Le premier match truqué de l’histoire
Héraclès étouffant le géant libyen Antée. Face principale d'un cratère en calice attique à figures rouges, 515-510 av. J.-C. Musée du Louvre - Creative Commons

Le premier match truqué de l’histoire

L’analyse d’un ancien papyrus vient de révéler la plus ancienne trace écrite que l’on possède d’un match truqué. Il s’est tenu en 267 de notre ère, sur les bords du Nil, dans la ville d’Antinoé. Et il s’agissait d’un combat entre deux lutteurs.

“Le combat était programmé pour la quatorzième année du règne de l’empereur romain Gallien, dans la ville d’Antinoé, sur le Nil. C’était le dernier événement des Jeux sacrés honorant la mémoire du jeune éphèbe Antinoüs, déifié [après s’être noyé dans le Nil], et deux lutteurs nommés Nicantinous et Demetrius en étaient les vedettes”, écrit leSmithsonian Magazine. “Cela promettait d’être un noble spectacle, sauf que le match était arrangé”.

La preuve écrite, c’est l’analyse d’un ancien papyrus daté de 267 après Jésus Christ trouvé au début du XXème siècle dans la ville d’Oxyrhynque, elle aussi sur le Nil, qui vient de l’apporter, indique leSmithsonian. Traduit et décrypté par Dominic Rathbone, du King’s College de Londres, ce document s’est révélé être un contrat. Il prouve, si besoin était, que l’on n’a pas attendu qu’il y ait des sommes colossales en jeu pour truquer les rencontres sportives.

Pour une poignée de drachmes

Ce contrat encadre le pot de vin promis à Demetrius. Et celui-ci a donc accepté de se coucher pour 3 800 drachmes. De quoi se payer un âne, précise le magazine américain. La somme semble d’ailleurs faible aux yeux de Rathbone, qui souligne que ces athlètes, quand ils étaient victorieux, avaient droit à un triomphe et une confortable somme.

D’autres écrits tendent à prouver que la corruption était courante pendant les événements sportifs antiques, ajoute le journal : on sait par exemple que les amendes versées par les athlètes pris la main dans le sac ont participé au financement de la statue de bronze de Zeus à Olympie, indique-t-il. Et dans ses écrits, le sophiste grec Philostrate se plaint de la décadence du monde sportif, et blâme les entraîneurs, “qui n’ont que faire de la réputation des athlètes, mais deviennent leurs conseillers financiers, avec pour objectif leur seul profit.”

Source: COURRIER INTERNATIONAL

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