Le procureur MacDonald et les civils français imaginaires de l'Hôtel Ivoire from Demokratia on Vimeo.

Le procureur MacDonald et les civils français imaginaires de l’Hôtel Ivoire

Le 9 novembre 2004, qu’on a surnommé le mardi noir de l’armée française, des milliers de manifestants civils pacifiques étaient massés devant l’Hôtel Ivoire, à Abidjan, pour réclamer le départ des troupes françaises, qui venaient de détruire au sol tous les appareils de l’aviation ivoirienne. Ils soupçonnaient la France de préparer un coup d’État contre le président Laurent Gbagbo. Vers la fin de l’après-midi, l’armée française ouvrit subitement le feu sur les manifestants. Le bilan? Seize morts et soixante-seize blessés. Tous des civils non armés.

Le 11 avril 2011, plus de six ans après son coup d’État raté de 2004, la France acheva son opération sanglante de changement de régime. À la faveur d’une violente crise postélectorale et d’une campagne massive de propagande mensongère montée de toutes pièces par le président français Nicolas Sarkozy et ses complices africains et étasuniens, les troupes françaises s’allièrent aux rebelles qui avaient endeuillé la Côte d’Ivoire depuis 2002 ainsi qu’à des mercenaires déguisés en Casques bleus pour massacrer des milliers d’Ivoiriens, bombarder la résidence présidentielle et capturer Laurent Gbagbo. Sarkozy installa son ami Alassane Ouattara à la présidence de la Côte d’Ivoire et envoya Laurent Gbagbo en prison.

Le 28 janvier 2016, cinq ans après le coup d’État de la France, le procès inique du président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé commença à la Cour pénale internationale, un tribunal raciste mis sur pied pour juger des dirigeants africains. Là-bas, il ne s’agit pas vraiment de juger des criminels, mais plutôt des hommes fiers et intègres qui commettent le crime de défendre la souveraineté de leur pays et de refuser d’obéir aux puissances néocoloniales.

À quelques reprises dans le cadre de ce procès qui devrait durer encore longtemps et où ce sont les victimes qui sont poursuivies par les bourreaux, il fut question des évènements de novembre 2004. Le 18 mars 2016, le procureur Éric MacDonald, exécuteur des basses œuvres de l’injustice internationale, essaya de faire mentir son propre témoin, Mohamed Sam Jichi, alias Sam l’Africain.

M. MacDonald aurait voulu entendre Sam l’Africain dire que, le 9 novembre 2004, devant l’Hôtel Ivoire, à Abidjan, les troupes françaises étaient obligées d’ouvrir le feu et de tuer des manifestants civils pacifiques parce qu’elles protégeaient des civils français réfugiés dans l’hôtel. C’est ce que les responsables militaires français tentèrent de prétendre en 2004, jusqu’à ce que, peu de temps après le drame, des journalistes révèlent la vérité.

Une fois de plus, le 18 mars 2016, M. MacDonald fut amèrement déçu par son témoin, qui s’en tint à la vérité comme il l’avait fait les jours précédents, pendant son long témoignage. Depuis longtemps, Sam l’Africain et ses compatriotes ivoiriens savent que la version initiale des généraux français est un grotesque mensonge. Il n’y avait pas de civils français à protéger à l’Hôtel Ivoire. L’armée française massacra des civils ivoiriens qui lui barrait la route vers le palais présidentiel, purement et simplement.

Plus de onze ans après le mardi noir, le procureur Éric MacDonald, lui, préfère les anciens mensonges des généraux français à la vérité. Pire encore, il essaie de faire avaler ces mensonges à des juges, tout en affirmant sans vergogne chercher la vérité. Éric MacDonald sait qui paie son salaire et qui tire les ficelles à la Cour pénale internationale. Voilà pourquoi il s’efforce de recycler de vieilles et sinistres affabulations.

Source: Demokratia

About Tjefin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.