Le secours de Joël N’Guessan ! (Par Joseph Marat)

Le secours de Joël N’Guessan ! (Par Joseph Marat)

Quand une affaire est pendante en justice, la bienséance voudrait qu’on ne cherche pas à influencer la décision du juge par des déclarations politiques. Mais que voulez- vous ? Joël N’Guessan nous aura, finalement, habitués aux frasques du garçon un peu trop gâté par la nature pour se conformer aux règles de la décence. Je me suis efforcé de lire la déclaration qu’il a publiée dans la presse cette semaine, pour sauver la face du régime dans le conflit qui l’oppose à Simone Gbagbo aux assises du palais de justice d’Abidjan.

Tous les comptes rendus de l’intervention de cette Dame, épurée par 4 ans de souffrance inutile, sont unanimes. Le régime de Ouattara boit la tasse. Les témoins apprennent mal leurs récitations, les avocats de l’accusation sont à retourner sur les bancs de la fac de droit et le juge Tahirou apparemment s’agace de ne pas pouvoir avoir la tâche facile face à une Simone Gbagbo plus que jamais magistrale et cassante.

On peut comprendre que Joël N’Guessan  veuille plonger au secours du navire RDR qui se noie dans ce procès en mondovision, mais on comprend difficilement sa rhétorique. Dans un procès qui engage la vie d’un Etat dit de droit, les opinions subjectives ne devraient pas prospérer comme preuve de l’inculpation, pour atteinte à la sureté de l’Etat, d’une autorité aussi importante que Simone Gbagbo.

Les trois arguments fondamentaux de sa déclaration sont les suivants :

1- que Laurent Gbagbo s’est fait investir dans des circonstances vives de la crise postélectorale, comme si la Loi fondamentale était muette sur la question et qu’il devrait attendre l’avis de son adversaire, en l’occurrence Ouattara ;

2- que c’est Laurent Gbagbo qui a demandé la certification de l’élection présidentielle dans une rencontre privé à Pretoria.

Etait-ce une invitation à modifier la Constitution ou le désir d’un président-candidat de jouer la transparence jusqu’au bout dans une élection que son régime organise ? Cet argument montre que ceux qui l’évoquent ne savent rien du concept de certification, à commencer par le Coréen Choi.

Ce dernier aurait pu se limiter à montrer comment ces présidentielle de 2010 n’obéissent pas aux normes internationales d’une élection présidentielle au lieu de foutre le bordel dans un Etat en vendant sa certification au plus offrant des candidats. Preuve qu’il n’a finalement rien certifié, mais vendu son cachet ;

3- que c’est Laurent Gbagbo qui a appelé le panel de l’Union Africaine pour dire qui a gagné la présidentielle de 2010. Signe que Laurent Gbagbo ne tarissait pas d’initiatives pour éviter qu’on épilogue sur le nombre macabre de morts, suite à une crise postélectorale.

Le lui reprocher aujourd’hui, montre qu’on sait difficilement de quoi on parle.

Il y a en revanche une chose que Joël N’Guessan ne dit pas et qui aurait pu tenir la route comme preuve, au minima moral, pour accabler le camp du Président Gbagbo. C’est cet accord matériel, dont a parlé Simone Gbagbo, entre les candidats Gbagbo et Ouattara.

Ils ont paraphé un document stipulant qu’ils devraient attendre et respecter la décision du Conseil Constitutionnel.

J’ai l’impression qu’on louche ou qu’on boite un peu trop au RDR quand il s’agit de sortir cette preuve matérielle, à la lumière de quoi, tout se clarifie entre le filou et l’élu.

JOSEPH MARAT

(In Aujourd’hui du 03 Mars 2015)

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