Le respecté député Romario de Souza Faria, dit Romario du Parti socialiste: L’histoire d’une métamorphose et d’une reconversion réussie.

Le respecté député Romario de Souza Faria, dit Romario du Parti socialiste: L’histoire d’une métamorphose et d’une reconversion réussie.

C’est l’histoire d’une métamorphose et d’une reconversion réussie. Celle d’un ex-attaquant génial, ingérable et millionnaire au faîte de sa gloire, devenu député respecté.

Extravagant, fanfaron, caractériel, violent… Il est assez rare de se tailler une réputation aussi crasse et d’être en retour autant aimé par ces concitoyens. Sauf peut-être au Brésil, pays qui fonctionne sur le mode idole. Ou lorsqu’on s’appelle Romario de Souza Faria, dit Romario. Le « Baixinho », le petit, comme on l’a baptisé en raison de son mètre 70, aura réussi ce tour de force. Il faut bien avouer qu’il en aura accompli un paquet au cours de sa carrière XXL qui s’étire sur 20 saisons professionnelles. Buteur prolifique, capable d’exploits techniques invraisemblables sur le pré, l’enfant terrible du foot auriverde aura régalé l’homme de la rue et les médias. Et pas seulement pour ses dribbles fulgurants dans des espaces étroits comme une cabine téléphonique.

Le récit de ses frasques et dérapages aurait de quoi remplir un bottin mondain : virées régulières en boîtes de nuit la veille des matches, bourre-pifs avec son ex-ami et international « l’animal » Edmundo, torgnole donnée à son coéquipier du Fluminense Andrei en plein match, liaisons extra-conjugales en pagaille, demandes de reconnaissance en paternité, non paiement de pensions alimentaires, démêlés avec le fisc brésilien, tentatives de kidnapping pas très claires… On est loin d’un inventaire à la Prévert. Charitable, on vous épargne ses brouilles avec Pelé, Cruyff, Bebeto ou Luxemburgo rien que ça !

Romario embrassant la Coupe du Monde. L’attaquant a porté la Seleçao vers le sacre en 1994 aux Etats Unis Le respecté député Romario de Souza Faria, dit Romario du Parti socialiste: L’histoire d’une métamorphose et d’une reconversion réussie.

Romario embrassant la Coupe du Monde. L’attaquant a porté la Seleçao vers le sacre en 1994 aux Etats-Unis

Une anecdote aide à cerner l’orgueil bouffi du spécimen et sa rancune légendaire. En 1998, l’attaquant de la Seleçao n’est pas retenu pour la Coupe du monde en France. En représailles, celui qui fut quatre ans plus tôt l’artisan principal du 4e titre mondial aux Etats-Unis, fait peindre des caricatures de Zagallo et Zico assis dans les WC de la discothèque de sa propriété. « C’est le joueur le plus difficile à diriger que je n’ai jamais eu », a dit de lui un jour Sir Bobby Robson, qui l’a cornaqué au PSV Eindhoven et qui en connaît un rayon en champion au melon boursoufflé. « C’était aussi un des plus formidables joueurs que j’ai jamais vus. Qu’est ce que vous pouvez faire avec un type comme lui ? Faire avec… en sachant que vous le changerez pas, et attendre qu’il vous gagne des matches ». Tout est dit.

Retiré des terrains en 2009, l’ancien avant-centre vedette de Barcelone et du Vasco de Gama aurait pu choisir la voie toute tracée et lucrative de commentateur sportif sur une chaîne payante brésilienne, voir d’entraîneur, comme tant d’autres internationaux désoeuvrés avant lui. C’est mal le connaître.« Je ne serais jamais entraîneur. Je n’aurais pas la patience, par exemple de gérer un joueur comme…Romario », jure avec une ironie mordante le carioca qui prend tout son monde à contre-pied, une fois de plus, en préférant finalement s’inviter dans le débat public.

Octobre 2010, l’ancien gamin de Jacarezinho, une favela de la banlieue de Rio, est élu député fédéral du Parti socialiste. A 48 ans, il se sait attendu au tournant. Mais ses premiers pas au parlement vont conforter ses détracteurs. Dès sa prise de fonction, Romario s’attire les ricanements, pas totalement injustifiés d’ailleurs, de l’establishment en recrutant deux blondes tape à l’oeil comme assistantes parlementaires. Les critiques pleuvent. On lui prédit une mandature compliquée. Sans doute un peu trop vite.

En l’espace de quelques mois, le néophyte va parvenir à retourner l’opinion et les préjugés. Son assiduité commence par détonner dans un hémicycle habitué à l’absentéisme record. A Brasilia, l’apprenti député n’a surtout pas l’intention de faire de la figuration. Il siège dans quatre commissions dont une dédiée à l’Education et une autre à la Coupe du monde. Contre toute attente, il rédige et fait passer plusieurs amendements en faveur des handicapés, pour favoriser leur insertion sur le marché du travail et revaloriser les minima sociaux des plus modestes. Le handicap, Romario en a fait la matrice de son engagement en politique, avec la corruption des élites. Ivy, la plus jeune fille de ses filles est atteinte de trisomie 21. « Quand elle est née, j’ai pris conscience des discriminations qui pèsent sur 25 millions de Brésiliens. Ici, personne ne défend leurs droits », déplore l’empêcheur de penser en rond.

Avec l’âge, l’homme semble s’être responsabilisé. N’allez pas croire pour autant qu’il se soit complètement rangé ou assagi. « J’aime les femmes, sortir et m’amuser. C’est pour ça que le peuple s’identifie à moi » confirme l’ex n°11 de la Seleçao qui n’a rien perdu de son sens de la provoc. Bien qu’il ait raccroché ses crampons, il sait toujours frapper là où ça fait mal. Ses déclarations fracassantes et assassines sont là pour le rappeler. Contrairement à un Pelé ou à un Ronaldo, businessman aux dents longues et aux discours aseptisés, Romario se distingue par ses coups de gueule et ses prises de position tranchées. Dans son viseur depuis plusieurs mois : la Fifa, les dépenses faramineuses d’un Mondial qu’il juge déjà « catastrophique », le détournement de l’argent public, ainsi que les mensonges de son Comité d’organisation. Morceau choisi : Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fifa, « est le maître-chanteur le plus important du sport mondial », et Sepp Blatter, son président, « un voleur corrompu, un fils de p… ».

Autrefois coéquipiers en sélection Romario et Ronaldo ont pris des chemins opposés. Le député dénonce l’organisation du Mondial au Brésil quand l’homme d’affaires défend ses intérêts Le respecté député Romario de Souza Faria, dit Romario du Parti socialiste: L’histoire d’une métamorphose et d’une reconversion réussie.

Autrefois coéquipiers en sélection, Romario et Ronaldo ont pris des chemins opposés. Le député dénonce l’organisation du Mondial au Brésil quand l’homme d’affaires défend ses intérêts

Mais ses piques les plus régulières, il les réserve à son rival préféré, Ronaldo, qui lui dispute depuis des années le titre officieux de meilleur avant-centre de l’histoire de l’équipe du Brésil. Romario-Ronaldo : deux destins croisés que tout oppose aujourd’hui. A 37 ans, « Il Fenomeno » règne presque sans partage sur le foot brésilien. Sa société de marketing 9ine gère les droits d’image des plus grandes stars du pays comme Neymar ou Ganso. Mi-mars, Romario a déterré la hache de guerre en dézinguant le double Ballon d’or, membre éminent du Comité d’organisation du Mondial, et coupable à ses yeux de trahison. Sa faute ? Ronaldo se serait engagé à attribuer 32 000 places gratuites dans les stades aux invalides et aux plus pauvres avant que la promesse ne soit enterrée. « Il avait publiquement promis et puis rien »a lâché dans une rage noire le candidat aux élections sénatoriales d’octobre. « Il est déplorable de voir Romario me donner la responsabilité de choses qui vont au-delà de mon pouvoir. Est-ce de l’opportunisme sur mon dos ou de l’ignorance » s’est défendu Ronaldo en essayant plus tard de calmer le jeu avec un art consommé de la langue de bois dont il a le secret. « Il nous arrive de ne pas être d’accord mais on se respecte beaucoup tous les deux. Et je n’ai rien contre lui. D’ailleurs comme joueur, je l’ai toujours admiré ». Décidément.

Source: cafezinho

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