Le Président Jerry Rawlings révèle: Au début de la crise, Goodluck Jonathan était pour aider le Président Laurent Gbagbo, parce qu’il avait raison

Le Président Jerry Rawlings révèle: Au début de la crise, Goodluck Jonathan était pour aider le Président Laurent Gbagbo, parce qu’il avait raison

Au moment ou le probléme s’aggravait en Côte d’Ivoire, le Président Mills était au pouvoir et les préoccupations portaient sur comment éviter que le conflit ne cause encore plus de victimes et ne dégénère complétement. Le President Mills m’a invité a une reunion avec certains de ses commandants et officiers supérieurs de la sécurité pour solliciter notre avis, recueillir notre point de vue sur la situation, savoir que faire et quelle approche privilégier. Au cours de la réunion, il a lui-méme suggéré d’envoyer des troupes en Côte d’Ivoire par solidarité avec le Président Laurent Gbagbo, parce que Gbagbo avait raison.

Quand Mills a communiqué sa position, les commandants et moi étions d‘accord avec lui et ce fut le seul commentaire que je fis. Cette réunion eut lieu en préparation d’un sommet des Chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui devait se tenir au Nigeria pour décider de la marche à suivre en Côte d’Ivoire. Mills s’est donc rendu au Nigeria porteur de la position du Ghana, qui était d’envoyer des troupes pour défendre GBAGBO.

Cependant, avant son depart, Mills m’a raconté avoir reçu un appel du Sous-Secrétaire d’Etat américain chargé des affaires africaines, qui voulait vérifier la position du Ghana. Il a dit que lorsqu’il lui donna l’impression que le Ghana était contre GBAGBO, le diplomate a demandé son appui pour convaincre Goodluck Jonathan de s’aligner sur la position Mills.

Avec sa position initiale, Mills s’est rendu au Nigeria. Abdoulaye Wade, Président du Sénégal, Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso et je crois un troisiéme Chef d’Etat ont décidé que NON, c’est l’inverse qui devait se faire. Ils ont donc réussi a tendre une embuscade, d’abord à Mills, et ensuite à Jonathan, pour qu’ils abandonment GBAGBO et rejoignent les nations occidentales.

Alors, que fit Mills lorsque la CEDEAO demanda d’envoyer des troupes pour lutter contre GBAGBO ? Il indiqua que la plupart des troupes que le Ghana aurait pu envoyer étaient engagées dans des missions de maintien de la paix au Moyen-Orient. C’est par cette excuse que Mills a pu soustraire le Ghana d’avoir à fournir des troupes. Troupes disponibles ou pas, il avait adopté une position politique sérieuse contre GBAGBO, contre la position de principe. Le point que je veux souligner est que GBAGBO, qui est perçu comme an vrai patriote, nous voyait aussi comme de vrais patriotes. C’est pourquoi il avait fait tout son possible pour soutenir Atta Mills de diverses manières.

‎Jerry RAWLINGS‬, ex Président du Ghana, dans le livre “Le PROCÈS DE LA CPI CONTRE LE PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO”

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