Le SYNARES prévient le gouvernement ivoirien: «Vous aurez grand tort de suivre la voie du deux poids deux mesures»

Le SYNARES prévient le gouvernement ivoirien: «Vous aurez grand tort de suivre la voie du deux poids deux mesures»

Quatre (4) jours durant, du vendredi 12 au lundi 15 mai dernier, les populations ivoiriennes dans certaines grandes villes du pays (Abidjan, Bouaké, Daloa, San-Pedro…) ont vécu en apnée, encore, suite à la mutinerie d’une frange de l’armée ivoirienne. Cette situation, hélas, a occasionné des pertes en vies humaines d’innocentes personnes, et de nombreux blessés dont certains par balles. Le SYNARES salue la mémoire des citoyens disparus au cours de ces événements, présente ses condoléances à leurs familles et forme le vœu d’un prompt rétablissement pour les blessés.

Comme pour la mutinerie offerte par cynisme aux mêmes populations en cadeau de nouvel an début janvier 2017, la toute dernière manifestation exhibitionniste de mécontentement des hommes en armes avait pour cause le paiement, par l’Etat de Côte d’Ivoire, de « prime Ecomog » dont, plus personne de bon sens ne peut douter aujourd’hui que contrat moral ait été passé entre ces hommes, membres de l’ex-rébellion et Monsieur Alassane Ouattara, alors candidat à l’élection présidentielle de 2010. La satisfaction, à deux reprises et avec diligence, par le gouvernement ivoirien des revendications des mutins malgré une situation de trésorerie sous extrême tension, suffit à elle seule à apporter la preuve de ce contrat de l’ombre.

Mais, excepté le fait que l’acquittement par l’Etat de Côte d’Ivoire, donc par le contribuable ivoirien, d’une dette privée jure avec les pratiques de la bonne gouvernance et avec l’éthique d’une part, et des signaux négatifs que la situation dans l’ensemble envoie à la jeunesse, témoin supplicié de ce « modèle » de l‘enrichissement en vitesse d’autre part, pour le SYNARES, l’enseignement à en tirer est le suivant. L’Etat de Côte d’Ivoire affecte d’avoir une santé financière quasi exsangue ; à la vérité, il a les moyens de faire face à ses engagements, dès lors qu’il peut se soumettre à des obligations non contractées officiellement.

Par ailleurs, et conformément à la Constitution de la République de Côte d’Ivoire, les citoyens ivoiriens étant égaux devant la République, celle-ci ne peut se rendre coupable d’aucune forme de ségrégation entre les enfants de Côte d’Ivoire. Sur cette base, le SYNARES, prenant acte de l’exercice par l’Etat de Côte d’Ivoire de son sens de l’éthique de la responsabilité héritée, rappelle au gouvernement ivoirien qu’il aurait grand tort de suivre la voie « du deux poids deux mesures » à partir de la capacité et de l’échelle de nuisance des citoyens revendiquant leurs droits.

Faut-il le rappeler en effet, les fonctionnaires de Côte d’Ivoire sont officiellement en lutte depuis le dernier trimestre de l’année 2016, pour réclamer le paiement, par le gouvernement ivoirien, des stocks d’arriérés de salaire liés au glissement catégoriel et aux avancements indiciaires. Alors qu’il s’agit-là d’une revendication légitime dont l’objet est dûment acté dans les engagements officiellement contractés par l’Etat ivoirien,

il a fallu recourir à un arrêt de travail au mois de janvier 2017 pour que le gouvernement daigne reconnaître l’existence de cette dette, et ouvrir, contre mauvaise fortune bon cœur, des négociations avec les représentants des fonctionnaires à travers la Plateforme des Organisations professionnelles du secteur public de Côte d’Ivoire et l’Intersyndicale des Fonctionnaires de Côte d’Ivoire (IFCI). C’est au moment où ces négociations sont en cours, avec, de la part du gouvernement, une suspicion de la stratégie du dilatoire pour tenter de se soustraire à ses engagements vis-à-vis des fonctionnaires, que le même gouvernement vient d’accéder aux revendications des mutins avec célérité.

Le SYNARES, membre à part entière de la Plateforme des fonctionnaires de Côte d’Ivoire invite instamment le gouvernement à tourner résolument le dos à la tentation du deux poids deux mesures, et à examiner avec responsabilité, les propositions des fonctionnaires sur des modalités d’acquittement de sa dette à leur égard. La Côte d’Ivoire, notre pays, est suffisamment éprouvé pour ne pas faire l’économie de tensions sociales au sujet de questions notoirement connues par les parties.

Le SYNARES appelle les représentants des fonctionnaires aux négociations à la détermination dans la défense de leurs droits acquis. Enfin, le SYNARES invite ses militants et l’ensemble des fonctionnaires à rester vigilants et attentifs à l’évolution des négociations en cours avec le gouvernement, conformément aux résolutions de l’Assemblée Générale conjointe de la Plateforme et de l’IFCI en date du mercredi 3 mai 2017 tenue au Lycée professionnel de Yopougon. Dans la solidarité et la détermination, droit sera fait à nos revendications parce qu’elles sont justes et légitimes.

Fait à Abidjan, le 19 Mai 2017

Pour le SY Léon Glin. “

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