Leçons Magistrales d’Histoire et de Droit de Simone Gbagbo

Leçons Magistrales d’Histoire et de Droit de Simone Gbagbo

Le vainqueur des élections présidentielles de 2010. La prise du pouvoir par Alassane Ouattara. Le conflit post-élections. La violation de ses droits. Le commando invisible. L’assassinat de Guy André Kieffer. Les escadrons de la mort…Sont autant de points sur lesquels Simone Ehivet Gbagbo a abordés aux Assises. Sur ces différents chefs d’Accusation, elle a remis les pendules à l’heure en mettant en miettes le dossier d’Accusation.

Axe Impérialiste Démantelé

Analysant le conflit post-électoral, dernière étape du coup d’Etat de 2002 les magistrats de la Cour d’Assises rejettent la responsabilité de ces hostilités aux Forces de Défense et de Sécurité–FDS, Armée régulière–. De leur point de vue, ces forces avaient reçu l’ordre d’empêcher le gouvernement de Alassane Ouattara de fonctionner normalement. Aidées dans cette “rébellion” par des jeunes gens entraînés.

Assertion erronée que Simone ne laisse pas passer. “La crise poste électorale est née du refus de Ouattara d’accepter le résultat des élections 2010. Les troupes rebelles de M. Outtara et de Soro aidés par la communauté dite internationale, de la France et des milliers de rebelles qui sont descendus du nord en passant par l’est pour arriver Abidjan. Tuant, volant, brûlant tout sur leur passage, humiliant des représentants de l’état.”

La périlleuse aventure de “bancaliser” l’Histoire continue néanmoins. Mais la combattante Simone Gbagbo est à l’œuvre pour ne pas que l’Histoire soit tronquée. Elle ramène à l’ordre les jurés qui couvrent la France. “Le père-fondateur de la rébellion.” Pour copier Sam l’Africain.

Elle dévoile. “Les autorités Françaises étaient partie prenante du conflit. Le président Sarkozy a adressé une lettre au président de la commission indépendant–pour lui demander de proclamer les résultats de l’élection.” Puis pose une question fondamentale. “De quel droit, de quoi se mêle-t-il?” Et rappelle une norme juridique aux fossoyeurs du droit. “Même le président de la République de Côte d’Ivoire n’a pas le droit d’adresser une lettre au président de la Commission Electorale Indépendante–à plus forte raison un chef d’Etat étranger.”

Pour sceller le sort de la communauté internationale(?), elle prend à témoin les journalistes Français Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel qui dans leur ouvrage Ça reste entre nous, hein reprennent les propos tenus par Sarkozy. “Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire …On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara, sans aucune polémique, sans rien.”

Illégitimation de Ouattara Démontrée

Ce point évacué, elle s’attaque à un autre chantier. L’usurpation du pouvoir par Ouattara. Quatre dates lui suffisent pour démontrer que le gouvernement Ouattara n’a jamais existé en 2010. D’abord, elle convoque la décision du Conseil Constitutionnel du 4 Mai 2011 proclamant ce dernier président de la République. Sur des fondements juridiques, elle montre que cette décision est juridiquement nulle puisqu’elle est une “décision politique de légitimation du candidat perdant, mais soutenu par la Communauté Internationale.” En soutien à sa thèse, elle cite un extrait du discours de Ouattara le 1er Mai 2016 devant les syndicats de travailleurs. “Nous définissons la crise post-électorale comme ayant pris fin à l’occasion de ma prestation de serment en mai 2011.”

Sur ces deux faits, elle instruit les juges ignorants des lois, “qu’aucun texte régissant les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ne prévoit une prestation de serment par écrit adressée au Président du Conseil Constitutionnel.” Puis renvoie à cet effet ces derniers au courrier et à la Décision du Conseil Constitutionnel respectifs du 8 Décembre 2010, et du 22 Décembre 2010, précisant que la prestation de serment dans une chambre-de-passe “ne sauraient donc engager la Côte d’Ivoire.” Par conséquent, conclut-elle, “nous nous sommes donc fait condamner à 20 ans pour avoir été hostile au gouvernement –de Ouattara–de Décembre 2010, donc d’un gouvernement qui n’existait pas.”

Juges d’Instructions Renvoyés à leurs Notes

L’historienne, reconvertie le temps d’un procès en pénaliste avertie émerveille le Tribunal par ses leçons magistrales de cours de Droit pénal. Sur la violation des règles de perquisition, elle fait appel à l’article 95 du code de procédure pénale qui dispose, “si la perquisition a lieu au domicile de l’inculpé, le juge d’Instruction doit se conformer aux dispositions des articles 57et 59.” Dispositions de l’article 57 qui “exige que la perquisition se fasse en présence de l’inculpé ou d’un représentant de son choix.” Par ailleurs, elle cite l’article 97 alinéa 3 qui dispose que les “scellés ne peuvent être ouverts et les documents dépouillés qu’en présence de l’inculpé assisté de son conseil, ou eux dûment appelés.” Règles élémentaires que le juge d’instruction gonflé de haine n’a pas suivies.

Dans la foulée, il ramène au goût du jour les conditions qui autorisent l’arrestation d’un élu de la nation. “Un député ne peut qu’être arrêté qu’avec l’autorisation des autres députés, sauf en cas de flagrant délit.” Pourtant, sur les faits, la Député Ehivet explique. “J’ai été élue le 22 décembre 2000, députée d’Abobo. Mais j’ai été placée sous mandat dépôt sans que mon immunité parlementaire ne soit levée.”

Comme les juges de la CPI qui ont renvoyé la procureure Bensouda à ses copies, Simone renvoie les juges d’instruction à leurs notes de fac.

Abobo s’Ecroule sous ses Propres Charges

D’une accusation ridicule à l’autre, la justice inique de Ouattara implique Simone dans l’affaire des prétendus tirs d’obus à partir du Camp Commando sur le marché Siaka Koné d’Abobo. Il faut un génie satanique, pour accuser un civil dans un fait militaire d’une telle ampleur. Mais Simone ne spécule pas. Elle leur oppose des arguments juridiques.

Sur ce coup, elle ne cherche pas loin les éléments de sa défense. Ils sont contenus dans le compte-rendu d’un précédent procès rangé dans les bureaux des Tribunaux. De ce document, elle tire deux conclusions qui montrent l’absurdité de cette charge. D’abord, elle fait remarquer que des éléments des FDS qui avaient été poursuivis et jugés par le Tribunal Militaire, pour ces mêmes faits, avaient été déclarés non coupables. Ensuite, elle s’appuie sur les conclusions d’un expert en armement qui établit qu’on ne pourrait, compte tenu de la proximité des deux sites, tirer un obus sur ce marché à partir du Camp commando sans que ce Camp ne soit endommagé.

Mais la besace des juges est “surpeuplée” de chefs d’accusation. Ils croient tenir un joker avec la marche des femmes d’Abobo du 3 Mars 2011 et ses morts(?). Prétexte qui avait permis d’accélérer l’exécution du coup d’Etat. Sur cet autre point, Simone exige du Tribunal une autopsie et une analyse balistique attestant la mort des femmes–dont elle est accusée–dans les conditions décrites dans le dossier d’Accusation. Une requête qui fait grincer les dents des juges et de l’Accusation qui ne peuvent fournir de telles pièces sans se noyer.

Dépiécant cette accusation dans une analyse nourrie, elle conclut. “En tout état de cause, il n’y a aucun élément factuel ni aucun propos de nature à pouvoir lier ces faits à ma personne.” Puis, elle réussit à convaincre que ces crimes sont liés au commando Invisible. Une branche de la milice rebelle de Ouattara dirigée par Ibrahim Coulibaly. Monstre insatisfait tombé le 27 Avril 2011 sous les balles assassines de ceux qui combattaient dans le même camp que lui pour la chute du régime Gbagbo. Et qui avaient retourné leurs armes contre lui.

Erick McDonald Dédouane Ehivet Gbagbo

La bataille politico-juridique se passant à la fois à Abidjan et à La Haye, plusieurs temoins du procureur de la CPI, Erick McDonald, ont blanchi Simone Ehivet. Parmi eux, Joël N’guessan, porte-parole du RDR. Contredisant le procureur qui faisait de l’érection des barricades une initiative de la première dame exécutée par les patriotes, explique que “les barricades n’était pas la particularité d’un camp.” Elle “découlait du besoin de protection des populations face aux attaques ou agressions dont elles faisaient l’objet.” Donc “les barrages étaient érigés partout à Abidjan par les populations et ce peu importe leurs appartenances politiques, ethniques ou religieuses. Même dans les bastions du RDR de Ouattara.” Insiste la première dame qui complète. “Aux dernières assises, des militants du RDR ont reconnu à la barre avoir érigé des barrages dans les quartiers qui leur sont majoritairement favorables.”

Abidjan et les media Français qui accusent la première dame d’être une criminelle, sont aussi pris à la ceinture par Joël N’guessan qui vante plutôt l’humanisme de cette femme de compassion, maternelle, patiente, tolérante, à l’écoute facile . “J’ai eu la vie sauve durant la crise post-électorale grâce à Stéphane Kipré et la première dame, Simone Gbagbo.” Avant cette déclaration à La Haye, il avait déjà donné ce témoignage lors d’un déjeuner de presse dans le 7e Arrondissement de Paris le 28 Juin 2012. Joël N’guessan malgré son mensonge congénital, a eu un moment de lucidité et a blanchi cette femme de cœur que Patrick Ramaël a cherché en vain à incriminer.

Ramaël Joue à la Divination avec le Cadavre de Kieffer

De tous ces chefs d’Accusation, certains croyaient sincèrement que l’agité mais incompétent juge d’instruction Français Patrick Ramaël ferait un bond en avant dans le dossier Kieffer. Mais ni lui, ni aucun autre juge Français “n’a interrogé” la première dame Ehivet Gbagbo depuis le 11 Avril 2011. Pourtant l’aubaine est là. “Gbagbo n’est plus au pouvoir, moi, je suis en prison, subitement, on n’en parle plus” de l’affaire Kieffer. Indique Simone ironique. “Ils font le mort sur cette affaire.” Puisqu’“ils savent que s’ils fouillent, ça va se retourner contre eux, donc ils ont abandonné.” Logique élémentaire pour aider les lessivés mentaux à comprendre qu’il y a une anguille sous la roche Kieffer. Mais personne ne fera un effort pour dénouer au moins ce cas tant médiatisé. Car “toutes ces accusations, c’était un processus pour noircir Gbagbo et son entourage.” Conclut-elle.

De son côté, l’incapable Ramaël, au lieu d’aller à l’essentiel, joue à la divination. “J’ai pensé que cette affaire sortirait. Je l’ai toujours dit aux parties civiles qui sont des gens extraordinaires. Il y a des gens, des proches, qui savent ce qui s’est passé, qui y étaient, qui savent où le corps a été inhumé et qui peuvent renseigner la famille pour lui permettre de récupérer les restes et les enterrer.” Dit-il.

Mais pourquoi ne traque-t-il pas ces personnes avec media et bombardiers comme ils l’ont fait en ce qui concerne Simone? Un tel aveu conclut que les assassins sont dans le camp qu’ils ont choisi contre le président Gbagbo.

Media Français Esquivent le Box des Témoins à Charge

Ce parti-pris a d’ailleurs donné à Simone Ehivet l’occasion de mettre en pièces le corps du dossier d’Accusation construit sur la base des allégations des noircisseurs de papiers qui sont tous muets en ce moment. Où sont passés les chiffonneux de Le Monde, Libération, BMFTV, France 24, Jeune Afrique…? Pourquoi les Français n’ont-ils pas le courage des Américains et Anglais qui ont témoigné à visage découvert à la CPI? Pourquoi ne sont-ils pas à Abidjan qu’ils ont conquis et qui leur si favorable pour ressusciter leur chiffon à charge? Ils seraient pourtant d’un service inoubliable pour la francafrique dans le box des témoins du procureur.

Mais ils n’ont rien ni dans le pantalon, ni dans le crâne. Ils sont convaincus que dans un débat contradictoire, leur fabrique de mensonges qui a industrialisé une Simone femme dure, intransigeante, jusqu’au-boutiste, tomberait en faillite. Car comme face aux juges, Simone Ehivet décrite par les psychologues de Ouattara comme une “personne paranoïaque et impulsive,”–tout à fait le contraire de ce que l’on observe–, leur ferait ça dur.

Soldats Français Sortis des Radars

Cette femme intransigeante dans la lutte pour la souveraineté de son pays a subi l’humiliation qui n’a aucunement brisé sa fibre combattante. Elle décrit cela avec aisance et couleur. “Je suis particulièrement touché par la violence faite aux femmes. J’ai été tabassée. J’ai vécu la violence dans ma chair. J’ai échappé plusieurs fois au viol. Quand je suis arrivée au Golf, monsieur le président, j’avais les fesses en l’air, et des ‎militaires Français filmaient, ils prenaient des photos. Avant mon arrestation j’étais tressée, mais arrivée au golf, il ne me restait qu’une petite touffe de cheveux sur la tête. Tout a été arraché.”

Les soldats Français violeurs qui ont fait exploser les têtes des enfants en Côte d’ Ivoire n’ont pas le courage de leurs armes criminelles pour se tenir à la barre et contredire la première dame Simone Ehivet. Ils sont tous sortis des radars. Les lâches. Une humiliation pour ces donneurs de leçons. Ces domestiques des Américains.

Vérité Historique Restaurée

Sans complaisance, avec la rigueur méthodologique d’une chercheure, Simone a restauré la vérité des faits. Sa démarche, à la fois scientifique et technique a contredit et mis à mal la réécriture de l’Histoire de la Côte d’Ivoire selon la version erronée et mensongère des usurpateurs du pouvoir du peuple confié à Gbagbo en 2010. En quelques Questions-Réponses, elle a réussi dans la pureté du langage innocent qui caractérise les justes, à établir les responsabilités des différents acteurs du coup d’Etat Franco-Onusien-Rebelle opéré en Côte d’Ivoire. Coup de force qui a emporté le pouvoir souverainiste de Gbagbo, et instauré la dictature dormante mais massacreuse de Ouattara.

Dictature qui se fait dans la falsification de l’histoire au travers des juges iniques. Malheureusement, ils ont fort à faire avec l’historienne Ehivet Gbagbo qui sait que falsifier l’histoire d’un peuple c’est tuer son âme. Et tuer l’âme d’un peuple c’est le soumettre. Sur cette base, elle s’est et va s’évertuer face aux tortionnaires des faits historiques de remettre les pièces à l’endroit.

Common Law

En fait, dans un pays qui n’est pas une jungle, ce procès qui n’aurait jamais dû se tenir, aurait pris fin. Puisque Simone Ehivet a fini par démontrer que le droit à un procès équitable qui constitue un élément central et essentiel de l’État de droit et renvoie irrémédiablement à l’idée de Justice, n’est pas à l’ordre du jour dans le royaume du rattrapage ethnique. Alors elle instruit. “La Justice ne devrait pas se laisser instrumentaliser pour être l’expression d’une vengeance politique!” Et comme dit le Common Law, “Justice must not only be done, it must also be seen to be done.” En d’autres termes, “la Justice ne doit pas seulement être rendue, elle doit également donner l’apparence d’avoir été rendue.”

Feumba Samen

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