Le Professeur Franklin NYAMSI : Ce GENIE que le monde entier nous envie.

Le Professeur Franklin NYAMSI : Ce GENIE que le monde entier nous envie.

Franklin, j’ai eu deux sentiments contradictoires à lire ta réponse :

1) Refuser de patauger avec toi dans la même boue où tu te vautres tout au long de tes textes ;

2) Te répondre point par point, d’un ton mesuré, comme je me l’impose, en sachant que nous n’avons pas les mêmes attentes dans le débat intellectuel et/ou militant.

In fine, je fais le choix de m’en amuser. Le texte qui suit n’a qu’une seule prétention : amuser la galerie de façon plus légère que tu le fais avec sérieux, pédantisme et avec une trop haute idée de ce que tu vaux comme intellectuel. N’y vois donc rien de personnel. C’est le personnage que tu campes dans tes vaticinations qui m’amuse. Je prends donc le parti d’en rire et de faire rire à tes dépens. C’est ce personnage que je voussoierai ci-dessous.

Monsieur le « PROFESSEUR AGREGE de philosophie des Universités » de France et de Navarre, dans votre lecture transcendante, une seule chose vous a frappé dans mon texte : le « manque de méthodologie d’analyse ». Faute philosophique impardonnable qui invalide définitivement tout le texte, selon vous. Que d’insultes ensuite !

D’aucuns m’ont conseillé de ne pas répondre à vos ratiocinations, de ne pas répliquer « au coup de pied de l’âne ». Oser vous comparer, « maître en chaire », à l’animal têtu, est un « outrage » à votre « statut personnel », un crime de lèse-génie. Que j’ai commis moi-même, il est vrai, « pseudo-pédagogue » que je suis, en osant répliquer, en l’espace d’un mois, par deux fois, à votre grande PHILOSOPHIE de CHAIRE.

Désarçonné par votre « correction » magistrale et votre mise à niveau philosophique et méthodologique, je rends les armes et me convertis à votre science infuse de maître absolu de la PHILOSOPHIE. Car, si je ne « connais [pas] de l’intérieur comme [VOUS] les forces réellement en présence au Faso », je connais les forces en présence dans les milieux universitaires français pour les fréquenter de temps en temps. Grand Professeur Agrégé Nyamsi, vous-y êtes, en effet, synonyme de l’Un absolu, du NOÛS anaxagorien, de la RAISON universelle à l’œuvre.

Vous qui commettez des ouvrages dans tous les domaines du savoir humain, y considère-t-on, n’êtes pas né d’une procréation quelconque. On vous dit issu tout droit de la lignée des Dieux. Vous êtes l’agrégation à la fois du Dieu solaire égyptien RÊ, du père grecque des dieux, ZEUS, et du Dieu romain JUPITER. La mythologie qui voudrait que vous ayez été couvé dans la cuisse de votre géniteur divin, Zeus, ou de son alter ego romain, Jupiter, est une idée en dessous de votre véridique légende. Votre Eminence êtes du genre à vous auto-procréer. Vous êtes le VERBE fait HOMME.

En vous, toutes les insultes deviennent louanges pour vos contradicteurs : vous m’interpellez avec « rigueur et compassion » et je dois comprendre par-là tout le respect que vous me vouez. Quant vous administrez la « correction » à des intellectuels « ivrogne », « cosmétique », « pseudo-pédagogue » et revanchard burkinabè, vous n’êtes point condescendant. Bien au contraire ! Même quand vous vous vautrez en pleine boue, vous administrez toujours de la haute philosophie, et non pas de la philosophie de caniveaux comme d’aucuns pourraient le penser.

Voyons comment, votre Excellence, rehaussez ce qui aurait pu être perçu comme de la bassesse ou un coup en dessous de la ceinture : « Tu t’avoues la faiblesse de penser que j’oublie « la spécificité du penser philosophique ». Tu devrais bien plus encore t’en vouloir de faire preuve de tant d’amnésie car tu fus longtemps candidat au concours national de l’agrégation française de philosophie que je fus le seul à réussir en juin 2003 dans la même académie que toi, à Poitiers. Il fallait bien que je sache ce que philosopher veut dire pour être admis au plus rude des concours francophones en la matière ».

Ceci est de la philosophie de haute volée. Si ça ne venait pas d’un agrégé, on aurait pensé à une sorte de sublime concours philosophique des quéquettes ou d’à-qui-pisse-plus-loin-que-l’autre. Qui a osé dire en parlant de vous que « l’intelligence c’est comme le beurre, c’est quand on n’en a pas assez qu’on l’étale » ? Encore un de mes semblables non agrégés, sans doute.

C’est pourquoi, je me convertis toute honte bue à votre activité préférée, mon tout nouveau maître à penser : l’encensement des grands génies. Pour ma part, vous êtes le plus grand génie que je souhaite glorifier. Vous êtes la LUMIERE et je suis aveugle. Menez-moi au firmament de la pensée philosophique. Je n’oserai plus répliquer à votre vigoureuse prose philosophique, de peur de vous paraître condescendant. Je me repens de vous avoir offensé par ma vanité trop humaine.

C’est mon insignifiant diplôme de 3ème cycle universitaire qui m’est monté, sans doute, à la tête. Peut-être, majesté, vous êtes-vous renseigné, ou l’avez fait vérifier par un de vos nombreux disciples, j’ai soutenu une thèse de doctorat, en philosophie politique et juridique, à Poitiers, en 1997, c’est-à-dire 13 ans avant votre propre thèse et 6 ans avant votre [pré]« destinale » agrégation. Mais ça c’était avant votre exceptionnelle réussite à l’Agrégation. Vous fûtes, en effet, le Lauréat des lauréats à ce « rude » concours l’an de grâce 2003. Vos copies, modèles du genre, sont depuis exposées au musée du Louvre pour servir de parangon à toute agrégation future. Acceptez-vous au moins que j’utilise mon petit titre de docteur pour prétendre à quelque savoir en philosophie ? Sans être lauréat de « l’agrégation française de philosophie que [vous fu[te]s le seul à réussir en juin 2003 ». Soyez-en loué pour l’éternité.

En vous, je le sais, toutes contradictions s’annulent. Vous êtes l’être qui s’auto-éclaire en éclairant le monde. Vous êtes l’Alpha et l’Oméga de la pensée philosophique. Vous êtes la mère des savoirs et des sciences de l’humanité, l’océan des connaissances vers quoi convergent les petites rivières scientifiques et philosophiques. Vous êtes l’arbre des savoirs autrefois perçu par Descartes en la philosophie, les autres domaines de savoir n’étant que vos ramifications.

Vous avez relevé mes énormes contradictions : par exemple, dire que le Burkina n’était pas un havre de paix et refuser une médiation dans « la guerre » qui secoue le pays. C’est une énorme faute de logique en effet. Mais je ne suis qu’un non agrégé, n’est-ce pas ?

Vous par contre, vous arrivez à dire que vous ne pensez pas Afrique quand vous parler de la Côte d’Ivoire, du Burkina ou du Cameroun mais à l’universelle condition de l’Homme. Vous ne pouvez vous abaisser à une pensée régionale et communautariste, fut-ce le panafricanisme. Mais cela ne vous gêne point en parlant de la Côte d’Ivoire et du Burkina, de prendre la première pour la béquille du second. Guillaume Soro, que vous appelez pudiquement, « ce défenseur attitré des quatre millions de burkinabè de Côte d’Ivoire », tout cela par compassion pour « l’étranger, le pauvre, l’orphelin », le burkinabè, en d’autres termes, est totalement digne de respect et d’éloges pour cela.

Dans la pudeur qui vous caractérise, vous omettez de souligner que ces « gueux » voltaïques et burkinabè, par leur sueur et courage au travail, ont contribué à construire cette Côte d’Ivoire africaine et prospère. Cela, vous aviez prévu de le dire dans une prochaine livraison de votre puissante pensée, peut-être ? Tout cela contredit vos fameuses « faim » et « soif » universelles mais ce n’est qu’une apparence. « Avec tes pareils, assumez le Burkina de votre choix » me dite-vous : cette injonction est-elle à vocation cosmpolitique ? Sûrement !

On serait à moins, pourtant, dans la contradiction et la faute de pensée, quand vous dites, « professeur en chaire », que Thomas Sankara serait criminel pour avoir fait exécuter 7 de ses congénères en 1984 tout en soutenant que Guillaume Soro et Blaise Compaoré sont des démocrates et des colombes toujours soucieux « de la dignité, la liberté, la justice et la vérité ». Vous oubliez de mentionner qu’avant d’être des colombes, des faiseurs de paix et grands démocrates, ces génies politiques ont été d’abord respectivement dirigeant d’État d’exception et guérillero. Comme vous savez tout de l’intérieur, pourriez-vous nous indiquer le nombre de morts au compteur de chacun ? Il n’y en a sans doute pas eu beaucoup, sinon vous l’auriez dit pour ne pas être au moins en défaut de logique. Battent-ils au moins le record de 7 tués par le tyran Thomas Sankara ? Nous sommes toute ouïe.

Je m’égare, sans doute, en abordant ces sujets de peu d’importance. Le seul sujet qui vaille la peine c’est VOUS, je le sais. Tout ce que vous touchez acquiert de la magnificence. L’univers tout entier. C’est pourquoi, il me semble crucial que tout ce qui vient de vous, de vos entrailles notamment, de solide comme de liquide, soit recueilli en vue de fertiliser les zones sahéliennes et désertiques du continent.

Vous m’accusez de « pérorer doctement », si ça n’avait pas été votre Éminence, j’eus pu dire que c’est bien « la poêle qui se moque du chaudron ». A votre hauteur, philosopher c’est jouer avec les mots. De la rhétorique pure. J’ai la faiblesse, – encore une autre – contrairement à votre sainteté, de dire que lorsque je parle ou écris, c’est pour me faire comprendre. J’imite humblement, en cela « l’imbécile » de Socrate, qu’avant votre avènement, on pensait être le modèle de la sagesse philosophique. Ce qui est une erreur énorme de la canaille philosophique des époques pré-nyamsiques. Comment ce va-nus-pieds, arpenteur de l’Agora aurait-il pu philosopher hors de toute chaire ? A l’Agora ? Non bien sûr, puisque vous avez d’autorité disqualifié l’Agora en tant que lieu d’exercice philosophique et, par la même occasion, extirpé Socrate de la lignée des philosophes en ces termes : « Il y a une parole de l’université, il y a une parole de l’agora. Les confondre est un vice de fond et de forme ». Amen !

Vous, mes « suiveurs » et « supporters », nous avons le devoir impérieux de préserver cette Lumière qui vient de notre continent. Sachez qu’avant le Professeur Franklin Nyamsi, tout n’était que brouillard épais ; après lui tout devint clarté. Tachons de ne pas nous en faire déposséder. En France, sachez que les maisons d’édition se disputent ses manuscrits, les centres bibliothécaires et les libraires, ses œuvres. Le ministère de l’enseignement supérieur projette de vider les bibliothèques universitaires pour n’y entreposer que sa prolifique œuvre ; comme le fit jadis le génie des Carpates, en Roumanie.

Toutes les philosophies antérieures n’ont été que des brouillons qui préparèrent pendant des siècles et des millénaires votre avènement. Socrate, Platon Kant, Hegel, Nietzsche, Schopenhauer, non agrégés des universités françaises, n’ont été que des pseudo philosophes. Ils n’ont été qu’autant de brindilles grossières jetées dans le chaudron de l’Histoire en vue de vous forger, cher Surhomme.

Ceux qui vous ont vu sur des photos, en compagnie de Guillaume Soro et de Blaise Compaoré, et en ont vite conclu que vous pourriez être le porte-flingue (plume) de ces génies politiques contemporains ont tout faux. C’est votre grâce M. Nyamsi, qui rejaillit sur eux et non l’inverse.

Mes suiveurs, seront certainement découragés, torturés mais je voudrais encore une fois confesser ma grande faute, grand Sphinx vivant de la pensée philosophique. J’ai commis une grande faute d’avoir voulu penser sans votre bénédiction. Comment, par ailleurs, pouvais-je penser être un pédagogue sans votre acquiescement ? Le fait que j’exerce ce métier depuis 12 ans et dispense des cours à des futurs enseignants et éducateurs depuis 10 années n’y change rien. N’est pas pédagogue qui veut. Il faut votre autorisation préalable. Donnez-m’en donc quitus, mon Seigneur.

Tout ce qui précède m’amène à décider ceci :

1) C’est la toute dernière fois, en cette vie, que j’ose croiser le fer avec une intelligence aussi puissante que vous. Comment, en simple mortel, ai-je eu l’outrecuidance de vouloir me mesurer à Dieu ? Quelle vanité de ma part. Accordez-moi votre absolution, père de la philosophie de tous les temps.

2) A partir de ce jour, je me contenterai de boire l’élixir qui découle de votre grand cerveau. J’y invite mes « supporteurs ». On ne peut contredire ni attaquer le breuvage sulfureux et enchanteur qui jaillit de votre pensée, on s’en repaît à en vomir, pour ensuite se vautrer dans sa propre vomissure et s’en nourrir pour l’éternité.

Votre encenseur dévoué, autrement dit votre griot attitré.

David Sawadogo

Source: Le faso.net

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