ce qui revient à dire que les intérêts des Ivoiriens doivent primer sur les vôtres et dire aussi que votre vision dans la gestion du Pays doit être celle du peuple.

Vous avez décidé de manière unilatérale de la mise en place d’une Nouvelle Constitution qui va abroger celle de l’année 2000. Vous ne pouvez pas passer à la troisième République sans que le peuple Ivoirien ne vous y AUTORISE. Vous avez obligation de respecter notre loi fondamentale qui nous régit tous et qui ne dispose d’aucun article en son sein qui vous permet de réaliser votre rêve.

Les différents Accords qui ont été signés pour mettre fin à la grave crise politico-militaire que traversait la Côte d’Ivoire, stipulent simplement de modifier les articles confligènes, notamment l’article 35.

Comme vous le savez, la Côte d’Ivoire veut fermer la parenthèse douloureuse de son histoire en instaurant un véritable État de Droit ; raison pour laquelle nous, leaders politiques de l’opposition avons un devoir de contrôle démocratique et de canalisation sur toutes vos décisions qui impliquent la destinée de notre pays.

Monsieur le Président, nous ne sommes pas contre la révision de la Constitution, comme vous voulez le faire croire, nous vous demandons simplement de renoncer à l’élaboration d’une nouvelle Constitution qui n’est pas une priorité sociale aujourd’hui.

Nous vous invitons plutôt à œuvrer pour réduire les inégalités sociales, réconcilier les ivoiriens, assurer leur sécurité, éviter les détentions arbitraires et ouvrir l’accès équitable aux médias d’État. Les problèmes de l’école sont en suspens, les ménages croulent sous le poids de la vie chère, les soins de santé sont inaccessibles aux populations, 90 pour cent (90%) des Ivoiriens croupissent dans la précarité et la pauvreté malgré la croissance à deux chiffres que vous prônez tout le temps. Les manifestations contre la hausse des factures d’électricité sont des indicateurs de ras-le-bol.

Pour vous dire Monsieur le Président, que l’urgence et la nécessité pour les populations, ce n’est pas l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Mais, plutôt la prise de mesures idoines pour répondre aux préoccupations susmentionnées.

A cet effet, je vous exhorte à mettre de côté votre obstination à régler votre succession à la tête de l’État qui risque d’ouvrir une voie vers une autre crise dont vous serez le principal responsable. Le peuple Ivoirien ne demande qu’une seule chose : que vous vous attaquez aux vrais problèmes auxquels il est confronté actuellement et rien d’autre.

Monsieur le Président, reculer quand on se rend compte de son erreur, est une preuve de grandeur et de sagesse.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus sincères.

Adama OUATTARA

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