« Le poignard de Brutus »

« Le poignard de Brutus »

« Ca y est ! Il s’est enfin décidé. Il va affronter son géniteur »
Ont aboyé à l’aube les cerbères en fanfare troublant les cœurs
Ils espèrent ainsi voir le fils aimé achever leurs funestes projets
En plantant un coutelas meurtrier dans le dos de celui qui l’a fait.

On l’a bien vu. Celui que le peuple a élu et soutient avec ferveur
A sué pour l’élever pour en faire son légitime héritier en douceur
Il l’a comblé d’un amour paternel franc, loyal et pur afin d’orner
Son destin de magnifiques roses pour le pouvoir légal lui assurer.

Mais lui, l’âme infâme, rêveur fou, pétri d’avidités, trop pressé,
Sans attendre son heure pour recevoir le siège d’or à lui réservé
S’est laissé porter dans d’obscurs plans et des basses manœuvres
Montés outre-Atlantique pour nuire à son père et à ses œuvres.

A force d’ouïr que César ne doit plus jamais trôner sur la Nation
Il s’est convaincu, lui Brutus, être l’homme fort de la situation.
Avec des parrains de l’ombre, pour soumettre la patrie à sa loi
Et pour la couronne, il s’est résolu à se débarrasser du grand roi

Après plusieurs danses de tango mêlées à des cirques de crabe
Il est entré ouvertement dans le complot en lançant des diatribes
Contre son protecteur, ses fidèles amis et contre le peuple entier.
Désormais il ne cache plus qu’il fait partie du clan des conjurés.

« Je veux le pouvoir pour tout moderniser » clame-t-il, ô honte !
On croirait entendre Euripide dire d’un air fade de vil géronte :
« S’il faut violer le droit, que ce soit pour régner ! » O l’ingrat !
La déloyauté lui pend tant au nez qu’il a perdu le nord et la foi.

Le voilà à présent courir vers le Sénat pour accomplir son forfait
Avec l’aide de mercenaires encagoulés familiarisés aux méfaits.
Tous munis d’un poignard s’apprêtent pour asséner le coup fatal.
Mais grâce à Dieu, les faits du passé ne se répéteront pas au final

Car Anomabo n’est pas Rome et les Eburnéens pas des Romains
Chaque contrée a ses réalités, chaque peuple ses réflexes divins
César le Latin est mort du poignard de Brutus son fils bien-aimé
L’Eburnéen survivra à tous les coups. Et malheurs aux enfoirés !

Lazare KOFFI KOFFI

Exilé politique

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One comment

  1. Votre texte est beau et profond. Ne soyez as triste. Les derniers éléments se dévoilent avant la libération du pays.

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