Le Rwanda va enquêter sur le rôle de 20 militaires français dans le génocide

Le Rwanda va enquêter sur le rôle de 20 militaires français dans le génocide

Lassé par l’interminable instruction française sur l’attentat déclencheur du génocide des Tutsis, Kigali a décidé d’ouvrir une enquête sur l’implication de vingt militaires français dans ce qui s’est passé en 1994.

Dans l’histoire tumultueuse et souvent tendue des relations entre la France et le Rwanda depuis 1994, les autorités de Kigali ont franchi un pas supplémentaire le mardi 29 novembre 2016 en annonçant  avoir ouvert une « enquête criminelle formelle sur le rôle de certains agents et/ou fonctionnaires du gouvernement français dans le génocide commis contre les Tutsis au Rwanda en 1994 ». Cette décision semble faire suite au refus par la justice française de clore l’enquête initiée en 1998 sur les responsabilités de l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président Juvénal Habyarimana, qui a signalé le déclenchement du génocide qui a fait près d’un million de morts.

Le procureur général du Rwanda s’est refusé à communiquer la liste des vingt Français visés par cette enquête, mais plusieurs sources, en France comme au Rwanda, soulignent qu’elle correspond, à deux exceptions près, à celle publiée le 31 octobre 2016 par la Commission nationale de lutte contre le génocide. On y trouve le chef d’état-major des armées en 1994, l’amiral Jacques Lanxade, le chef d’état-major particulier du président de l’époque, François Mitterrand, le général Christian Quesnot, et son adjoint le général Jean-Pierre Huchon. Y figurent également les noms d’un certain nombre de militaires français ayant formé des soldats rwandais ou ayant participé aux opérations Amaryllis puis Turquoise : Michel Robardey, Jacques Rosier, Jacques Hogard, Jean-Claude Lafourcade… Ainsi que le sulfureux Paul Barril, ex-« gendarme de l’Élysée » reconverti dans les opérations louches, qui avait prétendu avoir retrouvé la boîte noire de l’avion d’Habyarimana, et qui fait par ailleurs l’objet d’une information judiciaire au pôle génocide du tribunal de Paris.

D’autres officiers français font partie de cette liste (voir document ci-dessous), des noms souvent familiers pour ceux qui se sont un jour penchés sur les responsabilités françaises dans le génocide rwandais. Il convient néanmoins, selon une source contactée par Mediapart, de retrancher de cette liste du 31 octobre deux noms (Gilbert Canovas et Grégoire de Saint-Quentin), et d’en rajouter un : Jean-Rémy Duval (alias Diego).

Contrairement à une liste précédente de « personnes les plus impliquées dans le génocide », établie par le gouvernement rwandais en 2008, qui incluait une douzaine de personnalités politiques (dont François Mitterrand, mais également Alain Juppé, Édouard Balladur, Hubert Védrine, Dominique de Villepin, François Léotard et d’autres membres du gouvernement ou du Quai d’Orsay à l’époque), cette nouvelle enquête rwandaise ne paraît concerner que des militaires.

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