Le PDCI lâche Ouattara et se positionne pour 2015

Le PDCI lâche Ouattara et se positionne pour 2015

Annonce pour se tenir hier matin, après un premier report enrégistre la veille, l’examen du projet de loi portant reforme de la commission électorale independante (CEI), a été finalement reporte a une date ultérieure. La faute, au groupe parlementaire PDCI qui a introduit une requête a l’Assemblée nationale en vue d’obtenir un temps de reflexion beaucoup plus conséquent. Un delai que les parlementaires du vieux parti comptent mettre a profit pour trouver un large consensus avec l’ensemble de la classe politique nationale afin que personne ne trouve a redire après l’adoption de la loi.

En quelque sorte un desaveu a la demarche solitaire et au ton guerrier du ministre d’Etat Hamed Bakayoko, le commissaire du gouvernement, qui, recevant, vendredi dernier, les partis de l’opposition leur a servi sa morgue habituelle tout en indiquant, qu’il n’était point question pour l’équipe gouvernementale de faire marche-arriere en prenant en compte, les réserves exprimées sur le sujet, par les visiteurs. Seul bemol consenti ce jour-la, le droit d’amendement des députés, offert comme unique possibilité d’assouplissement du texte élabore par l’exécutif. L’homme avait certainement cru que son allié traditionnel, le PDCI, avec lequel il partage la plus grande représentation au sein de l’hémicycle, l’accompagnerait sans aucune hésitation dans cet autre passage en force dont le parti présidentiel est si coutumier. C’était sans compter avec les hommes du président Henri Konan Bédié qui n’entendent pas jouer les suiveurs sur coup-la.

Dans une déclaration publiée hier, le groupe parlementaire du Parti democratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a mis en avant, le souci «de soustraire la future CEI de toute suspicion et garantir ainsi des élections crédibles et transparentes en 2015 ». Car pour lui, «la nouvelle CEI doit surtout permettre d’oter le spectre de la contestation et de la violence qui entoure les élections dans notre pays.» Mais de sources proches du groupe parlementaire du PDCI, deux raisons fondamentales guident véritablement la demarche du parti doyen. Premièrement, les alliés traditionnels du RDR, en jouant la carte de l’apaisement, du rassemblement et du consensus, entendent capitaliser la virulence et l’extrémisme des hommes de Ouattara en se presentant comme un parti modéré et engage dans le sens de la reconciliation des Ivoiriens.

Dans une Côte d’Ivoire dechirée depuis trois ans, cela vaut son pesant d’or aux yeux de l’opinion. Deuxièmement, en se désolidarisant ainsi du commissaire du gouvernement, les députés PDCI relancent sans le dire, le débat de la candidature unique au RHDP pour la présidentielle de 2015. Car, fait observer notre source, si le PDCI était d’accord pour le choix de Ouattara, il aurait accepté d’offrir un chèque en blanc au ministre Hamed Bakayoko en faisant un triomphe a ce dernier au parlement, l’adoption de la loi devant profiter en definitive a la coalition qui s’ouvrirait ainsi la voie a un nouveau mandat. Mais si le parti crée par feu Félix Houphouet-Boigny a préféré freiner des quatre fers sur la question primordiale de la commission électorale indépendante, ce n’est point, dit-on, pour faire plaisir au FPI mais plutot pour jouer sa carte personnelle. Car confie notre interlocuteur, le PDCI a conscience que le texte rédige par le gouvernement, s’il reste en l’état, profitera largement au seul RDR.

Donc en vieux renard de la scène politique, le PDCI, sous le vernis du rassembleur, joue en réalite pour lui-même. Cela, pour ne pas poser aujourd’hui un acte qu’il pourrait regretter demain. Que va faire a present Alassane Ouattara, lui qui n’attendait pas pareille tournure des évènements, ses obligés l’ayant assure que l’affaire était complètement pliée ? Par le passe et pour moins que cela, l’homme avait menace de remanier le gouvernement en profondeur avant de se raviser en dernière minute. Le chef de l’Etat osera t-il aller a pareil excès et exposer a la face de la communaute internationale sa fracture avec le PDCI, un parti qui lui vaut d’être aujourd’hui aux affaires a Abidjan? Le PDCI, dit-on reste serein assure qu’il serait, sur le sujet, du soutien des ambassadeurs de France, des Etats-Unis en poste à Abidjan ainsi que celui de Mme Aichatou Mindaoudou, la représentante spéciale du Secretaire général de l’ONU en Côtte d’Ivoire.

Loin de l’arène, le FPI boit du petit lait en suivant de près, la guerre à fleurets mouchetés entre les alliés vainqueurs du 11avril 2011. Pour rappel, la nouvelle CEI dans la mouture que propose le gouvernement, est composée de 13 membres (4 représentants du Président et du Gouvernement, 3 membres de la société civile dont deux réligieux, trois représentants de la coalition au pouvoir et de trois autres des partis d’opposition). Une architecture contestée par le Front Populaire Ivoirien (FPI) et ses alliés, réunis au sein de l’Alliance des Forces Democratiques et qui proposent une structure plus équitable. Une proposition qui jusque-là, n’a pas trouve grace aux yeux du gouvernement. Notons que « pour donner une autre chance au dialogue », les parlementaires du PDCI proposent que le debat demarre entre le 10 et le 30 juillet prochain.

Source: Aujourd’hui

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Bédié recommande le respect du code électoral pour éviter les violences

« En faisant tous l’effort d’appliquer et de respecter les règles du code électoral, nous pouvons éviter les violences que génèrent des élections de nos jours. »

Discours du Président Bédié

SÉMINAIRE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES, DES CULTURES, DES ARTS D’AFRIQUE ET DES DIASPORAS (ASCAD)

ÉLECTION ET VIOLENCE

EXPOSÉ DU PRÉSIDENT HENRI KONAN BEDIE, PRÉSIDENT DU PDCI-RDA

12 MAI 2014

CRAE-UEMOA( ABIDJAN- PLATEAU)

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un réel plaisir que j’ai accepté de répondre à votre invitation et de m’exprimer sur la problématique « Election et Violence », dans le cadre du séminaire organisé par le Domaine des Sciences Politiques, Juridiques, Économiques et de Gestion de l’Académie des Sciences, des Cultures, des Arts d’Afrique et de ses Diasporas.

Permettez-moi, avant tout propos, de féliciter le Président de l’ASCAD et les organisateurs de ce séminaire qui intervient à quelques mois du prochain cycle électoral que notre Pays va connaître.

Mesdames et Messieurs les membres de l’ASCAD, vous m’avez demandé de vous parler du « Rôle du PDCI-RDA dans la lutte contre la violence électorale ».

En effet, la période électorale est dans la vie d’une Nation, ce moment qui véhicule une forte dose d’émotions et de passions. Il s’agit de désigner une personne à une Dignité, à une fonction par voix de suffrage qui est une onction.
Alors la tentation est souvent forte d’acquérir dette onction, de l’arracher ou de la conquérir de façon brutale, par la force.

Aussi, ne peut-on ignorer la personnalité des intervenants et leur état d’esprit en rapport avec la démocratie.

Les intervenants sont-ils démocrates?

C’est à dire, sont-ils imprégnés de la doctrine politique d’après laquelle, la souveraineté doit appartenir à tous les citoyens?

Ont-ils de la considération pour le citoyen?

Acceptent- ils de respecter le choix d’autrui?

C’est en me posant ces questions fondamentales, que je voudrais donner quelques éléments de réponse à travers l’expérience du PDCI- RDA, qui a soixante quatre(64) ans de pratique électorale.

En effet, le PDCI-RDA, profondément attaché au progrès des peuples et à la solidarité des Nations, a toujours milité pour l’édification d’une Afrique libre, unie et prospère, et pour la construction d’un monde de justice et de paix, par le dialogue, la neutralité, l’égalité, la tolérance et la dignité.

C’est en respectant ces idéaux que le PDCI-RDA a conduit aux destinées du pays jusqu’au coup d’état de 1999.

Néanmoins, comme la plupart des pays d’Afrique, la Côte d’Ivoire a été invitée à s’engager, au début des années 1990, dans un processus visant à faire évoluer son mode de gouvernance vers le multipartisme, qui avait jadis existé dans ce pays.

Il faut rappeler cependant que depuis l’appel de Brazzaville en 1944 et ensuite la loi-cadre de Gaston Déferre en1956, les africains, devenus des électeurs bénéficiant des mêmes prérogatives que les citoyens français, ont été amenés, à plusieurs reprises, à désigner leurs représentants au suffrage universel.
Au cours de cette période, les élections se sont déroulées sans que la violence n’atteigne le seuil d’aujourd’hui.

Dans notre Pays, les violences électorales sont inscrites durablement dans le paysage politique ivoirien depuis l’appel au «boycott actif» de 1995. Depuis cet instant, les élections sont de plus en plus devenues une question de vie ou de mort avec l’utilisation de tous les moyens. Le langage des élections devient de plus en plus violent et est parfois dénué de toute retenue et de bon sens. C’est tout comme si l’élection était une guerre et que seul le gagnant était un bon stratège.
Il s’est également développé, la culture du déni de la défaite avec un esprit de contestation systématique.

Or le pluralisme politique fait partie intégrante du processus démocratique. Il a un sens qui s’est construit au fil de l’histoire : il s’agit de permettre l’expression souvent contradictoire – voire antagoniste – de courants d’idées qui recouvrent des choix de société.
Après trente ans de culture de parti unique, les pays africains semblent éprouver des difficultés à intégrer la notion de multipartisme, et la synthèse qu’avait proposée le Président Félix HOUPHOUÊT- BOIGNY en 1980; le pluralisme des candidatures au sein du parti unique, n’aurait peut-être pas dû faire sourire, car il amorçait ainsi calmement une évolution qui avait besoin de temps.

Comment le PDCI-RDA lutte-t-il contre la violence électorale ?

D’abord compte tenu de la complexité du processus électoral, le PDCI-RDA pense qu’une bonne manière de lutter contre les violences électorales est la formation de ses militants et des électeurs.

C’est ainsi que nous comptons rendre fonctionnelle, l’Institut d’Études Politiques du PDCI-RDA pour la formation initiale et continue des militants, en leur donnant des outils nécessaires à leur édification.

Les élections étant régies par un code électoral, les responsables de base (présidents de comité, Secrétaires Généraux de Section, responsables des Femmes et des Jeunes) devront s’en approprier.

Cette formation est également essentielle pour les potentiels candidats.

Une sensibilisation particulière des structures électorales et des acteurs des élections devra viser l’acceptation des résultats électoraux et la gestion des contentieux qui pourraient survenir.

Ensuite, pratiquer une démocratie interne au sein des Partis Politiques dans le choix de ses responsables à travers le jeu des élections et en organisant des élections primaires pour le choix de ses représentants lors des élections nationales.
Le PDCI-RDA estime être sur la bonne voie, d’autant plus que depuis 2002 (11ème Congrès Ordinaire), le choix du Président du Parti a été fait par un vote à bulletin secret lors de scrutins pluralistes.
A l’issue des scrutins organisés selon les normes (dépôt des candidatures, Présidents de Bureaux de vote, représentants des candidats par bureau de vote, dépouillement public), les résultats ont été acceptés à chaque fois par tous les candidats.

Enfin, être démocrate. Il est bon de rappeler pour mémoire que lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2010, le candidat du PDCI-RDA a accepté les résultats proclamés par l’autorité organisatrice de l’élection, permettant ainsi à la Cote d’Ivoire de passer au deuxième tour du scrutin sans heurt après avoir pris acte de la réponse réservée à sa requête par la Cour Suprême de Côte d’Ivoire.

Il en a été de même pour les élections municipales et régionales couplées de 2013.

Le PDCI-RDA a déposé une vingtaine de dossiers dans le contentieux des résultats dont il a accepté le verdict de la chambre administrative de la Cour Suprême.

En conclusion

Malgré les avancées enregistrées dans l’organisation d’élections paisibles et crédibles en Afrique, les élections demeurent des moments de vulnérabilité politique et sociale souvent entachés de fortes tensions, voire de violences. Ces acquis démocratiques, même s’ils paraissent peu importants, méritent d’être préservés et renforcés.
Tout en ayant plusieurs fois fait les frais de violence lors des élections, le PDCI-RDA reste convaincu que la politique est un jeu démocratique. Ainsi, lorsqu’on observe la situation de plus près, on remarque que la victoire à une élection procure les mêmes effets que le jeu : satisfaction, plaisir, goût du risque, honneur, etc.
On sait par ailleurs qu’un jeu n’est valable que lorsqu’il s’appuie sur des règles de base. Ces règles de base sont contenues dans le code électoral.
Les Commissions électorales doivent donc jouer un rôle clé dans l’instauration d’un climat de confiance nécessaire pour la tenue d’élections paisibles.
En faisant tous l’effort d’appliquer et de respecter les règles du code électoral, nous pouvons éviter les violences que génèrent des élections de nos jours.

Fait à Abidjan, le 13 mai 2014

Henri KONAN BEDIE

Président du PDCI-RDA

 

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