Le Syndicat des professionnels de la presse en Côte-d’Ivoire dénonce les « atteintes intolérables » au métier de journaliste

Le Syndicat des professionnels de la presse en Côte-d’Ivoire dénonce les « atteintes intolérables » au métier de journaliste

Décidément le ministre Alain Lobognon n’est pas le seul à s’indigner des de la tentative du pouvoir Ouattara d’embastiller la liberté de la presse en Côte d’Ivoire.

En effet, suite à la détention arbitraire des journalistes ivoiriens Yacouba Gbané (Directeur de publication de Le Temps et LG Info), Coulibaly Vamara (Groupe Olympe, éditeur des journaux Soir Info et L’Inter) et Bamba Franck Mamadou (Groupe la Refondation, éditeur de Notre Voie) ainsi que plusieurs de leurs collaborateurs pour avoir dénoncé dans les colonnes de leurs journaux le paiement de rancon aux mutins des forces speciales, le Syndicat des professionnels de la presse en Côte-d’Ivoire (SYNAPPCI) vient de produire un communiquer pour dénoncer les « atteintes intolérables » au métier de journaliste.

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En effet, dans un communiqué signé de son Secrétaire Général, Guillaume GBATO, le SYNAPPCI a tenu «à marquer son indignation et sa profonde déception face à la persistance d’attitudes et pratiques proprement illégales visant à humilier les journalistes en Côte d’Ivoire, et ce, en violation flagrante de la loi et des engagements internationaux de notre pays».

Estimant que «les informations relatives à la mutinerie des soldats des forces spéciales, notamment celles relatives aux accords intervenus entre eux et le gouvernement, ne peuvent, en aucun cas, être assimilées à une incitation à la révolte», le SYNAPPCI exige, par la voix de son Secrétaire Général, Guillaume GBATO la libération immédiate et sans conditions des journalistes illégalement détenus.

Ci-dessous l’intégralité du communiqué SYNAPPCI.

Déclaration du Syndicat National des Professionnels de la Presse de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI) relative à l’arrestation et à la détention de cinq journalistes

I. Les faits

Le Syndicat National des Professionnels de la Presse de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI), a été informé, dans la journée du dimanche 12 février 2017, de la convocation, par la brigade de recherche de la gendarmerie nationale, de plusieurs responsables de journaux et des journalistes, aux fins d’être entendus. Il s’agit de MM. Coulibaly Vamara et Amadou Ziao, directeur de publication et rédacteur en chef du quotidien L’Inter, Bamba Franck Mamadou, directeur de publication du quotidien Notre Voie, Gbané Yacouba et Ferdinand Bailly, directeur de publication et journaliste du quotidien Le Temps.

Après plusieurs heures d’interrogatoire, tous ces journalistes ont été conduits, manu militari, au camp de gendarmerie d’Agban où ils sont détenus. Selon plusieurs témoins, les journalistes ont été informés qu’ils étaient poursuivis sur instruction du procureur de la république, Adou Richard, pour divulgation de fausses nouvelles, incitation à la révolte. Ces accusations du procureur seraient en rapport avec des articles de presse relatifs à la mutinerie des soldats des forces spéciales de l’armée ivoirienne.

II. Notre analyse

Au regard de ces informations, le SYNAPPCI tient à marquer son indignation et sa profonde déception face à la persistance d’attitudes et pratiques proprement illégales visant à humilier les journalistes en Côte d’Ivoire, et ce, en violation flagrante de la loi et des engagements internationaux de notre pays. Cet autre épisode des attaques contre la presse dans notre pays, vient raviver malheureusement les souvenirs douloureux des périodes les plus sombres de la vie de notre pays.

Le SYNAPPCI, tient aussi à rappeler, que les informations relatives à la mutinerie des soldats des forces spéciales, notamment celles relatives aux accords intervenus entre eux et le gouvernement, ne peuvent, en aucun cas, être assimilées à une incitation à la révolte.

III. Notre Position

En conséquence de tout ce qui précède, le SYNAPPCI condamne fermement cette énième atteinte flagrante à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, deux droits fondamentaux de l’homme, reconnus et protégés par la constitution ivoirienne et la loi 2004-644 portant régime juridique de la presse en Côte d’Ivoire.

Le SYNAPPCI exige donc la libération immédiate et sans conditions des journalistes illégalement détenus.

Le SYNAPPCI tient à rappeler au Président de la République, Alassane Ouattara, garant de la loi, de la Constitution et des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire, qu’il s’est plusieurs fois engagé, publiquement, à protéger les journalistes contre toutes sortes d’abus et de violations de leurs droits fondamentaux.

Le SYNAPPCI constate malheureusement, que la situation actuelle est en parfaite contradiction avec les engagements du chef de l’Etat. C’est pourquoi, le SYNAPPCI invite le Président de la République, à faire mettre un terme à la procédure engagée contre nos camarades. Parce que pour nous, en période de crise, les attaques contre la presse ne sont jamais un bon signal et ne sont surtout pas un facteur de stabilité et de restauration de la confiance entre les populations.

Le SYNAPPCI appelle, enfin, tous les journalistes et tous les professionnels des médias de Côte d’Ivoire à se mobiliser pour dénoncer ces atteintes intolérables au libre exercice de leur métier et faire respecter leurs droits.

Fait à Abidjan, le 13 février 2017

Pour le SYNAPPCI

Le Secrétaire Général

Guillaume GBATO

Pour rappel, il nous revient que contrairement aux actions d’intimidation du pouvoir Ouattara, il nous revient que les rançons promises aux insurgés de Adiaké et autres membres des forces spéciales sont entrain d’être payées par le trésor de Bassam, Adiaké et Bonoua.

Eburnienews.net

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