Le président Henri Konan Bédié serait-il pris dans un engrenage de chantage politique? (Joël Ettien)
Henri Konan Bédié, président ivoirien de 1993 à 1999. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Le président Henri Konan Bédié serait-il pris dans un engrenage de chantage politique? (Joël Ettien)

La politique ivoirienne devient vraiment un jeu de dupe et des surprises ne cesseront jamais de se produire.

Au regard de tout ce qui se trame, nous sommes tombés dans un flou politique qui nous interpelle sur les visites récurrentes de certains candidats à la présidentielle de 2020  au domicile Parisien du président Bédié. Des doutes sont en train de gagner le rang des militants du PDCI RDA et des interrogations nourrissent les causeries de salon. Alors, peut-on se poser la question de savoir pourquoi toutes ces  fréquentations nocturnes  chez le président Bédié? Serait-il pris dans un engrenage de chantage politique par Ouattara et Soro?

Pour prévenir toute déconvenue, ne serait-il pas opportun de susciter  la création de courants forts au sein du PDCI RDA, comme piliers de résistance  au cas où, la tornade nous menacerait d’emporter les toits de la maison familiale? Pour qu’un parti soit fort surtout comme le PDCI RDA, il lui faut des courants d’animation pour promouvoir les idéaux et la démocratie afin de résister aux attaques externes comme, c’est le cas en ce moment du PDCI RDA.

Le RDR ne se rappelle plus du grand service que le président Bédié lui avait rendu en 2015 par le fameux appel dit de Daoukro. Comme les mémoires se raccourcissent, alors, les mêmes sont en train d’intimider le président Bédié qui, dit-on, ne veut pas voir son pays s’embraser parce que le parti au pouvoir, le RDR est encore détenteur d’armes, voire une armée parallèle à l’armée nationale. Comment peut-on parler d’élection libre et transparente dans ces conditions? Le RDR de M. Ouattara considère le PDCI RDA non seulement comme un redoutable adversaire politique, mais une force d’appoint sur laquelle Ouattara peut toujours compter. Si l’objectif premier d’un parti, c’est la conquête du pouvoir et je ne comprends pas les raisons qui poussent M. Bédié a sollicité la bonté de son rival d’aujourd’hui, à lui céder gracieusement le pouvoir, sans aucun effort.

Le seul politique ivoirien qui a joué avec le pouvoir et qui a mis le pays en mal et dans les problèmes, c’est le président Gbagbo. Mais, le RDR n’est pas prêt à laisser ce pouvoir pour rien au monde alors, je ne comprends pas les agissements du président du PDCI RDA.

Des accusations lui sont portées d’être le financier de la rébellion, soit pour le salir, le discréditer, mais une chose est sûre, il faut que le PDCI RDA se mette bien dans la tête, que l’alternance n’est pas un vocable qui peut assujettir son allié d’hier devenu, son rival.

Alors, nous regardons tous, les cadres du PDCI RDA comme les Charles Konan Banny, Jean louis Billion, Charles Diby Koffi et bien d ‘autres que nous ne pourrons citer, de se réveiller pour venir en aide au président qui ne le dit pas, mais semble être en danger.

Pourquoi et que cherche Soro Guillaume en fréquentant le « vieux »? Et si demain, un autre appel retentissait en sa faveur? Si le vieux, de peur de voir le pays basculer dans une autre guerre civile, sacrifiait son PDCI RDA au bénéfice de Soro qui est et demeure le chef des armées et dont le RDR n’en veut pas, que diront les militants? C’est une question que nous nous posons. Mais, nous sommes en droit de la poser, parce qu’un comité serait entrain de confectionner des pagnes à l’effigie du président Bédié pour fêter les deux ans de l’anniversaire de l’appel de Daoukro. A quel dessein, un tel projet d’un appel qui a fait plus de dégâts que de bien à la population, ferait comme priorité? N’a-t-on pas coutume d’entendre que qui a bu, boira? Loin de douter de la crédibilité du président Bédié, mais, je sais bien une chose, chat échaudé, craint l’eau chaude.

Nous croyons que les cadres du PDCI RDA doivent venir au secours du président. Sinon, quelles seraient les raisons de ces visites qui peuvent s’interpréter comme une pression. Dans l’isoloir, si le président Bédié, ne fait rien pour sortir de ses entretiens avec tout ce monde, la prudence serait que ceux que je viens de citer prennent leurs responsabilités et donnent de la voix au PDCI RDA.

La jeunesse de ce parti est impatiente et craint que demain, si leur président avouait son incapacité à présenter un candidat au bénéfice de Soro, quel serait son avenir?

Sinon, en quoi M. Ouattara a été un homme de paix, avec un bilan aussi chaotique qui saute aux yeux de tout le monde pour que le président Bédié l’encense d’homme venu en sauveur pour libérer les ivoiriens? Dans les faits et gestes du président Bédié, on ne lit pas que M. Ouattara sera son adversaire et pourtant, il l’est et il le sera. Alors, si les Banny ne veulent pas voir mourir le parti de leur papa, il est bien le moment, de poser des réserves et sortir le président Bédié de cette situation qui frise, un autre appel, ou prendre leurs responsabilités, en animant le parti.

Joël ETTIEN

Source: businessactuality.com

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