Le scandale de la NSA continue: Après les écoutes téléphoniques du leadership “français”, voici l’espionnage économique dévoilé par Wikileaks!

Le scandale de la NSA continue: Après les écoutes téléphoniques du leadership “français”, voici l’espionnage économique dévoilé par Wikileaks!

Après les écoutes politiques, l’espionnage économique !

Les nouveaux documents publiés par WikiLeaks, en partenariat avec Libération et Mediapart, dévoilent “l’ampleur des opérations menées par les services de renseignement américains contre les intérêts français”. Cinq rapports de synthèse de l’Agence nationale de sécurité (NSA) montrent que des responsables et diplomates ont été espionnés entre 2004 et 2012, notamment Pierre Moscovici et François Baroin lors de leur passage à Bercy.

Avec “l’ami américain”, le parrain des “Young leaders” (dont Hollande) de la “French American Foundation” (*), la France domestiquée par Washington n’a plus besoin d’ennemis…

Extrait des révélations de Libération :

“Une stratégie offensive qui apparaît dans un document secret fixant les objectifs prioritaires des Etats-Unis dans le domaine économique. Baptisée «France : développements économiques» et datée de 2012, cette note constitue la doctrine de la NSA en la matière. Elle vise à recueillir toutes informations pertinentes sur les pratiques commerciales françaises, les relations entre Paris et les institutions financières internationales, l’approche des questions liées au G8 et au G20 ou encore les grands contrats étrangers impliquant la France. Ce dernier point, un des plus sensibles, est détaillé dans une sous-section intitulée «Contrats étrangers-études de faisabilité-négociations». Il s’agit de récupérer toutes les informations possibles sur les contrats d’envergure impliquant des entreprises françaises, notamment ceux dépassant les 200 millions de dollars.

Des révélations qui risquent de jeter un froid sur les négociations autour du Tafta, le traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, dont le prochain round est prévu mi-juillet, à Bruxelles. La plupart des secteurs stratégiques sont visés par la NSA : technologies de l’information, électricité, gaz, pétrole, nucléaire, transports, biotechnologies, etc. Toutes les informations recueillies sont ensuite partagées avec les principales administrations américaines : département de la Sécurité intérieure, département du Commerce, département de l’Energie, agence de renseignement de la Défense, Réserve fédérale, Trésor et même commandement des forces américaines en Europe. Jamais la preuve d’un espionnage économique massif de la France, orchestré au plus haut niveau de l’Etat américain, n’avait été établie aussi clairement.”

(*) Lire COMPRENDRE CE QUI SE PASSE EN FRANCE : LA ‘FRENCH-AMERICAN FOUNDATION’ MATRICE DE LA COLLABORATION FRANCAISE

Sur http://www.lucmichel.net/2014/01/11/pcn-info-comprendre-ce-qui-se-passe-en-france-2-la-french-american-foundation-matrice-de-la-collaboration-francaise

Luc MICHEL

_________________________________

“Libération” et Mediapart racontent les coulisses des révélations sur la NSA

Les documents obtenus par WikiLeaks prouvent que la NSA a espionné les communications de l’Elysée, entre 2006 et 2012. Récit d’une semaine un peu spéciale au sein des rédactions de Mediapart et “Libération”, qui ont révélé l’affaire.

“C’est un travail de plusieurs jours”. Fabrice Arfi, journaliste d’investigation à Mediapart, reste vague sur le jour où les journalistes ont réussi à obtenir les documents top secrets de l’agence de renseignement américaine (NSA), de la part de WikiLeaks. Idem du côté de “Libération” : “On ne peut pas indiquer la date précise pour des raisons de sécurité. Moins on en dit, mieux c’est”, explique Johan Hufnagel, numéro deux du journal. Making off d’une affaire d’espionnage qui est aussi une histoire de médias.

# Le choix des médias

“Ca fait moins d’une semaine” que les deux rédactions détiennent ces documents. Côté Mediapart, Fabrice Arfi raconte :

WikiLeaks était en contact depuis quelque temps avec l’un de nos rédacteurs, et les choses se sont faites naturellement.”

Côté “Libération”, on dit avoir été approché par un journaliste free-lance qui a fait le lien avec le célèbre site web lanceur d’alerte.

Ce sont donc Mediapart et “Libération” qui ont été choisis pour assurer le grand retour sur scène de WikiLeaks. Pourquoi pas “Le Monde”, habitué des avant-premières du site de Julian Assange (documents secrets de la guerre en Irak, télégrammes diplomatiques américains…) ? Johan Hufnagel explique :

Notre travail est très lisible au sujet de la loi renseignement. On s’est positionné, on a recruté des journalistes spécialisés, et je pense que ça a probablement aidé WikiLeaks à faire son choix.”

# Des vérifications méticuleuses

Les équipes se sont très vite mobilisées. “Une bonne dizaine de personnes” pour Mediapart. Certains travaillent de chez eux, d’autres arrivent très tôt le matin et repartent tard dans la soirée. Fabrice Arfi :

On a eu des très grosses journées, et peu de temps pour dormir.”

A “Libération”, l’ambiance est aussi particulière. “On était une dizaine aussi. Puis ça s’est élargi. Mais tout est resté confidentiel”, détaille Hufnagel. Les journalistes concernés ne peuvent pas divulguer les sujets de leurs articles à leurs collègues. “Trop risqué”.

Si la charge de travail est lourde, le climat est “génial” à Mediapart. Tout comme à “Libé” :

C’est hyper excitant de travailler sur des documents classés secrets. C’est exceptionnel.”

“Ce sont des moments formidables qui créent un collectif très soudé”, estime Fabrice Arfi.

Les tâches sont réparties en toute discrétion, et en fonction des spécialités des rédacteurs. “La rubrique internationale s’attaque aux sujets ‘Etats-Unis’. Les journalistes politiques s’occupent des articles sur Nicolas Sarkozy ou François Hollande”, précise Fabrice Arfi. Toute information donnée par les documents bruts – notes de synthèse de la NSA, extrait de base de données – est recoupée.

On doit identifier les sigles utilisés par la NSA, vérifier les dates des entrevues dont parle les documents. On regarde si tel président a bien rencontré telle personne le jour J, ce qui crédibilise la conversation rapportée par la NSA.”

Autre vérification : les téléphones portables qui figurent dans l’extrait de la base de données de la NSA et qui sont censés appartenir à des ministres, anciens hauts fonctionnaires, ou encore des diplomates. “On a comparé les numéros avec ceux que l’on avait déjà, ou alors on s’est assuré qu’ils étaient corrects”, explique Fabrice Arfi.

# Un timing militant

La plupart des journalistes de Mediapart sont restés en contact permanent avec leurs confrères de “Libération”. Afin d’éviter les “mauvaise manières”, et donc s’accorder sur les sujets qui vont tomber. Le mardi midi, quelques heures avant que ces révélations affolent le net, les journalistes du pure player rejoignent les locaux du quotidien, dans le 3e arrondissement de Paris. “Qui appelle qui ? Va-t-on aux rendez-vous ensemble ?”, les questions de logistiques sont abordées.

La date de publication, en revanche, est “arrivée assez tôt dans les discussions”, indique Johan Hufnagel. Les articles seront publiés mardi soir. Coup d’envoi : 22 heures. Un rapport avec le projet de loi sur le renseignement voté le lendemain après-midi ? “Disons que c’est une bonne coïncidence !”, s’amuse “Libération”. “La décision a été tripartite”, explique Fabrice Arfi.

Les matériaux étaient vérifiés, les articles mûrs. Et puis on voulait, bien sûr, les sortir avant le vote. Pour montrer que ce qui nous scandalise chez les autres, on s’apprête à le faire chez nous.”

Juliette Pousson

Source:  Le Nouvel Observateur

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE