Le sondage tombait à point nommé pour Nicolas Sarkozy qui doit clarifier ses ambitions politiques et dire dans les prochains jours s’il brigue la présidence de l’UMP. Evoquée par le site de Valeurs actuelles, l’étude d’opinion attribuée à l’Ipsos testait différents présidentiables de droite pour l’élection de 2017. D’après l’hebdo ultrasarkozyste qui fait fuiter les résultats ce sondage secret, Sarkozy serait de très loin le mieux placé pour devancer François Hollande et surtout Marine Le Pen au premier tour d’une présidentielle. En tête avec 30% d’intentions de vote, il devancerait la patronne du FN (23%) et François Hollande (16%), tandis qu’un Alain Juppé ou un François Fillon, s’ils portaient les couleurs de la droite, seraient très largement dépassés par la leader de l’extrême droite.

L’Opinion cite également ce sondage — sans toutefois l’attribuer à Ipsos — et raconte que Sarkozy ne manque pas de le mentionner à certains de ses nombreux visiteurs dans ses bureaux parisiens, rue de Miromesnil. Une configuration aux petits oignons pour l’ex-Président sur le retour… Ce scénario serait-il un peu trop beau?

L’iinstitu Ipsos a démenti être l’auteur de cette enquête. «Non, nous n’avons pas fait ce sondage», assure à Libération Jean-François Doridot, directeur général, confirmant une information twittée par un journaliste de l’AFP. Exactement ce que serait obligé de dire l’institut s’il avait effectivement réalisé un sondage confidentiel? Doridot promet que,les instituts devant transmettre à la Commission nationale des sondages et publier les notices de tous les enquêtes d’intentions de vote — même les «confidentielles» si jamais elles finissent par fuiter —, il n’aurait aucune raison de démentir simplement pour la forme. Sondage fantôme? A Valeurs actuelles, on maintient ses informations, ajoutant que le sondage a été commandé par l’UMP. Et on laisse entendre que l’Ipsos cherche à se couvrir.

Contacté par Libération, l’entourage de Nicolas Sarkozy jure n’être au courant de rien. Comme le parti, où l’on raconte avoir découvert le sondage sur le site de Valeurs actuelles.

Chez les non-sarkozystes, on se gausse déjà. «Juppé, dix points derrière Marine Le Pen. Fillon, vingt points derrière… Voilà un sondage bien calibré qui donne l’échelle de la haine», ironise un cadre du parti.

Alain AUFFRAY et Laure EQUY

Source: Liberation.fr