Les belles histoires des JO de Rio: Rafaela Silva, des favelas et attaques racistes à la médaille d’or

Les belles histoires des JO de Rio: Rafaela Silva, des favelas et attaques racistes à la médaille d’or

La judoka Rafaela Silva n’a pas seulement offert au Brésil la toute première médaille d’or de ses JO. À 24 ans, elle a montré à tout un peuple qu’une enfant des favelas pouvait se hisser au sommet du sport mondial.

Pour venir à bout de la numéro 1 mondiale, la Mongole Sumua Dorjsuren, la Brésilienne Rafaela Silva a pu compter sur le soutien de son public. Dans une salle chauffée à blanc, la judoka a remporté, lundi 8 août, la finale des – de 57 kg sous les clameurs de supporters déchaînés. En larmes, la nouvelle championne olympique s’est jetée dans les bras de sa famille et de la foule, qui, pendant de longues minutes, a clamé d’une seule voix “Rafa Rafa Rafa !”.

“Cela m’a vraiment aidée à faire face à la pression contre mes adversaires. Le stade était en feu, tout le monde criait et m’encourageait”, a réagi Rafaela Silva après sa finale, comme le rapporte le site officiel des Jeux.

En offrant au Brésil sa toute première médaille d’or de ses JO à la maison, la sportive de 24 ans a fait le bonheur de tout un pays, mais est aussi devenue l’icône de tout un peuple : “Que quelqu’un comme moi, qui vient de la Cité de Dieu et a commencé le judo à 5 ans comme une plaisanterie, devienne championne olympique, c’est inexplicable”.


De la bagarre des rues aux tatamis

La judoka est en effet née à seulement quelques kilomètres du centre olympique, dans l’une des favelas les plus dangereuses de Rio, rendues célèbres par le film “City of God”. Celle qui s’est fait tatouer sur le bras “Dieu seul sait ce que j’ai souffert pour en arriver là” aurait pu suivre une trajectoire beaucoup moins glorieuse. Gamine, la petite fille apprend à se battre dans des rues livrées à la guerre des gangs et où les coups de feu claquent au quotidien.

Mais pour ne pas la voir sombrer et prendre le mauvais chemin, ses parents décident très tôt de canaliser son énergie et son agressivité en l’inscrivant dans un club de judo local fondé par un ancien champion brésilien Flavio Canto. Douée, la jeune fille réalise alors très vite que le sport peut être un bon moyen de s’en sortir. En 2008, elle remporte un premier titre mondial aux championnats junior.


Des attaques racistes

Quatre ans plus tard, tous les regards sont tournés vers elle aux JO de Londres mais la belle histoire prend alors une mauvaise tournure. Disqualifiée précocement dans le tournoi olympique, elle est la cible de nombreux commentaires racistes sur Internet. “J’étais très triste parce que j’avais perdu mon combat. Je suis rentrée dans ma chambre et j’ai trouvé toutes ces insultes sur les réseaux sociaux, qui me critiquaient et qui me traitaient de singe. J’étais très très en colère et j’ai pensé quitter le judo.”

Pendant des mois, Rafaela Silva reste prostrée chez elle devant la télé, incapable de remonter sur un tatami. Mais son caractère de championne finit par reprendre le dessus et réussit à lui faire oublier son échec. Plus motivée que jamais, elle remonte sur les tatamis et décroche le titre mondial en 2013 à Rio.

Sa ville natale lui porte décidément chance. La déception de 2012 est désormais de l’histoire ancienne. Rafaela Silva est entrée dans la légende de son sport. “Le singe qu’ils voulaient enfermer dans une cage à Londres est désormais une championne olympique à la maison”, a résumé la combattante comme une ultime bravade.

Source: France 24

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